Lancement caritatif pour les estampes de MEL Publisher

18 septembre 2018 5 commentaires
  • Hier soir, dans les magnifiques salons d’Artcurial à Paris, s’inaugurait la vente publique caritative de quelque 70 estampes d’artistes, des exemplaires personnels de Michel-Edouard Leclerc vendus au profit de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer en présence de nombreux artistes. Des pièces magnifiques qui ne seront visibles (et achetables !) que cette semaine, jusqu’au jeudi 20 septembre.

« Lorsque l’on édite une estampe, nous explique Lucas Hureau, éditeur chez MEL Publisher, les trois premières hors commerce reviennent à l’éditeur, les suivantes à l’auteur, tandis que la série régulière, tirée entre 7 et 40 exemplaires est vendue dans le commerce. Ce sont ces exemplaires personnels que MEL (Michel-Édouard Leclerc) a décidé de mettre en vente au profit de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. »

Les estampes, c’est le grand cheval de bataille de Michel-Édouard Leclerc qui pense trouver là un développement utile au marché des originaux de bande dessinée qui a prospéré de façon exponentielle ces dernières années. « Depuis plusieurs années, nous dit la célèbre figure de la grande distribution, j’entends autour de moi des salariés, des jeunes, des collaborateurs, des étudiants qui aimeraient avoir des œuvres d’art sur leurs murs mais qui n’en ont pas les moyens. En créant MEL Publisher, je voulais rendre l’art et les artistes que j’aime accessibles à tous. »

Lancement caritatif pour les estampes de MEL Publisher
Lucas Hureau et Philippe Druillet, hier soir.

Le phénomène n’est pas nouveau : au début du XXe siècle, le collectionneur d’art, éditeur, marchand d’art et homme d’affaires Ambroise Vollard publiait de la même façon ses amis peintres Gauguin, Matisse, Bonnard, Vuillard ou Picasso dans des séries d’estampes. « C’est innovant !, nous dit Michel Coste qui anime un club de collectionneurs, surtout parce que cette collection associe des artistes d’art contemporain et de bande dessinée sur le même niveau. Ce n’est pas rien de voir des artistes installés dans l’art contemporain comme Jacques Monory, Ernest Pignon-Ernest, Barthélémy Toguo ou Pierre et Gilles associés à des auteurs de bande dessinée comme Philippe Druillet, Nicolas de Crécy ou Mattotti qui s’emploient depuis des années à décloisonner les différents arts. »

Bel ensemble avec Eric Lambé, Loustal et Frédéric Poincelet.

De fait, ces œuvres se vendent entre 400€ et 4000€ pour la plus chère, des prix bien inférieurs à certaines œuvres des grands noms de la bande dessinée. Lucas Hureau ne cachait pas sa satisfaction d’avoir invité des auteurs de bande dessinée à découvrir des techniques ancestrales comme la lithographie ou le monotype avec des artisans qui sont parmi les plus réputés du monde : « Des pierres lithographiques de cette taille, nous dit-il en nous montrant une estampe gigantesque d’Emmanuel Guibert, il n’y en a que deux au monde. Nous les avons toutes les deux utilisées. »

Frédéric Poincelet et Stéphane Blanquet, des artistes qui passent aisément de la bande dessinée à l’Art contemporain

Il a été très surpris de voir l’implication des artistes de bande dessinée pour s’approprier ces techniques qui leur était inconnue jusque-là : « Guibert travaillait la pierre jusqu’à l’intérieur de la machine. Quant à Stéphane Blanquet, il a fallu lui confectionner un pupitre sur mesure et un élévateur pour qu’il puisse atteindre le haut de la pierre.  » « Cela m’a pris deux ans, en plusieurs séances, nous raconte David Prudhomme. D’autres font cela en quelques jours d’un seul tenant, moi j’ai dû m’y prendre à plusieurs reprises.  » Art Spiegelman exigea que des ajouts sérigraphiés opaques et semi-opaques viennent en surplomb de son estampe, MEL publisher se plia à sa demande. Plus de 13 ateliers de lithographie, de gravure et de sérigraphie, parmi les plus réputés de France ont prêté leur concours à ces productions.

Cette oeuvre de Jochen Gerner parodie un classique de la BD franco-belge. Saurez-vous le retrouver ? Un indice : Arizona 1880.

C’était un plaisir hier soir de voir tous ces artistes réunis autour de Michel-Édouard Leclerc. Philippe Druillet tenait la forme, sa voix revenant petit à petit. Il embrassait Baudoin comme du bon pain dans un grand esclaffement.

