L’aventure numérique des Autres Gens

19 février 2011 2 commentaires
  • Le 1er mars, le feuilleton BD {Les Autres Gens} soufflera sa première bougie. Un mois plus tard sera publiée par Dupuis la version papier de cette série numérique. Une actualité chargée et l'occasion de recueillir le retour d'expérience de Thomas Cadène, créateur et scénariste de la série, dans un long entretien.

Force est de le constater, la bédénovela Les Autres Gens est belle et bien le seul succès numérique de l’année 2010 pour la bande dessinée. Entendez par là une création spécifiquement numérique et payante, c’est à dire un projet qui, au delà de son intérêt artistique, contribue à sa façon à trouver un modèle économique pour la BD dématérialisée. Certes, le site n’est pas encore viable financièrement, mais sa première victoire est déjà de fêter sa première année, soutenu qu’il est par un noyau d’abonnés au nombre encourageant.

Impossible de détailler ici la longue liste des 70 auteurs qui ont jusqu’à présent participé à l’aventure des Autres Gens (elle est ici). Elle propose un panorama de dessinateurs peu connus et d’autres plus médiatisés comme Bastien Vivès, Boulet, Christophe Gaultier, Kris et Manuele Fior, récent Fauve d’or. A souligner également la présence de 16 femmes, ce qui constitue un pourcentage deux fois plus important que celui, général, des auteures dans la bande dessinée.
Le 1er avril, une première fournée (Bastien Vivès, Vincent Sorel, Aseyn, Christophe Marchetti, Clotka, Alexandre Franc, Singeon, Marion Mousse, Tanxxx, Erwann Surcouf, Bandini, Sébastien Vassant, Manu, The Black Frog, Philippe Scoffoni) sera publiée dans un recueil de 220 pages édité par Dupuis, qui correspondra au mois de mars 2010 du site. La suite, le mois suivant.

Retour avec Thomas Cadène, à l’origine de tout ce bouillonnement artistique, sur son année de bande dessinée numérique.

L'aventure numérique des Autres Gens
Les couvertures provisoires des recueils

Faisons donc un tour d’horizon de l’année écoulée en commençant par les points négatifs. Y en a-t-il eu ?

Le point négatif essentiel, c’est la charge de travail qui a un peu vampirisé mon année, mais c’est très relatif, parce que c’est passionnant. C’est lié à l’autre point négatif qui est qu’on est partis sur une structure financièrement trop légère. Mais ça aussi c’est très relatif parce que sinon, on ne l’aurait sans doute pas fait. S’il avait fallu trouver je ne sais pas combien de dizaines de milliers d’euros pour monter une structure qui permette de voir venir paisiblement, on aurait assez vite renoncé. D’autant plus que probablement personne n’aurait trop cru dans le projet.

Thomas Cadène à l’Université d’été d’Angoulême
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Et les satisfactions ?

C’est que déjà, ça ait rencontré son public. J’ai l’impression, après ce n’est pas à moi d’en décider, que qualitativement ça tient la route. C’était quand même un gros enjeu personnel. Comme de sortir une BD. Les retours que j’ai eus sont plutôt rassurants. C’est un soulagement.

Et puis sinon, essentiellement de bonnes surprises artistiques. Des rencontres. On est maintenant à 70 auteurs et chacun renouvelle le récit. Soit en étant plus familiers avec le format, soit en ayant envie de tenter des choses. Certains m’ont dit que tenir les délais les aidait à travailler plus vite. D’ailleurs, on n’a jamais raté un jour. Au pire, l’épisode est arrivé dans l’après-midi au lieu du matin.

La première page de la préface dessinée de Boulet
(c) Boulet/Dupuis

Financièrement, avez-vous atteint un point d’équilibre ?

Non, très honnêtement, on n’est pas à l’équilibre. Ça aurait été une incroyable surprise. Pour être stable, il faudrait 3 000 abonnés et pour être confortable, il en faudrait 5 000. En moyenne, on est à 1 100 abonnés à peu près. C’est quand même pas mal. Surtout qu’on nous prédisait d’en avoir beaucoup moins. Et tout ça avec un budget zéro en marketing. On est allés chercher les abonnés par les retours presse et par les réseaux. Ce qui signifie qu’on est loin d’avoir touché tous nos lecteurs potentiels. En dédicace, une partie de mes lecteurs me parle des Autres Gens, mais l’autre partie n’en a jamais entendu parler. C’est encourageant, parce qu’on n’est pas arrivés au bout des capacités, et frustrant, parce qu’on n’a pas les moyens financiers d’aller les chercher.

Est-ce qu’il y a des évolutions au cours de l’année dans le nombre des abonnés ?

