Les Coups de Cœur 2017 de la Rédaction d’ActuaBD.com

3 janvier 2018 3 commentaires
  • Puisque nous sommes toujours à l’heure des bilans, après vous avoir égrené les « Tops » comics, mangas et jeunesse, voici les ouvrages de l’année qui nous ont accroché le cœur, toutes disciplines confondues. C’est un peu notre « sélection officielle » à nous, avec tous les défauts habituels (élitisme, sexisme, corporatisme, entre-soi et autres corruptions…)

Parmi les titres choisis, plusieurs sortent du lot :

Les Coups de Cœur 2017 de la Rédaction d'ActuaBD.com
"Une Soeur" de Bastien Vivès (Casterman)

- Une Soeur de Bastien Vivès (Casterman) : « Pour son découpage remarquable qui happe le lecteur, le sentiment de vécu qu’il procure, les surprises de sa narration,…  » nous dit Charles-Louis Detournay, notre rédacteur en chef.

« Un modèle de narration maîtrisée qui garde une simplicité exemplaire dans le dessin, et en plus le parfum érotique est très chouette  » surenchérit Thomas Berthelon.

« Vivès est reconnu depuis quelques années comme le dessinateur le plus doué de sa génération, et personne ne remet en cause ses fulgurances graphiques, ajoute Tristan Martine. Pour moi, il souffrait néanmoins du "syndrome Sfar" : trop vite, trop peu construit d’un point de vue scénaristique, etc. Pourtant, Une Soeur m’a étonné, justement parce que pour la première fois, Vivès va au-delà d’une volonté de choquer ou d’une simple prouesse graphique, l’album est très bien construit, pudique, intelligent, et au final marquant ! »

Clément Duval  : « Un récit d’adolescence comme de nombreux ont déjà été faits... mais sans la patte ni le talent de Bastien Vivès . »

"Une Soeur" de Bastien Vivès (Casterman)
"Ces Jours qui disparaissent" de Timothé Le Boucher (Glénat)

- Ces Jours qui disparaissent de Timothe Le Boucher (Glénat) : « Formidable récit, note Charles-Louis Detournay, où le graphisme de ce jeune auteur est au diapason. Sensible, déstabilisant, plein de rebondissements, c’est un livre qui continue à poser des questions au lecteur bien après en avoir terminé la lecture… »

« C’est l’album franco-belge qui m’a le plus séduit cette année, nous dit Aurélien Pigeat, rédacteur en chef adjoint Comics et Mangas d’ActuaBD. Il dispose d’un art de la narration évident et l’histoire est passionnante de bout en bout. Formidable. »

« C’est un jeune auteur qui confirme son talent et qui arrive ici à une sorte de maturité selon Didier Pasamonik, directeur de la rédaction et le signataire de cet article. À surveiller : on sent qu’il en a dans le moteur... »

"Ces Jours qui disparaissent" de Timothé Le Boucher (Glénat)
"Henriquet, l’homme-reine" de Richard Guérineau (Delcourt)

- Henriquet, l’homme-reine de Richard Guérineau (Delcourt). « La meilleure bande dessinée historique de l’année ! s’enthousiasme Tristan Martine qui sait de quoi il parle puisqu’il est historien. Guérineau vole enfin de ses propres ailes, après s’être abrité sous l’ombre bienveillante de Jean Teulé pour Charly 9. Non seulement son récit est palpitant, mais son alternance entre un dessin réaliste et une multitude de styles différents (empruntés à différents dessinateurs de la bande dessinée classique) est un très bel hommage au 9e art, et surtout son album relance le genre de la bande dessinée historique avec intelligence.  »

« Dans la continuité de Charly 9  » confirme Jean-Sébastien Chabannes.

« Un album un peu passé "à l’as" lors de sa publication mais qui renouvelle d’une sacrée manière la notion de BD historique et qui confirme la maturité graphique déjà perceptible dans Charly 9 » ajoute Patrice Gentilhomme.

"Henriquet, l’homme-reine" de Richard Guérineau (Delcourt)
"Puta Madre" (6 tomes), par Run & Neyef, au label 619 (Ankama)

- La série Puta Madre (6 tomes), par Run & Neyef, au label 619 (Ankama). Thomas Berthelon, fan de la première heure de la production Ankama : « Parce que ce qu’est en train de mettre en place Run chez Ankama, et particulièrement dans l’univers Mutafukaz / Puta Madre / DoggyBags se situe pour moi dans le haut du panier de la BD française aujourd’hui. Et parce que le format choisi (des fascicules comics souples en édition limitée, blindés de pages additionnelles) constitue une sacrée prise de risque vraiment bienvenue.  »

Fabrice Fadiga, titulaire de notre rubrique "Techno" plussoie : « Run a tout compris aux récits feuilletonnesques et leur applique son univers street avec brio… »

Il est vrai que Run est le fer de lance du catalogue d’Ankama, ses œuvres faisant l’objet de développements dans le jeu vidéo et l"animation.

