Le Dernier Grand Voyage d’Olivier Duveau - Par Jali - Eidola

3 février 2017 0 commentaire
  • Expérience de tous les instants, "Le dernier grand voyage d’Olivier Duveau" est une œuvre monographique à la fois onirique et très intimiste. Une très belle découverte.

Espagnol ayant étudié aux Beaux-Arts de Barcelone, Jali est à la fois scénariste et dessinateur. Ayant fait ses premières armes dans le milieu du fanzine, il publie maintenant ses histoires de l’autre côté des Pyrénées aux éditions Astiberri. Auteur de No despertéis al ser que duerme (2012) ou encore du récent Malaria (2016), il publie en français Le Dernier Grand Voyage d’Olivier Duveau (contraction du nom de deux auteurs de bande dessinée) aux éditions Eidola.

Olivier Duveau est un orphelin. Abandonné par sa famille, il va être élevé dans un cadre strict et coupé du reste du monde. À peine peut-il rêver le soir, la tête dans les étoiles. Pendant cent cinquante pages nous allons le voir grandir, devenir adulte et connaître son premier grand amour qui va l’amener vers les étoiles…

Le Dernier Grand Voyage d'Olivier Duveau - Par Jali - Eidola

Cette quête de l’onirisme est une des clés maîtresses de l’œuvre de Jali. Raconté comme un conte à travers une troisième personne qui n’oublie pas de laisser vivre le récit, Le Dernier Grand Voyage d’Olivier Duveau est une histoire qui porte un regard désabusé pourtant tourné vers le rêve :

«  La Terre […] sur laquelle sont passées, passent et passeront des millions d’êtres humains […] Avec le temps, ces humains sont quasiment tous tombés dans l’oubli […] Comme s’ils n’avaient jamais existé. »

Une mélancolie de tous les instants est présente dans le conte de Jali. Les thèmes de la solitude, du rêve et de la poésie ne cessent de s’entremêler à travers les pages. D’une finesse exemplaire, l’auteur arrive à insuffler de l’optimisme face à des événements d’une noirceur indéniable. Ni tout blanc, ni tout noir, tout est dans le contraste et Jali nous invite à un voyage poétique revigorant.

Cette quête de l’onirisme se ressent aussi à travers la patte graphique de l’auteur. qui s’appuie sur un dessin noir et blanc et ne cesse d’employer les opportunités qu’offre le média de la bande dessinée. Il joue des deux couleurs, s’amuse à les inverser, dessine des cases qui se répondent et ne cesse de déstructurer ses pages pour mieux les reconstruire.

Délicat et très humain à la fois, Le Dernier Grand Voyage d’Olivier Duveau est un très joli conte qui arrive à nous émerveiller à travers un sujet difficile. Nous avons hâte de découvrir ses autres titres.

(par Clément DUVAL)

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