Le mouvement conjoncturel négatif qui devient ma terreur, ce sont les vacances. Le mois de novembre a été très douloureux parce que c’est un mois qui commençait par des vacances et certains lecteurs n’ont pas pensé à se réabonner, du coup ils décrochent et ne reviennent pas nécessairement. Notre pire mois en terme d’abonnement, c’était le mois d’août. Qui par ailleurs ne marche pas mal pour l’achat d’archives. Il y a aussi la période de fin d’abonnements qui est délicate. Bientôt, il va y avoir la fin des premiers abonnements annuels. Là, je pense que je vais avoir quelques jours d’angoisse. Inversement, l’opération mise en place avant Noël pour permettre d’offrir des abonnements à des amis a bien marché.

Comme, au démarrage, bien des gens ne nous donnaient même pas trois mois, on est déjà très contents de ce relatif succès. Mais on n’a pas encore atteint une stabilité suffisante. Et le fait que Dupuis soit venu nous voir est une bonne chose dans cette optique.

Ça contribuera à une meilleure visibilité de la série.

Oui, c’est une des raisons pour laquelle on n’a pas refusé. Beaucoup de gens me disent que la sortie papier est une trahison. Je suis très serein sur cette question. Nous n’avons été chercher personne et la collaboration s’est parfaitement déroulée. Aujourd’hui, pour les Autres Gens, on doit être à 2000 pages de BD. Alors on a réfléchi à des maquettes les plus simples possibles. Pour éviter cet effet case par case et pas se prendre la tête à réécrire la BD. Et chez Dupuis, ils ont été très souples, très respectueux de ce qu’on avait fait.

L’épisode d’Alexandre Franc
(c) Cadène/Franc/Dupuis

Alors justement, comment est la mise en page ?

C’est très basique. Six cases par page avec des coupures pour chaque chapitre. L’un des enjeux quand on a réfléchi au format des épisodes sur le net, c’était : faire suffisamment long pour qu’on se plonge dans l’univers, mais suffisamment court pour que ça soit compatible avec un usage quotidien. Ce temps de lecture qui était pensé pour Internet, colle bien avec un chapitrage papier. Comme il y a entre 36 et 50 cases par épisode, ça fait des chapitres suffisants. Et ça permet de bien s’imprégner du style d’un dessinateur avant de passer au style suivant.

Le support papier, c’était vraiment important ?

Oui, même si le projet a été conçu spécifiquement pour Internet. D’une part, ça calme la frustration des auteurs. L’usage du numérique n’est pas encore vraiment intégré sauf pour les auteurs de blog. Les épisodes se succèdent jour après jour et les auteurs de BD sur papier ont l’impression que tout le travail fait sur un épisode part dans les limbes, alors que concrètement, les épisodes sont en archive et sont lus. Mais sur Internet, on a l’impression que ce qui n’est plus directement visible n’existe plus.

De la même manière, en tant qu’auteur, on a l’habitude d’avoir le papier comme motif de rencontre avec le lecteur. Et si on va en festival, comment fait-on avec une BD numérique ? C’est une autre frustration. Enfin, il y avait des lecteurs « numériques » qui nous disaient : « J’ai envie de tout relire, mais pas comme ça. » C’était agréable à lire chaque jour, mais devant la masse des épisodes, ils ne voulaient pas passer 5 heures devant leur écran à cliquer case par case.

Ce sont des problématiques qui sont liées à la pratique.

Exactement. Ce sont des questions qui apparaissent avec l’usage. Je trouve ça vraiment passionnant. Le prochain enjeu, c’est de voir si l’album attire un public qui est complètement désintéressé de la version numérique. Là, c’est le pari éditorial.

L’épisode de Vincent Sorel
(c) Cadène/Sorel/Dupuis

Finalement, pourquoi n’y a-t-il pas plus d’initiatives individuelles comme la vôtre ?

Ce n’est pas si facile que ça. Et puis on est des auteurs et pas des entrepreneurs. Ça demande un investissement qui est au-delà de celui d’auteur, qui est déjà conséquent. Ça demande des compétences techniques ou de l’argent, et donc un temps fou. Je comprends que l’auteur ait avant tout envie de raconter des histoires. C’est pour ça que c’est dommage que les éditeurs n’aient pas pousser un petit peu là-dessus.

Si les éditeurs avaient mis des moyens là-dedans il y a quelques années, et je ne parle pas de moyens colossaux, aujourd’hui le marché n’aurait rien à voir. Les éditeurs ont loupé le coche. En table ronde, il y a toujours un moment où un éditeur dit que c’est normal, pour les droits ou pour je ne sais quoi, parce que ça lui a coûté une fortune. Mais où est passé l’argent ? Il n’y a pas un seul projet 100% numérique qui ait été financé. À chaque fois c’est de la récupération. Les seuls projets multimédias, ce sont des initiatives d’auteurs : le blog de Boulet, des choses comme ça. 8comix, ce sont des auteurs qui viennent voir leur éditeur pour être sur Internet. Ce n’est pas l’éditeur qui fait la démarche. Je ne peux pas m’empêcher de me dire : plutôt que de faire Iznéo, il aurait fallu faire de la BD. Il devrait y avoir chez chaque éditeur une personne attentive à ces projets là. Comme aujourd’hui Didier Borg chez Casterman ou Yannick Lejeune chez Delcourt.

