Le Groupe Delcourt ouvre son capital au fonds d’investissement Florac

3 juin 2018 8 commentaires
  • Dans un communiqué commun, le groupe d’édition Delcourt et la société d’investissement Florac annoncent leur association. Guy Delcourt conserve le contrôle et la direction de son groupe. Créé en 1986, il passe une nouvelle étape.

C’était il y a quelques mois une « fake news » mais il y avait quand même baleine sous le gravillon. Ce n’est donc pas Hachette qui entre dans le capital de Delcourt mais la holding familiale Florac, actionnaire historique du groupe Louis Dreyfus, présidée par Marie-Jeanne Meyer et dirigée en Europe par Léopold Meyer. L’investissement serait purement financier, Florac accompagnant l’entreprise dans son développement sans intervenir dans le management d’une société qui marche plutôt bien déjà : « Florac investit des montants unitaires compris entre 20 et 150 millions d’euros (fonds propres et quasi fond propres), dit le communiqué, avec un horizon de sortie flexible, aux côtés de fondateurs, dirigeants et partenaires stratégiques, dans des entreprises à fort potentiel de croissance et administrées par d’excellentes équipes de management. »

Depuis sa création en 1986, Guy Delcourt a plutôt bien mené sa barque. De son premier succès « La Bande à Renaud » à un catalogue aujourd’hui largement diversifié dans la BD, les comics et les mangas, diffusé par une équipe de vente en propre (le diffuseur Delsol), le groupe réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 80 à 100 millions d’euros répartis sur plus de 650 nouveautés annuelles (jeunesse, romans graphiques, séries classiques, comics, manga…) avec les labels Delcourt, Tonkam, Soleil, soit un catalogue cumulé de 9 500 titres. Avec ses 115 salariés basés à Paris et à Toulon, le Groupe Delcourt est le second éditeur de BD francophone.

Le Groupe Delcourt ouvre son capital au fonds d'investissement Florac
Guy Delcourt. Son groupe pèse 20% du CA du marché de la bande dessinée en France
Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Les moyens d’une ambition

Pourquoi ce rapprochement ? Simplement pour financer la croissance du groupe. Pour décoller, il faut du carburant. Or, Delcourt a des ambitions de « croisement », comme dit le communiqué, de la BD dans domaines culturels et artistiques : livres illustrés, produits dérivés liés aux univers du Groupe, romans jeunesse ou littérature (comme la création récente d’une collection de thrillers). En clair, de croître tous azimuts.

Le déploiement ces dernières années du groupe Media-Participations avec ses univers adaptés à l’écran (Valérian, Spirou, Gaston Lagaffe, Tamara, Zombillénium… rien qu’en 2017) et sa filiale de Mediatoon qui pilote des projets de parcs d’attraction thématiques comme le Parc Spirou en Provence, montrent bien la voie : aujourd’hui, la bande dessinée n’est plus seulement une activité éditoriale : c’est une exploitation à 360° qui influence des industries bien plus puissantes qu’elles : le cinéma, le jeu vidéo, les parcs de loisir, le jouet, la mode...

L’autre axe, le communiqué le fait bien comprendre, ce sont des « opérations de croissance externe ». Dans le domaine de l‘édition, comme Média-Participations l’a fait récemment avec le Groupe La Martinière-Le Seuil ? C’est bien possible : la tendance est à la fusion -les éditeurs ayant multiplié comme champignons sous la pluie- chaque groupe s’employant à atteindre la taille critique utile.

Mais aussi dans d’autres secteurs… Là encore, le modèle Disney ou encore Media-Participations est d’application : cette dernière a pris le contrôle de la société de jeux vidéo Hanuman et est entré dans le capital d’Ankama. Média est co-producteur de ses films et actionnaire de son parc d’attraction. Ces secteurs pèsent six à sept fois celui de l’édition et sont très dépendants des licences… détenues par les éditeurs et les ayants droits. Adossé à un groupe financier puissant, le groupe Delcourt peut afficher son ambition.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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8 Messages :
  • "Valérian, Spirou, Gaston Lagaffe, Tamara, Zombillénium", les superbes références que voila, je me demande combien de ces films ont été rentables, ce ne sont pas vraiment des exemples à suivre (le Valérian a eu du succès, mais pas assez pour couvrir ses frais de production et de marketing, donc pas de Valerian 2 à l’horizon). Une adaptation au cinéma n’est pas forcément gage de réussite. Maintenant, si l’on enlève Walking Dead du catalogue Delcourt, qui doit beaucoup de son succès à la série TV, que reste il de rentable dans ce catalogue ?

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    • Répondu par Julien le 3 juin à  21:14 :

      Aquablue ? Donjon (même si c’est fini) ?
      VALERIAN a subit un échec aux USA seulement, pas dans le reste du monde, pas en France . Besson a choisit la mauvaise date dans le calendrier lors de la sortie de son film. That’s it. Sinon il aurait eu un succès garanti, avec plus de salles.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 juin à  22:33 :

      M. Khanan, apparemment vous n’avez aucune idée de la réalité d’une production cinématographique. Pour les éditeurs, il est incontestable que cela a été rentable. Et oui, l’exploitation d’une série à l’écran est une bonne affaire pour l’éditeur, les libraires et même l’auteur. Les chiffres sont là.
      Et je vous confirme que Delcourt a plus d’un succès à son actif lui laissant une marge confortable. Ces investisseurs savent ce qu’ils font.
      Vous pouvez continuer à jouer au Lotto, en ce qui vous concerne.

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  • Des bureaux à Toulon ?! Je pensais que c’était fini les bureaux à Toulon. Il n’y a plus de trace de Soleil sur la rade .

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 juin à  22:34 :

      Continuez à chercher ;)

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      • Répondu par Julien le 4 juin à  20:10 :

        Vous me direz ça à Sollies-ville si jamais vous avez besoin d’un bénévole... !

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  • « le Groupe Delcourt est le second éditeur de BD francophone. »
    En chiffre d’affaire ? Glénat n’est pas devant ?

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    • Répondu par Henri Khanan le 3 juin à  22:47 :

      "Selon le classement annuel de Livres Hebdo, le groupe Delcourt figurait en 2017 à la 12e place du classement des éditeurs français avec un chiffre d’affaires annoncé de 100 millions d’euros."

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