La Courtisane d’Edo T1 - Par Kanoko Sakurakouji - Pika

16 mai 2018 0 commentaire
  • Shojo original par son ancrage historique et géographique, "La Courtisane d'Edo" narre les romances compliquées d'une jeune fille qui se choisit un destin inattendu. En effet, Akane décide de devenir courtisane dans le plus sulfureux quartier du Japon féodal : le Yoshiwara Saiken!
La Courtisane d'Edo T1 - Par Kanoko Sakurakouji - Pika
Une étranage décision pour notre héroïne
SEIRO OPERA © 2015 Kanoko SAKURAKOUJI / SHOGAKUKAN

L’époque d’Edo nous situe dans le Japon des XVIIe et XVIIIe siècles. Durant une période où règne le Shogun, l’Empereur n’ayant qu’un rôle de représentation. Sa capitale, Edo - l’actuelle Tokyo - attire de nombreux hommes venus des campagnes pour travailler dans la florissante cité. Une situation qui entraine un développement de la prostitution finalement régulé par le biais de la construction d’un quartier des plaisirs à la structure fermement encadrée : Yoshiwara.

C’est là que décide d’entrer Akane, pour y devenir courtisane. Issue de la noblesse militaire, elle ne trouve que cette solution pour enquêter sur le meurtre sordide de ses parents. Les plus hautes courtisanes se révèlent en effet des femmes d’influence dans la société de l’époque. La voilà donc qui suit la formation de courtisane dans une maison de grand luxe : l’Akebonorô.

Voilà un cadre atypique pour déployer une intrigue shojo classique ! Une héroïne plongée, de son plein gré, dans le monde de la prostitution, ce n’est pas banal. Et ce contexte jette une ombre sur l’intrigue qui pourra susciter chez le lecteur ou la lectrice malaise ou au contraire délectable tension.

Car sur ce fond étonnant, La Courtisane d’Edo suit néanmoins tous les codes de la romance shojo, c’est-à-dire destinée à un lectorat de jeunes filles. Notre héroïne se trouve pour le moment préservée du fait de son statut d’apprentie et il ne pèse au final sur elle pas plus de menace que dans les autres récits du genre. D’autant que la sexualité demeure en périphérie de l’intrigue, portée par les diverses femmes qui entourent Akane - notamment celle qui la forme - et officient hors-champ au sein de l’Akebonorô. Ou dans le discours, lui plus direct que de coutume il est vrai.

À côté de cela, le personnel répond aux standards du genre, entre une palette des garçons aux caractères tranchés et attendus (l’ombrageux, le dévoué, le protecteur...) qui suscitent tour à tour les émois amoureux de l’héroïne et une potentielle rivale au sein de la maison.

L’amatrice de shojo ne sera donc pas dépaysée et pour peu que le cadre ambigu, mais particulièrement intéressant, ne lui pose pas problème elle devrait trouver son compte dans cette romance paradoxalement à la fois classique et atypique.

L’intrigue est nouée : une jeune fille en formation, un premier courtisan ambigu et une protectrice pour veiller sur l’héroïne. Mais tout cela dans le monde de la prostitution !
SEIRO OPERA © 2015 Kanoko SAKURAKOUJI / SHOGAKUKAN

(par Aurélien Pigeat)

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La Courtisane d’Edo T1. Par Kanoko Sakurakouji. Traduction Hana Kanehisa. Pika Editions. Sortie le 4 avril 2017. 192 pages. 6,95 euros.

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