Le Jardin des souvenirs - Par Mark Waid, Paul Azaceta & Nick Filardi - Delcourt Comics

14 février 2017 0 commentaire
  • Un polar noir, à l'atmosphère glauque et prenante. Paul Azaceta peint les abysses d'une société crasseuse au possible. Une lecture rapidement achevée, qui nous propulse dès les premiers instants dans un dédale d'assassinats et de violence au large de New York City.

Là où la police piétine pour résoudre des affaires criminelles, un mystérieux individu travaille sans relâche pour que justice soit faite. Les ruelles malfamées de New York City regorgent de crimes non élucidés. Notre homme s’échine, contre vents et marées, à résoudre ses enquêtes, au mépris des règles et de la loi. Ce qui n’est pas sans conséquences, car certains truands ont du répondant. Mais notre justicier, bien peu orthodoxe, tout autant : les balles fusent et le sang gicle à profusion.

Le récit se compose de quatre épisodes au cours desquels un mystérieux personnage tente de reconstituer l’identité de victimes enterrées dans un jardin à New York City. Un scénario certes basique, mais qui tient la route : on retrouve aux commandes de ce titre le scénariste chevronné Mark Waid, co-auteur avec Alex Ross de Kingdom Come, qui fait montre là de ses qualités, notamment au niveau du travail sur l’atmosphère.

Le Jardin des souvenirs s’affiche d’emblée comme un récit malsain et éprouvant, réservé à un public adulte. Les scènes de crime et de torture jalonnent l’action, sans pour autant se voir représentées en détail, la narration préférant jouer sur la suggestion.

La partie graphique est assurée par Paul Azaceta, qui a travaillé avec Mike Mignola sur B.P.R.D. Origines ou encore avec Robert Kirkman sur Outcast. Son style convient parfaitement à cette histoire qui s’apparente au thriller, noir et poussiéreux. Dans Le Jardin des souvenirs, il semble parvenir à restituer la noirceur de l’humanité de manière poétique. Tout en prenant soin de peindre la fange et des décors crasseux dans lesquels se meuvent des protagonistes dénués de la moindre morale.

Soulignons également le travail de Nick Filardi, à l’unisson, et dont la palette de couleurs, sombres à souhait, nourrit efficacement le propos.

Si ce bon récit complet satisfera les amateurs du genre, il pourra toutefois en frustrer certains : 128 pages seulement, rapidement dévorées, pour une histoire qui, nous semble-t-il, aurait pu davantage s’étoffer. La lecture achevée, on rêve que ce récit connaisse une suite, mais ce n’est malheureusement pas le cas !

Le Jardin des souvenirs - Par Mark Waid, Paul Azaceta & Nick Filardi - Delcourt Comics
©Paul Azaceta / Delcourt Comics

(par Marc Vandermeer)

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Le Jardin de souvenirs - Récit complet. Scénariste : Mark Waid. Dessinateur : Paul Azaceta. Coloriste : Nick Filardi. Éditeur : Delcourt Comics. 128 pages. Sortie : le 1er février 2017. Prix : 14,95 euros.

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