Pour vous, c’est Dupuis qui publie.

Quand Dupuis m’a proposé de publier, je me suis demandé s’ils avaient bien lu la série, parce que j’avais l’image « Dupuis, public familial ». Ils m’ont expliqué évidemment qu’ils ont un catalogue beaucoup plus large. Ensuite, j’ai fait immédiatement le lien, non pas entre Dupuis et numérique, mais entre Dupuis et abonnés. Comme si il y avait une communauté de pensée entre nous. Les Autres Gens, c’est un feuilleton, et Dupuis est un des derniers à gérer de la prépublication avec le journal de Spirou. Ça m’a beaucoup plu. Je ne pense pas que ça ait eu la moindre incidence sur leur intérêt pour les Autres Gens.

Et ça sera bien sûr publié sur Iznéo.

Oui, en version homothétique. Venant du numérique et étant éditeur numérique, je me voyais mal céder mes droits numériques, ça n’avait aucun sens. C’était même signer l’arrêt de mort des Autres Gens. Donc après discussion, on est restés sur la diffusion de la version homothétique. Je pense fondamentalement qu’on a besoin des éditeurs. Les Autres Gens n’a jamais été une initiative anti-éditeurs. C’est plutôt une initiative qui révèle l’absence d’initiative des éditeurs. En revanche, on a un devoir en tant qu’auteurs de ne pas se faire avoir, de résister farouchement aux clauses oubliées, comme la clause de rendez-vous par exemple, pas toujours intégrée dans le contrat type.

Le gaufrier à six cases n’est pas immuable. Episode dessiné par Bandini
(c) Cadène/Bandini/Dupuis

Et comment voyez-vous l’avenir de la BD numérique ?

Je dis souvent quand on m’interroge que je suis affligé que les éditeurs soient focalisés sur Hadopi. Ce n’est pas prioritaire, ça coûte énormément d’argent, je pense que ça ne sert à rien, et surtout, ça insulte les lecteurs en leur disant « vous êtes tous des pirates ». Et le fait de ne pas s’en rendre compte, c’est une vraie cassure entre ceux qui offrent le contenu culturel et ceux qui le reçoivent.

Ensuite, je pense que l’effort aurait dû être mis sur la pédagogie. Sur Internet les gens ont des habitudes de consommation complètement déconnectées des réalités. Pas mal d’internautes qui pensent qu’un blogger qui a du succès roule sur l’or. Je ne dis pas que ce n’est pas vrai pour certains. Mais c’est très loin d’être une généralité. Il y a une complète ignorance des réalités économiques. Des gens accusent Les Autres Gens (2,79 € pour 200 pages de BD par mois) d’être une arnaque. On me dit que c’est scandaleux et on exige d’avoir le détail des contrats, de savoir comment est réparti l’argent avec les auteurs, etc. Alors, je n’ai rien contre la transparence, mais quand un lecteur va en librairie, il ne pose pas toutes ces questions à son libraire.

En fait, on doit revenir aux fondamentaux : qu’est-ce que c’est que du contenu culturel ? Et ce sont encore les auteurs qui sont en première ligne et qui expliquent, justifient, répondent. Là-dessus, les éditeurs sont complètement absents. On se sent un peu seuls sur ce genre de questions.

La balle est donc dans le camp des éditeurs ?

Il me semble. Elle est prise par les auteurs en désespoir de cause. Le problème, c’est que ça change tellement les habitudes des éditeurs. J’ai un exemple frappant lors d’un débat à Angoulême. À un moment, Wandrille intervient pour Warum. Il dit qu’il est passé à côté d’un projet numérique parce qu’à l’époque, son premier réflexe a été de dire « Mon métier, c’est de faire des livres, pas de faire du numérique. » Je pense qu’il y a beaucoup de ça chez les éditeurs. La grande peur vient de cette mutation, sans savoir où on va. Mais il faut revenir à l’idée de faire du contenu, peu importe le médium.

Alors que le papier est loin d’être mort. Et puis l’expérience des Autres Gens montre que le format papier a son intérêt.

