L’anniversaire d’Astérix et d’Obélix – Par Uderzo et Goscinny – Ed. Albert-René

28 octobre 2009 16 commentaires
  • Le 34ème album d’Astérix et Obélix était là pour marquer un anniversaire, les 50 ans de sa création. La sympathie que nous gardons pour Astérix et ses créateurs est intacte, mais ce nouvel opus se classera vite dans les titres oubliables.

Pour la première fois, Uderzo a passé la main pour une partie de l’album à ses successeurs pressentis, les graphistes Régis Grébent et les frères Mebarki, cornaquésDionen Clauteaux, le propre fils du co-créateur de Pilote qui, si l’on en croit notre confrère de La voix du Nord, pour certains d’entre eux, réalisent depuis plusieurs années les dessins publicitaires du petit Gaulois, mais aussi les albums : «  [Uderzo] s’occupe du scénario et du crayonné, autrement dit des esquisses. C’est ensuite qu’interviennent Régis Grébent et son équipe (huit salariés indépendants ou permanents) dans la conception d’un album. Ils se chargent de l’encrage au pinceau et à l’encre de Chine, « en étant fidèle au trait de l’auteur », puis du lettrage dans les « bulles », de la coloration... » On imagine que cette affirmation a dû faire des vagues du côté de chez Albert-René, car le mythe de l’auteur unique se trouve là quelque peu ébréché.

L’album est un collage, parfois un peu navrant, de travaux nouveaux (dix pages incluant la reprise de trois planches réalisées pour le très beau Hors-Série Lire en 2004 [1]) avec des éléments anciens, notamment un texte signé Goscinny et des d’autres peut-être faits sur mesure, qui passent peut-être dans une communication publicitaire éphémère (je pense aux planches 22 à 26) mais qui, dans un album « canonique » n’ont pas leur place.

La sincérité ne souffre d’aucun doute, le 50e anniversaire méritait d’être honoré. Peut-être les circonstances de cet anniversaire, conjuguées avec le rachat d’Albert-René par Hachette ont-elle pesé sur un album qui semble avoir été réalisé dans la précipitation. L’éditeur a du sans doute anticiper la défiance du public car le tirage annoncé est de 1,5 millions d’exemplaires en France, contre 3 millions d’exemplaires pour le précédent, pourtant étrillé par la critique.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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[1Lire Hors-Série N°1, L’Histoire secrète d’Astérix, 1994.

 
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16 Messages :
  • Je suis un peu surpris... Tout le monde savais que ce n’était plus Uderzo qui encrait ses dessins. Les derniers albums ont même fait l’objet d’un tirage de luxe en version crayonné afin de voir le travail de ce grand monsieur. Je ne crois pas que cela soit un drame loin de là... Hergé n’était pas seul non plus à la création des albums de Tintin, ni Hugo Pratt pour les dernières aventures de Corto ou autres. La magie était pourtant là. L’important c’est le plaisir pas la technique...

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    • Répondu le 29 octobre 2009 à  12:27 :

      L’important c’est le plaisir pas la technique...

      Justement, pour Astérix, ça fait très longtemps que le plaisir n’est plus là.

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  • Voilà déjà plusieurs album (depuis la traviata) que les frères Merbaki sont cité ! donc ce n’est pas nouveau qu’ils encres les planches d’Uderzo !ses crayonnés sont toujours d’une finesse !

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    • Répondu le 29 octobre 2009 à  15:48 :

      Uderzo a depuis des années des problèmes articulaires qui l’empechent d’encrer ses planches, ce dont il ne s’est jamais caché. Et il a toujours cité ses encreurs dans ses albums.

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  • Le problème avec les nouveaux Astérix n’a, à mon avis, jamais été le dessin toujours impeccable de Uderzo, aidé ou non. Malheureusement le malaise vient de la faiblesse des scénarios. Que reste-t-il du côté frondeur des Gaulois et de leur humour...

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  • Uderzo est un homme du passé. Dommage qu’il n’ait pas cédé les aventures du petit gaulois officiellement et complètement à des créateurs de talent.
    Cet album baclé sent encore le piège marketing à plein nez.
    Espérons que cet album marquera la fin d’une époque et que le 35ème album nous fera retrouver des vraies histoires rocambolesques et amusantes.
    Ce n’est pourtant pas les scénaristes/humoristes qui manquent !!

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    • Répondu par Patrick Verdant le 31 octobre 2009 à  03:19 :

      En fait ce serait donner Astérix à un autre auteur qui serait un truc de marketing. La Bd c’est de l’art et l’art ça ne se transmet pas , on ne donnerait pas la Joconde à un autre peintre... C’est un problème de notre époque, on veut consommer encore et encore. Pourquoi ne pas juste réaliser que les oeuvres comme leurs auteurs sont mortelles c’était merveilleux et ça va finir comme tout.

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  • C’est dommage qu’il manque la première vignette de l’histoire courte LIRE AVEC OBELIX page 12( Hommage pour FRANQUIN page 11 vignette d’ASTERIX en MARSU trop longue peut-être).
    Pour ce qui est du dessin de Monsieur UDERZO (OU PAS)son style est pour moi l’un des plus beau de la bd .
    Pour les scénarios (et l’humour) personne ne peut et ne pourra( Après UDERZO ) remplacer Monsieur GOSCINNY.
    Je remercie de tout mon coeur Albert UDERZO et René GOSCINNY
    pour les agréables moments passés en compagnie de leurs héros Gaulois.
    Je regrette simplement que les deux histoires :Les 12 Travaux d’Astérix et Comment Obélix est tombé dans la marmite... n’ont pas été dessinés en planches.

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  • Triste anniversaire, je le vois plutôt comme un enterrement, et pas de première classe, la fosse commune, très commune.

