« Les Reflets changeants » : un titre de bon augure pour les nouveaux Prix Atomium !

28 août 2017 0 commentaire
  • La Fête de la BD de Bruxelles est dans les starting blocks ... Et voilà que paraît l'album récompensé par l’avant-dernier Prix Raymond Leblanc de la "Jeune Création", rebaptisé depuis lors "Prix Atomium". Un excellent album qui donne une idée de l'importance que prend ce prix le mieux doté du paysage francophone.

Nice, en plein mois de juillet. Elsa, la vingtaine, oscille entre deux hommes. L’un ne lui convient probablement plus, l’autre lui fait encore un peu peur. Jean, 50 ans, voyageur frustré, est devenu conducteur de train, forcé de rester à terre pour s’occuper d’Alda, sa fille, arrivée un peu trop vite dans sa vie suite à une passade amoureuse.

Quant à Émile, du haut de ses 80 ans, devenu sourd pendant la guerre d’Algérie, il supporte de moins en moins le silence dans lequel il est enfermé. Trois personnages qui ne se connaissent pas, mais qui vont se croiser cet été-là... Une rencontre qui ne les laissera pas indemnes.

« Les Reflets changeants » : un titre de bon augure pour les nouveaux Prix Atomium !

Si on rentre facilement dans certains livres, ces introductions habiles nous laissent parfois sur notre faim, n’offrant pas tous les développements promis par une originale entrée en matière. Pour d’autres, il faut s’investir (voire s’accrocher) d’entrée de jeu, et cet investissement se révèle parfois payant, car ces pépites valent vraiment la peine des efforts consentis pour les extirper.

Vous l’aurez compris, Les Reflets changeants est un titre qui se range dans la seconde catégorie. Les quelques légères approximations du premier portrait sont sans doute à mettre sur le compte des petites erreurs de débutant. En effet, même si elle a été coaché par Jean-Louis Tripp, rappelons qu’il s’agit ici du premier album d’Aude Mermilliod.

Derrière ces approximations des premières pages se dévoile un superbe livre, plein d’intelligence et de crédibilité dans les portraits. Le lien avec la Guerre d’Algérie vient renforcer l’authenticité des personnages, d’autant plus que l’auteure a repris des passages réellement écrits par son propre grand-père, présent lors de ces événements. De plus, le graphisme et le découpage très réussis sont au diapason des sentiments dévoilés au fur et à mesure du récit. L’ensemble se révèle donc extrêmement touchant !

La qualité de ce Prix Raymond Leblanc “Jeune Création” 2015 vient légitimer la démarche de support de la fondation du créateur du Journal Tintin, ainsi que le rôle de découvreur du talent du Lombard. Voilà qui est d’un excellent augure pour la première remise des Prix Atomium, les récompenses de la Fête de la BD de Bruxelles qui se tient ce week-end, et auxquels les Prix Raymond Leblanc ont décidé de s’associer. De futurs lauréats à suivre de près !

(par Charles-Louis Detournay)

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