Oui, ça du sens. C’est l’évidence. Je pense que les éditeurs l’ont tous intégré, mais ils ne savent pas comment le faire. Le plus difficile, c’est le premier pas. Après, on tombe, on se relève, et puis c’est parti. C’est dommage, mais en même temps assez beau que ce premier pas ait été fait par des auteurs. Du coup, il y a des gens qui me disent : « C’est dégueulasse, c’est vous qui avez initié le truc et ils vont arriver avec leurs millions, ils vont bénéficier de ce que vous avez défriché et puis vous allez disparaître. » Bon, on verra, mais dans l’absolu, ce n’est pas grave, ça profitera aux auteurs.

Et puis j’espère bien que Les Autres Gens continueront encore pendant 50 ans, qu’il y aura une centaine d’autres scénaristes derrière moi. Ça serait fantastique, un peu comme Les Feux de l’amour. Avoir des personnages de bande dessinée qui ont une vie complète, ça serait extraordinaire. Déjà, me dire que mes personnages ont pris un an, ça crée un sentiment très étrange. On est tellement dans le temps réel. Par exemple, les personnages étudiants ont passé leur semestre, ont eu leur première année. Si on a de la chance et que ça continue, ils vont intégrer la vie active, etc. C’est assez épatant.

Certains ont même un profil Facebook.

Le problème, c’est qu’on ne les fait pas vivre assez, parce qu’on n’a pas assez le temps. Mais ça aussi c’est passionnant. Il y a bien sûr le côté marketing, pour fidéliser. Mais ce n’est pas forcément incompatible avec l’intégrité artistique. En juin, Mathilde, l’héroïne de la série, avait quasiment disparu. Elle voyageait de manière un peu mystérieuse autour du monde et les seuls indices qu’elle donnait étaient sur Facebook. Ce n’était pas un buzz délirant mais il y avait un côté amusant de faire apparaître ça dans un autre cadre de la vie numérique du lecteur. Là encore, il y a quelque chose de riche, strictement lié au numérique.

Variation sur fond noir d’Erwann Surcouf
(c) Cadène/Surcouf/Dupuis

(par Thierry Lemaire)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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2 Messages :
  • L’aventure numérique des Autres Gens
    20 février 2011 15:53, par Wandrille

    Ah ah ah, coquin de Thomas qui déforme mes propos...

    Je n’ai pas dit que j’avais raté un projet, j’ai juste arrêté un développement numérique d’un de nos livre...

    et ma phrase était "mon métier c’est de faire des livres, pas des application iphone"

    C’est d’ailleurs tout le souci de l’éditeur face au numérique. Il ne se lance pas là-dedans parce qu’il ne sait pas quoi y faire.
    Le scandale n’est pas qu’il n’y aille pas, mais qu’il bloque les développements avec des clauses léonines sur toute application numérique possible, dans la trouille de rater le bon plan

    Il se trouve, pour finir sur le sujet évoqué par Thomas, qu’on devait développer des appli iphone de lecture de certains de nos titres et que le contrat signé par Vraoum était en fait un peu disproportionné en ce qu’il donnait plus de soussous au développeur (qui la commercialisait aussi) de l’application qu’à l’auteur (et à l’éditeur, mais passons). L’auteur a gueulé, avec raison, on a arrêté l’aventure.

    Mais quand l’auteur m’engueule en me disant que mon métier c’est de prendre des risques et que c’est à moi de payer tout ça, développer l’appli et la commercialiser à mes risques, je lui réponds donc : "non mon métier, c’est de faire des livres, pas de faire des applications iphone".

    Voilà... Le contexte, monsieur Cadène, le contexte.

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    • Répondu par Thomas le 20 février 2011 à  23:19 :

      mea maxima culpa d’autant plus que ce que je voulais dire était précisément que tu avais mis le doigt sur quelque chose d’important pouvant expliquer beaucoup de chose. D’autant plus que tout le monde sait que sur la question du numérique tu es probablement l’un de ceux qui s’y intéresse le plus (il suffit de voir ton catalogue) et avec le plus de pertinence. Tel que j’avais entendu ton propos à Angoulême c’était ce point de blocage à un moment donné lié au changement du support suivi de la prise de conscience de l’importance du contenu et de la prise en considération finalement du support comme faisant finalement partie du métier de l’éditeur tel qu’il peut se concevoir aujourd’hui.
      Une sorte de mutation en 3 temps. Bon on va pas refaire le débat.
      Mais d’une part telle que ta parole est retranscrite ici elle est clairement parcellaire mais en plus il semblerait que ce soit un peu erroné.
      Ceci dit je maintiens que cette approche du débat ne manque pas d’intérêt et, à mon avis de pertinence. Le numérique neutre, puis fournisseur de contenu, puis diffuseur puis appelant du contenu, tout ça c’est autant de blocages, de confusions, de malentendus dont la compréhension peut être facilité par cette réalité de la dimension "livre" dans le métier éditorial.
      Mais bon là il est tard, je suis fatigué, j’ai un scénario à boucler en urgence et je dis probablement n’importe quoi.

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