"Puta Madre" (6 tomes), par Run & Neyef, au label 619 (Ankama)
"Katanga" de Sylvain Vallée & Fabien Nury (Dargaud)

- Katanga, Tomes 1 et 2, de Sylvain Vallée & Fabien Nury (Dargaud). «  Le talent de conteur de Fabien Nury et Sylvain Vallée ne sont plus à démontrer. Après le coup de maître qu’a constitué Il était une fois en France...

le tandem a remis le couvert en nous proposant cette nouvelle série ancrée dans l’Afrique centrale des années 1960. Et le pari est réussi. En s’affranchissant volontairement de la réalité des faits pour créer cette nouvelle série, les auteurs tapent étonnement juste. Comment ne pas voir dans cette fiction tous les maux qui ravagent le Congo-Kinshasa de ces vingt dernières années ?  » nous dit Christian Missia Dio qui connaît son sujet puisque c’est un peu le "spécialiste Afrique" de notre site.

« Super série et très bon dessin !  » résume Jean-Sébastien Chabannes à propos d’un tandem qui passe de chez Glénat à Dargaud.

"Katanga" de Sylvain Vallée & Fabien Nury (Dargaud)

- Titeuf, à fond le slip par Zep (Glénat). Laurent Melikian : « Zep arrive toujours à surprendre en abordant avec humour et humanité des sujets coriaces. »

Didier Pasamonik : « Je confirme : L’album tout public le plus intelligent de la rentrée de septembre qui transforme ses jeunes lecteurs en citoyens responsables loin de tous les clichés nauséabonds qui traînent sur les réseaux sociaux. »

La rédaction a aimé aussi :

BD FRANCO BELGE / BD EUROPÉENNE & AUTRES

"Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien", par Ulli Lust (Editions çà et là)

- Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien, par Ulli Lust, (Éditions çà et là) : « Un récit qui renouvelle l’autobiographie par la liberté qui l’insuffle et sa modernité beaucoup plus fine qu’un simple hachtag #balancetonporc  » nous dit Frédéric Hojlo, rédacteur en chef adjoint d’ActuaBD.

- Arelate, par Alain Genot & Laurent Sieurac (100Bulles Ed.) : « Actuellement une des meilleures séries de BD historique, considère Jérôme Blachon, assez dénigrée par les sites spécialisés, totalement injustement. Le dessin et la mise en couleur sont réussis, le souci du détail permanent, les recherches historiques pointues. Et pourtant, cela reste une BD très grand public.  »

- La Balade nationale T. 1 par Sylvain Venayre & Étienne Davodeau (Editions la Découverte et la Revue Dessinée). Jérôme Blachon : « Un pari très ambitieux mais attendu par les amateurs d’histoire, et un premier tome surprenant dans sa narration. Une leçon d’historiographie en BD en restant accessible et pédagogue, il fallait oser !  »

"Burroughs" de João Pinheiro (Presque Lune)

- Burroughs de João Pinheiro (Éditions Presque Lune). Frédéric Hojlo : « Bien plus qu’une biographie, un récit qui interprète une vie à l’aune d’une œuvre, par un auteur brésilien inventif . »

- Calypso de Cosey (Futuropolis). Didier Pasamonik : « Le Grand Prix d’Angoulême 2017 nous surprend encore par la splendeur de son noir et blanc.  »

- Cyparis - Le Prisonnier de Saint-Pierre, de Lucas Vallerie (La Boîte à Bulle). « Pour l’originalité du thème, la force des personnages et la pertinence historique » nous dit David Taugis.

- En Attendant Bojangles, par Ingrid Chabert & Carole Maurel (Steinkis). « Enfin une adaptation très réussie, un dessin magnifique, une œuvre superbement appropriée par les auteures, et une histoire poétique et lumineuse  » juge Jérôme Blachon.

