Le Jeu de l’amour et du hasard - Par Florent Humbert - Delcourt

1er avril 2009 0 commentaire
  • Le subtil chassé-croisé amoureux imaginé par Marivaux en 1730 est adapté par un petit nouveau, Florent Humbert. En 62 planches, ce jeune auteur prouve que Jean David Morvan, directeur de la collection Ex-Libris, a eu le nez fin de lui confier ce projet.

Monsieur Orgon désire marier sa fille, Silvia, à un certain Dorante, qu’elle n’a jamais vu. Afin de tester son prétendant, la promise demande la permission d’échanger son identité avec celle de sa servante. L’idée amuse Orgon, d’autant qu’il sait que le jeune homme usera du même artifice en venant se présenter sous les traits de son valet. Monsieur Orgon tait le stratagème des quatre jeunes gens et décide de laisser ses chances au jeu de l’amour et du hasard.

Issu de la petite noblesse normande, Marivaux s’attacha à traiter de l’amour naissant confronté presque toujours à l’obstacle de raison sociale. C’est donc ce thème de prédilection qui occupe Le Jeu de l’amour et du hasard, comédie en trois actes et en prose représentée pour la première fois le 23 janvier 1730 par des comédiens italiens. En inversant les rapports maîtres-serviteurs, Marivaux s’amuse des préjugés qui n’engendrent que complications et quiproquos.
Le Jeu de l'amour et du hasard - Par Florent Humbert - Delcourt
Cette adaptation réalisée par Florent Humbert s’appuie sur un graphisme très théâtral. Les longs nez façonnent des masques aux faciès et la mise en scène n’a rien à envier aux meilleurs des vaudevilles. On s’étonnera juste des postures loufoques attribuées à certains moments à Orgon, Sylvia et Mario, des attitudes assez peu crédibles pour des nobles. Par contre, les anges distribuant des petits cœurs apportent une touche d’onirisme mais aussi d’humour à ces jeux d’amour. Soulignons également le travail remarquable sur la couleur mais également sur le lettrage. Le langage fin et délicat, sur lequel est bâtie la comédie de Marivaux, est servi par une mise en forme originale et soignée.

Marivaux, et donc Florent Humbert, respecte la morale de l’époque, les nobles et les valets finiront par trouver l’amour là où il faut, c’est-à-dire chez une personne de même condition sociale.

Nous avons là encore un bel ouvrage de la collection Ex-Libris.

(par Laurent Boileau)

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