Le phénomène Kim Jung Gi

22 février 2016 17 commentaires
  • Il est un dessinateur qui fait sensation depuis quelques temps, aussi bien sur la toile que dans des Drawing Shows où il fait la démonstration de son incroyable virtuosité et qui "scotchent", à Angoulême comme à Paris, des centaines de spectateurs. Pourtant, il n'a quasiment rien publié jusqu'ici en France. C'est que Kim Jung Gi, que d'aucuns désignent comme "le Moebius coréen" incarne sans doute une façon nouvelle de "vivre" (de) la bande dessinée aujourd'hui.
Le phénomène Kim Jung Gi
Spy Games, sc. de J-D. Morvan. Ed. Glénat.

La bande dessinée coréenne est forcément, en terme de pénétration dans le marché français, derrière ses collègues japonais, mais aussi chinois. Elle est tient cependant dignement son rang, ne fut-ce que par le phénomène des "webtoons" qui sont peut être en train de révolutionner la manière dont on consomme la BD de par le monde, mais aussi en raison des individualités qui sont en train de sortir du lot. Nous en aurons un échantillon lors du prochain Salon du Livre de Paris dont la Corée est l’invitée d’honneur. De cette délégation, le dessinateur Kim Jung Gi est certainement la personnalité la plus marquante.

Cet auteur qui s’apprête à publier cette année encore le deuxième tome de Spy Games, dont le premier volume paru en mai 2014 nous avait, déjà à l’époque, complètement bluffé fait, depuis plusieurs semaines, un fabuleux teasing. Il faut dire qu’il arrive avec une solide réputation, ses drawing shows qu’il filme systématiquement et qu’il poste sur Internet comptabilisent des millions de vues. Récemment, exposant au Bastille Design Center pour la galerie Maghen, il a rassemblé plus de 800 personnes à l’inauguration de son expo, débordant le service d’ordre.

Kim Jung Gi au travail
Photo : J-Chr. Caurette.
Kim Jung Gi. Procession (détail)
(c) Kim Jung Gi. Photo : D. Pasmaonik (L’Agence BD)

Les œuvres mises en vente allaient du plus petit dessin de quelques centaines d’euros jusqu’à 30.000 € pour les plus grands formats. L’artiste contemporain et grand collectionneur Takashi Murakami en a acquis un bon nombre, suivi par des acquéreurs du monde entier.

Alors, surfaite la réputation de Kim Jung Gi ? Ceux qui ont acheté ses Sketch Books (le site internet de l’artiste les vend en direct) vous démentiront. D’ailleurs, pour l’heure, trois de ses ouvrages sur quatre sont épuisés et en cours de réimpression. Le seul chiffre d’affaire de ses sketch books a dépassé les 150.000€ en 2015, pour l’Europe. Au niveau mondial, il faut multiplier ce chiffre par trois.

Kim Jung Gi sera à Livre Paris le jeudi 17 mars à 18h15. Le nombre de places est limité.

Jean-David Morvan vient d’arriver aujourd’hui à Séoul où il va rester pendant près d’un mois pour travailler avec Kim Jung Gi sur le 2e tome de Spy Games. Ensuite, le dessinateur coréen, en véritable showman globe-trotter du dessin, s’envolera à nouveau pour la France où il est notamment attendu comme nous l’avons dit, au Salon du Livre, qu’il inaugurera le soir du 16 mars, tandis qu’une rencontre publique est prévue le lendemain vendredi 17 mars à 18h15, dans une performance présentée par Flavien Appavou de Manga.tv. Ce sera une des attractions du Salon.

Ensuite, le "manwhaga" rejoindra Paris Comics Expo en avril, en attendant de nouvelles aventures. À chaque fois, le dessinateur signera ses livres. Si vous voulez un dessin plus sophistiqué, il vous en coutera 50€, voire plus, si votre "commission" lui prend du temps. Et encore, s’il le veut bien, si la file n’est pas trop longue, car Kim Jung Gi n’aime pas faire des mécontents.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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- Jean-Christophe Caurette (éditeur et agent) : " Kim Jung Gi est un dessinateur compulsif "

Commander Spy Games T. 1 de Kim Jung Gi et Jean-David Morvan chez Amazon ou à la FNAC

 
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17 Messages :
  • Le phénomène Kim Jung Gi
    22 février 2016 12:23, par Fred

    Mouais, c’est juste de la performance, comme ces guitaristes qui font 15 notes à la seconde, c’est pour épater la galerie.

