Les Cahiers russes – Par Igort – Futuropolis

8 février 2012 0 commentaire
  • Futuropolis fait paraître le second volet du voyage d'Igort dans l'ancien bloc soviétique. Après l'Ukraine, c'est la Russie qui est au centre de l'attention du dessinateur italien.

Le fil rouge de ce livre c’est Anna Politkovskaïa. Pour Igort, comme pour la plupart des Occidentaux qui s’intéressent à la politique internationale, ce sont les reportages de la journaliste russe qui ont révélé le régime extrêmement dur mené par le président Vladimir Poutine. Le 7 octobre 2006, jour où Politkovskaïa est assassinée dans l’ascenseur qui la ramène chez elle, Igort publie un billet indigné sur son blog. Quelques années plus tard, le dessinateur italien décide de consacrer un reportage dessiné à l’ancien bloc soviétique. Ses pas le mènent à la porte de l’immeuble d’Anna Politkovskaïa. En évoquant son travail et sa mémoire auprès d’amis proches, Igort revient sur le conflit tchétchène, qui était au centre des préoccupations de la journaliste.

Les Cahiers russes – Par Igort – Futuropolis
Un extrait des "Cahiers russes"
© Igort - Futuropolis

« Les Cahiers russes » est un livre très dur. Pertinent sans aucun doute, car les récentes manifestations contre le pouvoir en place l’ont prouvé, la répression russe est sans merci. L’album d’Igort remet en mémoire des événements tragiques de cette répression : la prise d’otage au Théâtre de Moscou, l’assaut meurtrier contre l’école de Beslan en Ossétie du Nord, la mise à jour de camps de filtrage et de fosses de détention de prisonniers,…

Cependant, en tant que bande dessinée, l’ouvrage d’Igort n’est pas réussi. Trop souvent, l’auteur a recours à de longs textes explicatifs, plutôt qu’à une mise en scène dessinée. Et lorsqu’il dessine, Igort choisit de montrer de manière très crue et très réaliste des images d’horreur. Alors que beaucoup viennent de relire Maus à l’occasion de la présidence 2012 d’Art Spiegelman, on se pose la question de savoir si montrer aussi frontalement les tortures pratiquées en Russie n’est pas un choix obscène, là où Spiegelman évoquait l’horreur avec une certaine pudeur.

Igort est un dessinateur au talent indéniable, mais dans « Les Cahiers russes », ses choix narratifs dérangent, malgré l’admiration sincère manifestée à l’égard du travail d’Anna Politkovskaïa. Son livre, soutenu par Amnesty International, est amené à diviser sur la forme, pas sur le fond.

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Découvrez la librairie de BD numérique ActuaBD avec Sequencity

VOIR EN LIGNE :
Le site de l’auteur

Commander ce livre sur Amazon ou à la FNAC

A propos d’Igort, sur ActuaBD :

> La Ballade de Hambone T1

> Baobab T1,T2

> Black T1, T2

> Les Cahiers ukrainiens

  Un commentaire ?