Le cyclone Astérix est attendu en librairie en octobre

21 septembre 2017 1 commentaire
  • Les cyclones sont de saison, on dirait, avec leurs drames. Mais celui dont nous parlons est bien plus heureux : comme tous les deux ans désormais, un nouvel Astérix apparaît à l’automne. Cette année, « Astérix et la Transitalique », signé Didier Conrad et Jean-Yves Ferri, devrait tirer à 4,5 millions d’exemplaires (pour toute l’Europe) et sortir le 19 octobre. Une bonne nouvelle pour la librairie, car ce « cyclone » n’arrive pas seul.

Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Une bonne car cette année sera une année exceptionnelle, rien que la rentrée de Titeuf et celle d’Astérix, les deux plus gros tirages de la bande dessinée francophone, garantissent une progression des ventes globales de la bande dessinée pour cette année.

Mais est-ce que par un effet de « blast », ces sorties asphyxient toutes les autres sorties au même moment ? Non. Nous pensons qu’au contraire, ces produits d’appel qui diffusent bien au-delà des librairies spécialisées et des gros points de vente de bande dessinée, amènent à chaque fois de nouveaux lecteurs dans les lieux où le livre règne. Ils y découvrent la diversité de la production et, sans doute, achètent d’autres livres que le best-seller du moment.

Depuis Le Ciel lui tombe sur la tête (2005), Albert-René la joue Luc Besson en montrant juste quelques bribes de l’album en teasing quelques mois auparavant et en réservant la révélation de la couverture pour le lancement pour la presse qui aura lieu le 9 octobre prochain. D’ici là, black out.

Le cyclone Astérix est attendu en librairie en octobre
La carte présentée par Albert-René en avril
Toutes les illustrations sont © Goscinny, Uderzo & Albert-René

Quelques infos cependant

À la Foire du Livre de Bologne en Italie en avril dernier, les éditions Albert René nous avaient livré l’argument du futur ouvrage : «  Nous sommes en 50 avant J.-C., toute l’Italie est sous la coupe de Rome. Toute ? Non ! Si César rêve d’une Italie unifiée, la péninsule est constituée de multiples régions qui tiennent à leur indépendance. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons des légionnaires romains. » Une case diffusée en même temps énumère ces peuples « Vénètes, Étrusques, Ombriens, Osques, Messapes, Apuliens  ».

Hors-série Astérix de L’Express (Le Vif en Belgique). En kiosque le 5 octobre 2017.

Les historiens consultés, notamment par Le Point ne manquèrent pas de lever le sourcil : techniquement, l’Italie n’existe que depuis 1861 et elle était relativement unifiée du temps de César, en dépit de la lutte acharnée que le général romain mena à Pompée et qui se poursuivit en Afrique et jusqu’aux confins de l’Asie. Serions-nous sur une fausse piste ?

Le fait que la conférence de presse se passe à l’Automobile Club de France, place de la Concorde, face à l’Obélix (-lisque, pardon) nous donne un indice : la Transitalique est une course, une sorte de Paris-Dakar gaulois se passant dans la botte italienne, un épisode qui fait penser inévitablement au Tour de Gaule d’Astérix. Patience donc quelques jours pour voir ce que l’album nous réserve. En attendant, contentons nous des fausses couvertures qui fleurissent sur les sites des libraires en ligne et qui ne nous disent rien.

L’Intégrale de Philippe Cauvin et Alain Duchêne (Ed. Hors-Collection / Albert-René)

Astérix sous presse

En attendant, l’effet Astérix envahit toute la presse. Un hors-série a été publié cet été par Science & Vie, dans un numéro très bien fait, mais qui n’a rien à voir avec le nouvel album.

L’Express nous concocte un hors-série qui nous promet de nous raconter «  les origines du phénomène Astérix  » (le magazine de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de Françoise Giroud avait été le premier « news « magazine » à mettre le Gaulois en Une) et nous offre un making-of de l’album à venir. Ensuite, ce sera l’Auto-journal qui sortira son « spécial Astérix » une semaine plus tard, ce qui renforce encore l’idée d’une course ’automobile"...

Ouvrages de référence

Un troisième album de L’Intégrale Uderzo de Philippe Cauvin & Alain Duchêne chez Hors-Collection sort enfin. Cette fois, ce sont les années 1953-1955 qui sont abordées avec des documents rares et inédits dans cet ouvrage très savant où l’on retrouve Le Chevalier Belloy (scénarisé par Jean-Michel Charlier) et Jehan Pistolet (avec Goscinny au pupitre), des illustrations pour La Libre Belgique, une histoire de Valérie André en Indochine, une Histoire de l’Oncle Paul et les aventures de Bill Blanchart, le seul scénario réaliste qu’ait écrit Goscinny pour Uderzo. Comme le dit l’éditeur, « une véritable malle aux trésors ».

René Goscinny - Au-delà du rire (Ed. Hazan)

Autre incunable, publié par Albert-René cette fois, Benjamin et Benjamine, dont nous vous avons déjà parlé il y a peu.. Il n’y aura bientôt plus un péché de jeunesse de Goscinny et Uderzo qui reste planqué dans un tiroir.

La déferlante Goscinny

Goscinnyscope (Ed. Dunod)

Pour accompagner l’exposition « René Goscinny – Au-delà du rire » au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à l’occasion des 40 ans de sa disparition, il faut mentionner le catalogue au titre éponyme qui décline la thématique de l’exposition, inédite jusqu’ici.

Nous avons également parlé de l’exposition qui aura lieu à la Cinémathèque de Paris autour du cinéma de Goscinny qui elle aussi devrait faire l’objet d’une publication d’un catalogue chez Artlys, tandis qu’un « Goscinnyscope », préfacé par Patrice Leconte et signé Philippe Lombard, paraît sur le même thème chez Dunod.

Nous avons enfin parlé déjà de l’exceptionnel inédit publié par les éditions IMAV de la première version en bande dessinée du Petit Nicolas de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé, un album qui sort le 12 octobre.

En sus, un documentaire de 53 minutes réalisé par Guillaume Podrovnik et intititulé : "René Goscinny, notre oncle d’Armorique" devrait sortir sur les ondes d’Arte le 15 octobre prochain.

© Arte
Goscinny par Marie-Ange Guillaume et José-Louis Bocquet (Babel - Actes-Sud)

Goscinny encore et partout

Mais on ne saurait manquer la réédition augmentée et complétée de la Biographie de René Goscinny par Marie-Ange Guillaume, ancienne secrétaire de rédaction de Pilote, et José-Louis Bocquet, par ailleurs scénariste d’une biographie de Goscinny en bande dessinée assurée par Catel et qui sera publiée chez Grasset l’année prochaine. Pour l’heure, cette biographie qui paraît en format poche dans la collection Babel, constitue une référence par l’un des meilleurs « goscinnologues » de la place, ayant publié plusieurs ouvrages sur le sujet.

Enfin, last bust not least, c’est l’hebdomadaire Paris-Match qui rendra hommage au scénariste en interviewant notamment Anne Goscinny « la grande sœur du Petit Nicolas ». Là encore parution début octobre.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
1 Message :