La Dynastie Le Pen, son univers impitoyable-Par Renaud Dély & Fred Coicault-Delcourt

16 mars 2017 2 commentaires
  • Histoire en forme de farce familiale des Le Pen, cet opus vitaminé permet de rappeler les faits, même si le dessin manque de force caricaturale.

Il était une fois un jeune député poujadiste, nostalgique de l’Algérie française et bienveillant concernant le régime de Vichy. Ce Monsieur Le Pen volera vite de ses propres ailes, mais pas bien haut. 10 ans de traversée du désert avec son Front National abonné aux scores ridicules. Jusqu’à 1984 et des élections européennes lui apportant élus et présence médiatique...

Journaliste à Marianne, Renaud Dély signe évidemment un portrait de groupe au vitriol, dont le ton constamment vachard s’accompagne d’illustrations toutes trognes patibulaires dehors. Même les textes entre deux chapitres, sous la forme de récit adressé à l’arrière-petite fille du patriarche d’extrême-droite, jouent la carte du bourrage de crâne propagandiste.

La Dynastie Le Pen, son univers impitoyable-Par Renaud Dély & Fred Coicault-Delcourt
© Delcourt 2017

Contrairement à la Face karchée de Sarkozy, proche de l’enquête, cette Dynastie Le Pen reste dans la charge au rouleau compresseur, et ne s’embarrasse ni de sources, ni de citations. En revanche, tirant parti de l’aspect éminemment romanesque de cette famille, l’album nous en dit long sur les stratégies internes. Qu’il s’agisse de politique pure (l’éviction de Mégret) ou d’intrigues autour des filles Le Pen, Dallas n’est jamais loin. Dély n’hésite pas à charger les sœurs, fêtardes, délurées, voire plus.... Avant que la plus jeune, Marine, se retrouve salariée du parti, puis héritière adoubée. Une vie -malgré le divorce des parents- plutôt bohème, et facilitée par un héritage opportun. Bourgeois-bohème... Vous voyez le tableau ? Mais oui, les bobos que vomit la présidente du FN à longueur de meeting.

Si le dessin de Fred Coicault maintient une énergie salutaire tout au long du récit, la caricature manque de précision : on aimerait reconnaître plus précisément le doyen Le Pen et ses filles. Un petit bémol donc, suivi d’un fa dièse mineur sur le fond : les études sociologiques le montrent bien : l’électeur FN fidèle lit peu, n’a guère d’intérêt pour la culture et ce genre de BD renforcera les opposants, sans beaucoup toucher les sympathisants. Et encore moins les militants.

(par David TAUGIS)

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2 Messages :
  • A quand une BD sur les dérives des dirigeants politiques "traditionnels". ? : la campagne actuelle montre que les sujets ne manquent pas . A s’acharner sur la même personne, (on en est à la quantième BD sur le front nationale et les Le Penn ?) on finit par les transformer en victimes !

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    • Répondu par Richard (Teljem) le 19 mars à  16:32 :

      Pourquoi ? Mais parce que le fascisme n’est jamais ordinaire ni normal, il conduit toujours à la désolation, la misère, au désastre, c’est pourquoi il est toujours bon de rappeler que le fascisme n’est une opinion ordinaire qui en vaut une autre, mais que c’est la mort.

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