La saveur du Songrong (Jonathan, n°13) - Cosey - Lombard

31 octobre 2001 0 commentaire
  • Jonathan vient déjà de franchir le cap des 25 ans d'existence, 25 longues années durant lesquelles il n'a vécu que treize aventures. Mais treize albums qui sont autant de petits bijoux d'humanisme, de tolérance et de tendresse. Cosey, avec Jonathan, a posé les jalons vers une bande dessinée intimiste, sensible, ouverte vers d'autres cultures. S'il l'a quitté pour d'autres expériences romanesques, il lui revient, plus mature que jamais, et enrichi par ces multiples expériences.

Jonathan s’implique à nouveau dans la résistance des Tibétaisn opprimés par la Chine de Pékin. Il participe cette fois à la reconstitution d’une bibliothèque dont les ouvrages ont été détruits et dont le plus précieux livre semble irrémédiablement perdu...

Incarcérés dans une prison chinoise, deux moines tibétains s’évadent, mais l’un d’eux est abattu. Sitôt hors d’atteinte, le survivant entreprend de traverser clandestinement les hauts-plateaux himalayens. En arrivant chez les Naxis, minorité ethnique du Yunnan, il est hélas repéré et grièvement blessé par une patrouille. Lorsque Jonathan le découvre, il ne peut que recueillir ses dernières paroles qui se résument à deux noms, dont celui d’un champignon récolté dans la région, le songrong. Jonathan apprend que l’autre nom prononcé par le fugitif était celui de son co-détenu, le supérieur du monastère dont il est l’hôte.

Il apprend surtout que pendant la Révolution culturelle, ce dernier a sauvé de la destruction l’exemplaire unique d’un ancien texte sacré. En aurait-il révélé la cachette à son complice d’évasion ? Que signifie cette mystérieuse allusion au songrong ? tandis qu’il cherche à résoudre l’énigme, espérant ainsi soustraire le précieux manuscrit aux fouilles menées par l’armée chinoise, Jonathan est hanté par le visage d’une jeune femme qu’il a cru reconnaître à travers la vitre d’un camion.

(par Patrick Albray)

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D’abord, faire le silence autour de soi. Que rien ne vienne gâcher le plaisir. Puis plonger dans le Tibet d’aujourd’hui, vu par les yeux de Jonathan. Sans le manichéisme qu’on a trop souvent tendance à trouver en Occident lorsqu’on parle de ce douloureux sujet. Au contraire : c’est bien d’une Chinoise, officier dans l’armée d’occupation, que Jonathan tombe amoureux. Un Occident vite remis à sa place par une petite fille : "A l’école, le maître nous a parlé de la vie en Occident. Beaucoup de personnes y ont faim et froid. Les gens ne trouvent pas de travail. ou alors les ouvriers sont mal payés par leurs très riches parents. Un jour, nous libérerons tous ces pays".
Un Jonathan superbe, tout en délicatesse, mais dont l’apparente douceur ne cache à aucun instant ses préférences pour une culture fabuleuse, et sa révolte devant ceux qui tentent de l’annihiler.

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