"Epiphania" de Ludovic Debeurme (Casterman)

- Epiphania de Ludovic Debeurme (Casterman). Patrice Gentilhomme : « Pour les qualités d’écriture et de mise en image d’un récit complexe, ouvert sur des poblématiques contemporaines traitées de manière originale et inédite, au moins en BD d’expression française ! Bel ouvrage consacrant un auteur hors-norme, insaisissable et... à suivre ! »

- Groenland Vertigo d’Hervé Tanquerelle (Casterman) : Selon Christian Missia Dio, « un récit dépaysant et plein d’humour, inspiré par ses souvenirs d’une expédition dans les contrées de l’océan Arctique. Un album savoureux. »

- Le Joueur d’échecs d’après Stefan Zweig, adapté par David Sala (Casterman). David Taugis : « Le dessin est admirable, et l’esprit de la nouvelle est transmis avec une finesse remarquable. Du grand art. »

- Momo T.1 et 2 de Rony Hotin & Jonathan Garnier (Casterman). Christian Missia Dio : « Tendre et touchante, cette chronique de l’enfance propose de jolis portrait - celui de Françoise, l’urbaine rebelle désespérée de passer les vacances chez ses grands-parents, ou encore le poissonnier, avec qui Momo entretient une relation absolument formidable - et construit un personnage de petite fille terriblement attachant. »

- Opération Copperhead de Jean Harambat (Dargaud) « ...montre que ce dernier rentre un peu plus au panthéon des auteurs de la BD historique, exulte Tristan Martine  : après Les Invisibles et Ulysse, les chants du retour, il aborde une troisième période, avec un troisième ton et un troisième dessin différents : la seule constance, c’est son talent. Son nom imprègne encore peu, mais la multitude des prix reçus (Prix Cheverny de la bande dessinée historique à deux reprises, Prix Goscinny…) montre bien l’étendue de son art. Il s’agit sans aucun doute de l’un des trois ou quatre auteurs qui marqueront les décennies à venir dans le genre de la bande dessinée historique (avec Guérineau, donc, mais aussi Kris, Appollo ou N. Juncker).

- Plus belle la série par Harel & Landes (Casterman). « Une enquête sociologique qui justifie la pertinence de la collection Sociorama, et tant pis que le dessin expéditif. Le genre d’album qui se conseille autour de soi… » selon David Taugis.

- Le Retour de Bruno Duhamel (Grand Angle/Bamboo). « À n’en pas douter, un auteur capable d’associer à un graphisme "facile et tout public" un discours riche et exigeant en relation avec des thèmes pas forcément Mainstream, constate Patrice Gentilhomme. Un premier tome parfait qui en annonce un second à paraître courant janvier qui montre à quel point ce jeune auteur sait se renouveler sans rien lâcher. »

["Un Rond, deux points", par Christophe Bataillon (Gallimard Jeunesse)

- Un Rond, deux points, par Christophe Bataillon (Gallimard Jeunesse). Laurent Melikian : « Comment donner le goût et les premières clés pour réaliser de la BD de 4 à 99 ans… »

- Undertaker, tomes 3 & 4 de Meyer & Dorison (Dargaud) : « Après un premier diptyque plus que convaincant, le tandem Meyer - Dorison place la barre encore plus haut avec un formidable western, tout en créant certainement l’un des meilleurs "méchants" de la bande dessinée moderne, nous dit Charles-Louis Detournay. Immanquable ! »

BD US / COMICS / DOMAINE ANGLO-SAXON

- All-New Thor T. 1 par Jason Aaron & Russell Dauterman (Panini Comics). Romuald Lefebvre  : « La nouvelle déesse du tonnerre continue avec brio (et à grands coups de marteau enchanté) de remettre en place les idées de ceux qui seraient campés sur des stéréotypes peu progressistes. Suivez notre regard… »

- All-New Wolverine T. 1 par Tom Taylor, David Lopez & David Navarrot (Panini Comics) : « Vous avez vu durant l’année écoulée le film Logan ? Découvrez désormais ce que peut faire Laura avec quelques années de plus ! Une des très rares séries X-Men de qualité de ces derniers temps » nous dit également Romuald.

- Black Hammer par Dean Ormston & Jeff Lemire (Urban Comics) : Clément Duval : « Lemire continue à prouver qu’il excelle dans de nombreux domaines. Cette fois-ci, il s’attaque à un bouquin qui n’a rien à envier à un certain... Watchmen. »

"Deadly Class" par Rick Remender & Wesley Craig (Urban Comics)

- Deadly Class T4 & 5, par Rick Remender & Wesley Craig (Urban Comics). « Parce que la violence psychologique, physique et verbale de cette école des arts létaux franchit encore un sacré palier, nous dit Thomas Berthelon, et l’énergie du trait de Craig saute à la tête du lecteur à toutes les pages… » « Un tournant stupéfiant dans une série incroyable, pour ces deux volumes publiés durant l’année » confirme Aurélien Pigeat.