« Je me suis remis à travailler  » nous dit François Avril qui avait récemment perdu son épouse. Nicolas de Crécy, Lorenzo Mattotti, Loustal, Frédéric Poincelet et bien d’autres étaient là, parmi de grands médecins, des grandes figures de l’art contemporain comme le président de la Fondation Maeght, le commissaire-priseur Tajan et des cadres de chez Leclerc.

Toutes ces œuvres sont visibles et achetables jusqu’au 20 septembre 2018 à la librairie Artcurial (7, Rond-Point des Champs-Élysées, 75008 Paris). Le produit de cette vente sera remis le 21 septembre 2018, à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer.

Pour ceux qui auraient raté la vente, il y aura toujours la possibilité d’acquérir les tirages classiques ou sur la boutique en ligne de MEL Publisher.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)
En médaillon : Michel-Edouard Leclerc devant une oeuvre d’Emmanuel Guibert

 
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5 Messages :
  • Lancement caritatif pour les estampes de MEL Publisher
    19 septembre 10:05, par simon brauman

    "...Deux auteurs qui passent aisément de la BD à l’art contemporain"…Je suis plus que sceptique lorsqu’on associe ces deux termes, ces deux arts, je comprends bien qu’il s’agit de séduire une nouvelle clientèle, mais l’un vie de ses "concepts" alors que l’autre existe lorsqu’elle est concrète.
    L’un s’adresse à tous les publics et en grande partie aux enfants, l’autre ne s’adresse jamais aux enfants.
    L’un méprise l’effort du travail alors que l’autre est un artisanat laborieux.
    L’un est associé au capitalisme, alors que l’autre est plus proche d’un sous prolétariat.
    "l’artiste nous questionne" est l’une des phrases redondante de l’un, alors que si vous vous questionnez après la lecture d’une BD c’est qu’elle est mauvaise, je parle de la forme pas du fond. Les livres, les oeuvres, peuvent nous faire réfléchir ou nous divertir.
    Je ne suis pas contre l’art contemporain en tant que champ d’expression, je pense que c’est aussi une énorme escroquerie dans laquelle artistes et vendeurs sont à la manœuvre pour satisfaire une clientèle.
    Il y a ce poème de Brecht que JLG cite régulièrement et qui résume bien ce que je pense :
    "Chaque matin, pour gagner mon pain
    Je vais à la foire aux mensonges
    et plein d’espérance
    Je me range aux côtés des vendeurs".
    Par ailleurs, ou se trouve le public de la BD qui voulait révolutionner le genre, réinventer la roue, ? Il n’y a pas si longtemps il fallait se prosterner devant les discours péremptoires des artistes de la nouvelle BD, mais ou se trouve leur public ? peut-être entrain de se questionner...

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 19 septembre à  11:33 :

      Je comprends à peu près ce que vous dites, mais ne croyez-vous pas que ce serait utile de ne pas fumer de la moquette avant de poster ?

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  • Lancement caritatif pour les estampes de MEL Publisher
    22 septembre 18:24, par Art Comptant Pour Rien

    "Le plus grand ennemi de l’art c’est le bon goût." (Marcel Duchamp)

    "L’art, c’est comme la merde : ça se sent, ça ne s’explique pas ! "(Toulouse-Lautrec )

    Pourquoi construire des déchetteries quand les musées d’art contemporain font l’affaire ?

    Art contemporain = enfumage défiscalisé.

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    • Répondu par Kyle William le 23 septembre à  12:17 :

      Ce forum se remplit visiblement de "haters" qui ne prennent même plus la peine d’écrire correctement leurs assertions péremptoires et généralement sans rapport avec l’article qu’ils n’ont probablement pas pris la peine de lire non plus.

      Seule la légende de la photo de Poincelet et Blanquet me paraît légèrement maladroite, en l’occurence. Il s’agit de dessinateurs de BD qui vendent de grands dessins lors d’un événement organisé par le patron des supermarchés Leclerc. Tout ça n’a pas grand chose à voir avec ce qu’on appelle "art contemporain", cible facile de tous les réacs et dont la seule mention dans un article suffit à déclencher des poussées de haine.

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  • MEL Publisher
    23 septembre 17:58, par richard gay

    quoi que l’on puisse dire, et pour connaitre ces artistes, ces mécènes, MEL a une démarche superbe, ce depuis longtemps : il a sauvé Angoulême !!! qui donc sait un graveur, un lithographe qui ne rame pas, qui vit mal de son art ? alors que ceux qui critique les mécènes, ceux qui mettent à ma portée des artistes d’exception...il y a belle lurette que les originaux de Druillet ne me sont plus accessibles. cheers, R.

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