La liberté de Liberatore

5 juillet 2011 4 commentaires
  • Figure de la nouvelle bande dessinée italienne des années 1980, Liberatore a surtout fait carrière en France grâce à sa série la plus marquante, « RanXerox ». Il se publie ces jours-ci deux de ses livres d’illustrations érotiques dont le fameux « Les Onze Mille Verges » de Guillaume Apollinaire.

La liberté de LiberatoreNé en 1953, Tanino Liberatore se fait remarquer dans les revues Cannibale et Frigidaire où il collabore avec Stefano Tamburini, réalisant avec lui la série qui fera beaucoup pour sa réputation et celle de L’Écho des Savanes : RanXerox (1981).

Une technique mixte –gouache, acrylique, pastels…, un esthétisme résolument moderne et surtout une liberté de ton où le sexe et la violence s’expriment sans retenue sont les marques de fabrique de ce jalon de la BD des années 1980. Déjà, un érotisme sulfureux tutoyant les tabous est à l’œuvre.

Celui dont la légende raconte qu’il choisit le dessin pour pouvoir dessiner des femmes nues n’est pas en dessous de sa réputation quand on compulse les derniers ouvrages qui viennent de (re-)sortir sous le label Drugstrore : Les Femmes est une suite de croquis, de gouaches et d’aquarelles à la technique éblouissante où s’expriment tous les fantasmes de l’artiste.

Mais c’est surtout dans Les Onze Mille Verges de Guillaume Apollinaire, un texte d’une crudité sans retenue qui rivalise sans problème avec les textes les plus extrêmes du Marquis de Sade, que le dessinateur italien peut déployer toute la palette de son talent dans un registre tout entier dédié à la jouissance, y compris graphique.

Ces deux ouvrages sous cellophane sont bien entendu à ne pas mettre dans toutes les mains.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Illustrations (C) Liberatore / Drugstore

Photo : DR

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4 Messages :
  • La liberté de Liberatore
    5 juillet 2011 23:41, par Alex

    Liberatore a surtout fait carrière en France grâce à sa série la plus marquante, « RanXerox »

    Non. La "carrière" de Liberatore s’est faite dans l’audiovisuel (Canal+ entre autres). Son apport en BD fut énorme... mais sa carrière est malheureusement ailleurs -et tant mieux pour lui. Pas de romantisme lié à un genre svp. Liberatore est le triste constat d’un état de fait économique qui pousse les artistes les plus doués vers d’autres activités mieux rétribuées.

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    • Répondu par Polyhèdre le 8 juillet 2011 à  00:26 :

      Bah non, Liberatore est connu en France grâce à la bande dessinée « RanXerox », je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu faire sur Canal plus, mais il n’est pas connu pour ça.

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      • Répondu par Alex le 9 juillet 2011 à  20:42 :

        je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu faire sur Canal plus

        CQFD

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      • Répondu par Alex le 10 juillet 2011 à  01:23 :

        Pardon pour la réponse un peu frustre -non publiée encore- qui n’aide en rien.Il faut connaître avec quels moyens techniques Liberatore a réalisé son dernier album pour comprendre la direction de sa carrière. Rien à enlever au talent et à l’influence majeure, mais hors les reconnaissances et les diverses appréciations sur le compte de 2-3 albums, il est clair que sa carrière, son gagne-pain, depuis 30 ans se situe ailleurs que dans la bd.

        C’est par ailleurs une volonté artistique très louable, il faut se souvenir de la hype qui entourait Liberatore vers la fin des 80’s . Je me souviens d’une interview dans laquelle il décrivait son expérience de dessinateur de bd aux USA. Et l’antinomie profonde de cette expérience due à sa conception existentielle.

        Il n’y a pour moi aucun problême, aucune "trahison" à ce qu’un dessinateur de bd sorte un album tout les 10 ans. C’est un choix de vie qui ne me regarde en aucun point- Mais je trouve que l’on ne peut pas parler de carrière en bd quand sa vie quotidienne se situe ailleurs. Ce n’est pas une critique ! Un constat : selon certaines prédispositions, untel pourra produire tant d’albums, l’autre-tel préfèrera prendre sa distance. La carrière sera dans le dernier cas inexistante, mais l’apport artistique sera-t-il moindre ?

        Qui plus est, la carrière de Liberatore dans l’audiovisuel mérite d’être toute autant reconnue pour ce qu’elle est est : un témoignage vital de l’oeuvre d’un très grand artiste.

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