L’art selon Gradimir Smudja

30 mai 2009 1 commentaire
  • La liberté de ton, pour ne pas dire la folie, de Gradimir Smudja le signalent depuis quelques années déjà comme un auteur majeur de la bande dessinée contemporaine sidéré par la peinture, le « grand art », qu’il déconstruit autant qu’il la réinvente.
L'art selon Gradimir Smudja
Le carnet de croquis édité par le festival de Solliès-Ville

Avec Vincent et Van Gogh (Delcourt, 2003), il ne se contentait pas de brosser le portrait de l’homme à l’oreille coupée : il utilisait la subjectivité de son modèle pour suggérer sa vision du monde. Le résultat était époustouflant.

Dans Le Bordel des muses (Delcourt, 2004), cette fois centré sur le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, deux volumes suivis de deux autres du Cabaret des Muses (Delcourt, 2007 et 2008) qui mettent en scène le peintre avec son cheval Darling, Gradimir Smudja est cette fois dans une variation de scènes délirantes, parfois grandiloquentes, qui agitent des images et des personnages célèbres (La Goulue, les danseuses du Moulin Rouge, etc.) dans une fantaisie d’une liberté extrême.

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Une réinterprétation folle de la vie de Lautrec
Extrait de "Smudja" - Alien Ediitons

C’est que notre artiste, né le 1er juillet 1954 à Novi-Sad dans ce qui s’appelait alors la Yougoslavie, un pays qu’il quitta en 1982 pour des raisons politiques, a bourlingué en Suisse et en Italie, survivant en copiant des toiles de maîtres impressionnistes. Il en a recueilli le savoir-faire mais aussi une imagination débridée, qui le pousse à découvrir derrière ces images une histoire, comme dans un test de Rorschach coloré. Comme il n’est pas attaché aux traditions de la bande dessinée franco-belge, Smudja s’appuie sur les bases solides d’un académisme classique (à l’instar d’un Rosinski) pour insuffler une folie proprement slave dans la relecture de ces chefs-d’œuvre. Ébouriffant !

Dans le cadre du prochain festival BD de Solliès-Ville (nous vous en reparlerons), les organisateurs ont édité un album en fac-similé de son carnet de dessins : 120 pages couleurs, restituées en grand format, sur papier de luxe. Cet album tiré à 900 exemplaires numérotés et signés est vendu 30 euros dont 20 euros sont reversés à Handicap International. Une belle œuvre pour une bonne œuvre, en somme. Un ex-libris signé est réservé aux 100 premiers acheteurs. Profitez-en.

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Un dessin de "Smudja"
Alien Editions

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Lire la chronique du dernier « Cabaret des Muses »

En médaillon : Gradimir Smudja. Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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