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    • Répondu par max le 22 février 2016 à  13:59 :

      Je suis tout à fait d’accord avec vous. Ses bds sont illisibles, sa narration est très mauvaise, ses cases d’une qualité irrégulière, il a juste compris que faire le show man pouvait lui rapporter gros. J’ai l’impression de voir les peintres qui font le show avec des portraits de "vedettes" peint en grand format, en commençant par le bout du menton dans les émissions de Patrick Sébastien. Le Moebius de la BD ?!!! C’est une plaisanterie, non ? On est le 22 février, pas le 1er avril.

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      • Répondu par Jack le 22 février 2016 à  15:28 :

        Jung Gi Kim est juste un des plus grands dessinateurs de ce monde... Je ne pense pas qu’il fait ça pour l’argent. Il a un énorme talent et il nous en fait profiter. À côté de ça, il sacrifie sa vie de famille pour participer à différents événements (festivals...). Il a une énorme connaissance en dessin, il maîtrise tout, il nous apprend. C’est plus quelqu’un de très généreux qu’un show man à mon sens. Et il peut s’essayer à la bande dessinée s’il en a envie. Spy Games n’est pas la BD du siècle, mais le premier tome n’est pas si mauvais, loin de là.

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        • Répondu par Syn0 le 22 février 2016 à  16:08 :

          Je suis d’accord avec Jack, Kim Jung Gi à une des meilleurs perceptions artistiques (voir la meilleure), AUCUNE personne ne peut reproduire un environnement enrichi en détails et de précision ! Et quelle rapidité, quelle précision ! Crasher sur un talent pareil c’est insulter le mec qui est ton boss !

          Un dessinateur ne cherche pas le show c’est le show qui vient à lui et lui comme tout les autres ne fait que se qu’il aime le plus !

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          • Répondu par Guest le 22 février 2016 à  20:10 :

            En plus, c’est très fatigant de dessiner le bras en l’air et sans appui.

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      • Répondu par Jean-Christophe Caurette le 22 février 2016 à  17:00 :

        Cher Max,
        Soyons un peu sérieux voulez-vous ? Pour commencer, vous dites que "ses BD sont illisibles"... Mais je présume que vous ne les avez pas lues puisque vous démontrez par cette simple affirmation votre méconnaissance totale du sujet : KJG a en effet sorti en Europe UNE bande dessinée, pas plusieurs !
        Pour le reste, je vous laisse à vos "opinions" ...

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        • Répondu par max le 22 février 2016 à  19:16 :

          ahahah,je connais trèèèès bien le sujet, croyez-moi, je baigne dedans et je fais des bonds quand on compare ce très bon dessinateur à Moebius qui maitrisait parfaitement l’art de la NARRATION qui est la base de la BD. Faire des petits dessins partout, dans tous les sens ne veut pas dire qu’on est un excellent dessinateur de BD. C’est même tout le contraire. La BD c’est l’art d’expliquer simplement une idée complexe, et pas l’inverse. Et je suis désolé, pour moi, sa bd, que j’ai lue, est pleine d’approximations et d’erreurs de débutants. C’est tout à fait normal de faire ce genre d’erreur pour un premier album franco-belge, et dire que cet artiste est un génie de la BD est un non-sens absolu pour moi. Un excellent dessinateur, un show man, oui, nous sommes d’accord. Pour la BD, il y a encore du boulot.

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    • Répondu le 22 février 2016 à  16:12 :

      En voilà un qui a compris comment faire parler de lui, à l’heure de YouTube, des réseaux sociaux et de la génération internet :)

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    • Répondu par Damien Henceval le 22 février 2016 à  16:54 :

      Je suis assez daccord pour dire que ça BD est pas géniale, mais c’est sa première BD européenne et les codes de la BD Corréenne ne sont pas les mêmes...ceci dit ses illustrations sont admirables et témoignent d’une imagination débridée.Ce n’est pas juste un showman c’est aussi un grand artiste qui sait faire voyager ceux qui regardent bien son travail. Le comparer à un branleur de guitare c’est un peu n’importe quoi.