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    • Répondu par Jebyc le 31 octobre 2009 à  18:05 :

      Pourquoi Uderzo qui n’est pas scénariste n’a t il pas eu le courage de passer la main ? Astérix est mort depuis longtemps avec Goscinny où il est devenu un petit corps qui s’agite. Et ceux qui continuent à acheter ses albums cherchent desespérémént à retrouver une part de leur enfance définitivement perdue !

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      • Répondu le 31 octobre 2009 à  22:56 :

        Je me suis toujours demandé si Uderzo n’avait pas pris un scénariste après le décès de Goscinny parce qu’il se considérait être le plus apte à faire vivre Astérix, ou parce qu’il ne voulait pas partager la manne que représente les droits d’auteurs d’une telle série (les scénaristes de Lucky Luke se sont goinfrés même si leurs scénarios n’étaient vraiment pas toujours à la hauteur).

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      • Répondu par joel le 1er novembre 2009 à  00:42 :

        donc pour penser ca tu as bien été obligé de lire les albums de uderzzo seul !j’ai trouvé tes bon certains albums ! arrete de te la jouer vieux C..!

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      • Répondu par Norbert le 1er novembre 2009 à  09:08 :

        Uderzo n’a jamais perdu son vrai talent de dessinateur. Mais il faut bien reconnaître que cet "album" laisse un goût plutôt amer. Quelques belles planches au début, mais ça s’arrête là... Ensuite tout devient très vite ridicule, du niveau d’un mauvais recueil de jeu pour supermarché, et ça empire au fur et à mesure qu’on avance dans l’album. Cela n’a ni queue ni tête !
        Le seul album signé Uderzo qui fasse un peu bonne figure à mon avis est " l’Odyssée d’Astérix ", qui avait un scénario honnête.
        Mais Uderzo se complait dans les histoires "ménagères" de ses héros (le fils, le père, la mère d’Astérix, maintenant il a des enfants et des petits enfants ; Obélix est redevenu un temps petit, César s’est enfermé dans une relation conjugale avec Cléopâtre et ressasse comme un petit vieux les éternelles répliques sur le nez de sa compagne, etc.) Tout ceci est charmant et je n’accuse pas Uderzo d’aimer ces situations mais ça tourne en rond et ne fait pas une bonne histoire d’Astérix...
        S’il avait osé prendre un (ou plusieurs) scénariste(s) dès le début, peut-être aurions-nous pu connaître un vrai récit à la Goscinny, en prise avec son temps et imprégné d’une véritable impertinence jubilatoire.
        Souvenez-vous d’Astérix chez les Bretons, Astérix Légionnaire, du Domaine des Dieux... Etc. ça c’était des histoires !

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        • Répondu par Oncle Francois le 3 novembre 2009 à  14:55 :

          Cher Norbert, je suis bien d’accord avec votre point de vue que je partage d’ailleurs avec vous, si vous m’y autorisez.

          Cela étant dit, puisque nous sommes bien d’accord sur la nécéssité pour Uderzo d’illustrer un vrai scénario, je souhaiterai ici lui proposer un thème inédit, dans la continuité de ceux de Goscinny qui se servait de cette série pour parler de notre société actuelle.

          Bien évidemment, j’offre cette trame à Albert Uderzo de façon cordiale et gratuite, uniquement pour le service de l’art !!

          Jules César a encore des problèmes de couple avec Cléopatre qui s’ennuie en sa compagnie. Pour mettre un peu de piment dans leur vie conjugale, un esclave Gaulois Roccosiffredix suggère le tourisme sexuel dans un petit village gaulois qui résiste, etc, etc.

          Assisté de Cinémahix et d’Erotix, ils vont rajouter dans la marmite de potion magique des petites fleurs bleues qui vont transformer le breuvage en puissant aphrodisiaque.

          Cette trame permet de voir Obelix se transformer en sculpteur de godemichets. Assurancetourix compose des chansons langoureuses et érotiques et Abraracourcix honore de sa virilité hiérarchique l’ensemble des femmes du village. Il y a bien sûr une séquence lesbienne entre la jolie femme d’Agecanonix et la jeune Falbala.

          César et sa Cléo viennent assister au spectacle incognito, mais ils prennent gout à l’échangisme et décident de finir leurs vacances dans ce joli village.

          Vous noterez que ce synopsis permet évidemment bien des clins d’oeil à notre société contemporaine, tout en restant tout à fait ouvert à l’humour gaulois. Merci aux lecteurs d’actua-BD de me faire part de leurs commentaires et suggestions d’améliorations.

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          • Répondu par Norbert le 4 novembre 2009 à  08:42 :

            Oui, mais ne trouvez-vous pas que l’on reste encore un peu trop dans le côté plan-plan des dernières histoires ?
            Pour ajouter un peu d’exotisme, Numérobis pourrait ouvrir un commerce d’import-export de poudre de momies, mais se ferait doubler par un peuple asiatique jusqu’alors inconnu et qui inonderait le marché gaulois de produits aphrodisiaques à bas coût, essentiellement composés de mélamine (c’est Panoramix qui découvre la supercherie)...
            S’enchaîne alors un recours à l’ONU (Organisation des Numides Utiles) qui propose en contre-attaque des séances de massage d’un nouveau genre. L’histoire finit par le contrôle du NET (Nouvel Etat Transexuel) par un mouvement terroriste Alca-Hida dirigé par Amonbofis, qui prône la liberté totale des mœurs (second degré, d’où humour donc rires)...

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  • Pour moi, le dernier "vrai" Astérix date de près de 20 ans : "La rose et le glaive" réalisé en 1990, paru en 1991.
    Quel dommage qu’Uderzo n’ait pas confié à un autre l’écriture du scénario des suivants...

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