- Fante Bukowski, Un poète américain, Tome 2 par Noah van Sciver (L’employé du Moi ) : Frédéric Hojlo : « Un très grand plaisir de lecture, aux références multiples mais légères, par un fer de lance de la bande dessinée alternative américaine nouvelle génération. »

- My Favorite Thing Is Monsters d’Emil Ferris (Fantagraphics). Marianne Saint-Jacques : Pour l’instant paru en anglais seulement (à paraître aux éditions Toussaint-Louverture, comme nous vous l’avions signalé. Un album touffu et complexe inspiré de l’adolescence de l’auteure qui aborde le nazisme, l’homosexualité, le racisme et les droits civils aux USA, le cancer etc... le tout avec un graphisme sublime évoquant à la fois les beaux-arts et les comics d’horreur.

- Geis, tomes 1 et 2 d’Alexis Deacon (Gallimard). Didier Pasamonik : « J’ai découvert là un auteur anglais à l’univers très riche et au dessin classique envoûtant. La qualité de l’écheveau de l’intrigue égale celle d’un dessin tout en douceur et en subtilité. À suivre ! »

- Saga T. 7 par Brian K. Vaughn & Fiona Staples (Urban Comics)- Clément Duval :« Toujours la meilleure des séries SF en bande-dessinée qui se réinvente de case en case, de page en page, de numéro en numéro, de tome en tome. »

- La Vision T. 2, par Tom King (Panini Comics). « King ne fait pas que briller du côté de DC avec l’univers de Batman, analyse Romuald Lefebvre, il donne aussi des motifs de regrets aux amateurs de Marvel en délivrant pour son unique collaboration avec cet éditeur une très belle réinterprétation d’un personnage peu gâté ces dernières années. »

BD D’ASIE / MANGAS

Charlie Chan Hock Chye, par Sonny Liew (Urban Comics). L’auteur expose au prochain Festival d’Angoulême 2018.

- Charlie Chan Hock Chye, par Sonny Liew (Urban Comics). « Pour moi tout simplement l’album de l’année, nous dit Aurélien Pigeat. Passé à côté d’une reconnaissance pleine et entière (bien que présent au Festival d’Angoulême cette année), je pense du fait de son positionnement étonnant : une BD d’Asie, éditée par un éditeur de comics… »

- Gloutons et dragons de Ryoko Kui (Casterman), « Parce que le mariage humour/cuisine/Héroïc Fantasy est réellement savoureux et surprenant » commente Fabrice Fadiga.

- L’Île errante par Kenji Tsuruta (Ki-oon) : « Parce que, comme pour toute oeuvre de Tsuruta, on y plonge et replonge sans lassitude. Voilà un illustrateur qui fait de la BD, et la BD y gagne !  » nous dit Pascal Aggabi.

- March comes in like a lion, par Chica Umino (Kana). Guillaume Boutet : « Chronique de la vie quotidienne d’un jeune joueur de shôgi qui cherche sa place dans le monde. L’excellence du titre tient au talent de la mangaka et à sa capacité à créer une galerie de personnages étonnants et complexes, entre légèreté et drame.  »

- Our Summer Holiday, par Kaori Ozaki (Delcourt/Tonkam). Guillaume Boutet : « Une histoire simple au service d’un sujet fort (les enfants trahis par les adultes), au ton juste, tout public, qui, sans en faire beaucoup, réussit à toucher profondément le lecteur. »

- To Your Eternity , par Yoshitoki Oima (Pika). Guillaume Boutet : « Un récit initiatique sidérant, à propos d’une « sphère » qui apprend la vie et la mort, qui doit beaucoup à une écriture habile mêlant de nombreux registres, multiforme à l’image de son héros. »

Comme vous pouvez le voir, le choix est diversifié. Il y en a pour tous les goûts. C’est que nous appliquons à la lettre la sentence de Champfleury à l’adresse des détracteurs des caricatures d’Honoré Daumier : « Il n’est point de pauvre image pour un esprit curieux. »

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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3 Messages :
  • Très belle sélection, ce sont des titres qui ont été remarqués lors de leur publication, tant au niveau des ventes que de l’accueil critique dans les revues spécialisées. En clair, l’anti-thèse de la sélection officielle du FIBD.
    Je reste quand même étonné par la photo de Bastien Vivés. Il a rasé sa fine moustache ? Et pourquoi porte t’il ce tee-shirt diaphane ? Y a t’il une signification à ce changement de look ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 6 janvier à  20:49 :

      C’est une photo de Bastien prise en mars 2017. Rien de spécial à remarquer.

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      • Répondu par kyle william le 8 janvier à  17:51 :

        Quand même, cette couleur de T-Shirt, ça cache quelque chose… on nous ment, c’est évident.

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