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  • Le phénomène Kim Jung Gi
    22 février 2016 14:56

    Surfaite non, sans doute pas, le monsieur sait faire des grand dessins avec des tas et des tas de petits détails partout que des gens fortunés achètent très chers. Il n’empêche que sa bd avec Morvan est vraiment illisible.

    C’est con la bd mais parfois ça demande de se retenir pour servir l’histoire et de ne pas forcément dessiner tout ce qu’on sait des choses...

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  • Le phénomène Kim Jung Gi
    22 février 2016 21:14, par JF.

    Le "Moebius Coréen"... Dites mi que je rêve ! C’est une bête de foire, ni plus, ni moins.

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  • Le phénomène Kim Jung Gi
    23 février 2016 02:36, par Bill Veuzay

    que d’aucuns désignent comme "le Moebius coréen"

    Lol, c’est plutôt le Boulet coréen, ça fait penser au mec qui dessine bien à l’école quand on est petit, il veut impressionner en couvrant une grande surface en rajoutant plein de petits traits inutiles mais qui épatent les naïfs. Passé 15 ans ça épate plus, c’est comme un mec qui sait jongler ou réciter l’alphabet en rotant : un talent de société.

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    • Répondu par Pic le 24 février 2016 à  11:35 :

      Oh, Bill, t’es injuste, Boulet est plutôt doué en dessin ET AUSSI dans l’exercice de narration : voir ses récits aux 24 heures de la BD.

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      • Répondu par Math le 25 février 2016 à  01:47 :

        Boulet n’est pas tellement doué en dessin (mais il fait bien les petits traits partout) et pour la narration j’attends toujours un vrai livre de lui, ce n’est pas avec le scénario de La page Blanche avec Pénélope Bagieu qu’il convainc d’être un bon narrateur ou un bon scénariste.

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  • Le phénomène Kim Jung Gi
    23 février 2016 15:56, par La plume occulte

    Kim Jung Gi fait partie des tueurs assurément ! Effectivement un phénomène du dessin ,de mémoire, qu’il réalise le plus souvent sans parachute préparatoire.Sa maîtrise incroyable de la figure humaine, sa compréhension, qu’il reproduit dans toute sa variété, en soulignant avec un extrême aisance ses spécificités, ses particularités, dans des angles de vues incroyables, comme il le fait de la même manière avec la figure animale, dans l’immensité fourmillante de son spectre, coupe le souffle ; mais on peut en dire autant de son appréhension des éléments mécaniques les plus divers,sophistiqués, comme des environnements les plus variés, parfaitement observés et rendus crédibles,dans la perspective, même sur de grandes images.... oui cette maîtrise incroyable peut faire des envieux. Surtout quand on le voit passer d’une zone à une autre sans efforts, après avoir interrompu un dessin qu’il reprendra plus tard, dans le désordre apparent le plus complet, pour finir avec une image extrêmement sophistiquée, naturelle, vivante et juste. Le virtuose Kim Jung Gi a été formé, dit-on, dans une école d’art coréenne réputée pour la qualité de son apprentissage technique, ceci explique peut être cela mais quand même...!
    On a affaire ici à un talent rare,indubitablement : la BD peut , et doit,s’enorgueillir de le compter dans ses rangs.

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    • Répondu par Pirlouit le 23 février 2016 à  20:30 :

      D’accord ! Oui il dessine très bien en format géant et en public, à la main levée ! Cela en fait donc un grand illustrateur, mais pas forcément un auteur de BD, car là, il faudrait rajouter la maîtrise de la narration en images.

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  • Le phénomène Kim Jung Gi
    11 juillet 13:56, par as

    C’est fou le nombre de commentaires haineux pour cet artiste.
    Le gars ne se prend pas comme le meilleur dessinateur de BD du monde, et oui, la BD, pour l’avoir lue, est just passable.
    Pour avoir vu ce qu’il sait faire, et pour avoir reçu une dédicace de lui, faites en live, en genre 10’, je peux vous dire que c’est assez bluffant le talent du gars.
    Oui ça fait bête de foire ces performances à tout va, mais c’est comme toute personne dotée d’un talent particulier en art, en sport, etc... On en fera une bête de foire dans les médias.
    Maintenant le gars en fait son métier, il gagne de l’argent pour nourrir et loger sa famille, où en est le mal ? Y a pire contre scandale dans le monde, non ?

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