Les expositions BD en France de votre été 2018

30 juillet 2018 1 commentaire
  • Le mois de juillet s'achève doucement mais les grandes vacances ne sont pas terminées pour autant. Que vous soyez à Paris ou à Angoulême, à Blois ou à Narbonne, nous avons listé pour vous quelques événements BD à ne pas manquer. De quoi rythmer agréablement la suite de votre été.
Les expositions BD en France de votre été 2018

Nous débutons notre tour d’horizon dans le 9e arrondissement de Paris, où est située la galerie Barbier & Mathon. Celle-ci nous propose une grande expo Manu Larcenet, intitulée « Manu Larcenet - L’Adieu au papier ». Comme nous l’indique le titre, l’auteur fait sa « petite » révolution en abandonnant le papier et les crayons, au profit de la tablette numérique. Afin de marquer le coup, il nous propose, en collaboration avec Barbier & Mathon, plus de cent quarante planches et dessins originaux issus de séries telles que Bill Baroud, Le Retour à la terre, Le Combat ordinaire, Robin des bois, Valérian, etc. L’expo se tient depuis le 15 juin et jusqu’au 15 septembre 2018.

À Paris

Nous prenons ensuite la direction du quartier des Halles, chez Huberty & Breyne plus exactement, qui nous invitent à découvrir depuis fin juin trois expo-ventes qui mêlent, comme à l’habitude dans cette maison, bande dessinée et art contemporain. D’art contemporain, il en est question avec l’inclassable Virginio Vona. L’artiste italien a créé « Vona Présent Futur », une série d’illustrations aux énergies futuristes. Vona Présent Futur est à voir jusqu’au 1er septembre 2018.

Intitulée « Balades », l’exposition consacrée à Edmond Baudouin depuis le 29 juin, nous présente une série d’illustrations issues de son dernier album Ballade pour un bébé robot, une BD parue chez Gallimard, pour laquelle il retrouve le célèbre mathématicien Cédric Villani en tant que scénariste. D’autres illustrations consacrées notamment à Dalí, ou d’anciens albums tels que Chroniques de l’éphémère sont aussi à voir et à acheter jusqu’au 1er septembre.

Edmond Baudoin : Ballade pour un bébé robot Planche 140 et 141

En soutien à la jeune création, les galeristes belges Marc Breyne et Alain Huberty offrent un espace d’exposition à l’illustrateur Yann Le Bec, dont le style rappelle celui de son aîné Edmond Baudouin. Le lauréat du Fauve d’or 1992 pour l’album Couma Acò soutient d’ailleurs la démarche en partageant son expo avec celle du jeune artiste.

Yann Le Bec
Dessin libre XXIV
Dimensions : 21*29.7 cm.
Type : Dessin
Technique : Encre de Chine sur papier
ID : 11819

De Paris à Bruxelles, l’été 2018 est “schtroumpfé” par le sceau des petits lutins bleus de Peyo. Pendant que la capitale de l’Europe fête comme il se doit les soixante ans des Schtroumpfs à travers notamment une fresque à la Gare centrale, la Ville Lumière, elle, n’est pas en reste. Le Centre Wallonie-Bruxelles de Paris nous propose une très belle rétrospective consacrée à Peyo, le génial créateur des Schtroumpfs, mais aussi de Johan & Pirlouit et Benoît Brisefer. À travers une riche sélection de documents rares, de planches originales peu vues et de textes inédits, l’« Expo Peyo » nous retrace le parcours artistique d’un des géants du 9e art. La rétrospective, qui a débuté le 25 mai, est à visiter jusqu’au 28 octobre 2018.

Avant de quitter Paris, sachez qu’il vous reste encore quelques jours pour voir l’exposition « Casterman : le roman s’écrit aussi en bande dessinée », qui se tient à la galerie Gallimard. Cet accrochage qui s’achèvera le 31 juillet, propose les planches originales d’une trentaine d’auteurs parmi les plus grandes signatures à avoir publié chez l’éditeur tournaisien : Zeina Abirached et Mathias Énard, Baru, Enki Bilal, Max Cabanes, Catel et José-Louis Bocquet, Jean-Christophe Chauzy, Didier Comès, Nicolas de Crécy et Sylvain Chomet, Ludovic Debeurme, Frantz Duchazeau, Jacques Ferrandez, Vittorio Giardino, André Juillard, Jacques de Loustal et Philippe Paringaux, Lorenzo Mattotti, Moebius, José Muñoz et Carlos Sampayo, Anthony Pastor, Vincent Perriot, Hugo Pratt, Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, Grzegorz Rosinski et Jean Van Hamme, Christian Rossi et Géraldine Bindi, David Sala, François Schuitten et Benoît Peeters, Tardi et Jean-Claude Forest, Bastien Vivès.

À Falaise

La commune de Falaise, située dans un arrondissement de Caen, abrite le Mémorial des civils dans la guerre, un musée construit sur les ruines d’une maison détruite pendant les bombardements de l’été 1944. Ce monument chargé d’histoire est sans doute l’écrin idéal pour accueillir les joyaux que sont les trente-trois planches originales de l’album Moi, René Tardi,prisonnier de guerre au Stalag II B, ainsi que les dix planches inédites du troisième et dernier tome qui paraîtra le 28 novembre. Le pélican en bois sculpté par René Tardi lors de son emprisonnement est également exposé au coté des planches originales et inédites. L’expo Tardi est à voir jusqu’au 4 novembre 2018.

À Blois, ville royale

La Maison de la BD de Blois, qui organise le festival bd Boum, propose de nombreux stages durant tout l’été pour les enfants et les ados, depuis le 9 juillet. Accessibles dès l’âge de 6 ans, le programme des différents ateliers est composé de stages d’illustration, d’initiation à la BD, au manga et au comics. Le programme complet est à découvrir sur le site internet de l’association.

En marge des ateliers BD, la Maison de la BD de Blois propose également deux beaux accrochages consacrés à des héros majeurs de la BD et de la pop culture. La première expo est consacrée au nouveau one-shot Spirou, à l’occasion de la parution du Spirou de Lebault & Filippi, Fondation Z. La seconde mettra à l’honneur le superbe Mickey de Régis Loisel, Café Zombo. Les deux expositions se tiendront jusqu’au 1 septembre 2018.

À Poitiers

Depuis le 7 juillet et jusqu’au 14 octobre, le Miroir, le projet culturel de la ville de Poitiers, vous invite à la seconde partie de sa grande expo sur la BD et la science-fiction, « C’est arrivé demain, le retour ». Cette manifestation a pour but de questionner les rapports qu’entretiennent la bande dessinée avec les nouvelles technologies et la science-fiction, en créant un dialogue entre l’univers de quatre auteurs-dessinateurs contemporains et des acteurs qui développent ces nouvelles formes d’images, qu’ils soient chercheurs, scientifiques, entrepreneurs ou artistes.

Concrètement, l’expo a sélectionné quatre albums, pour en tirer des extraits qui serviront d’axes significatifs à l’évènement. Voici les albums sélectionnés :

  • Shangri La, de Mathieu Bablet (2016, Ankama Éditions)
  • Universal War One cycle 1, de Denis Bajram (1998, Éditions Quadrants solaires)
  • Beb-deum, Mondiale TM, texte de Alain Damasio, les Éditions nouvelles, 2017
  • Dans la Combi de Thomas Pesquet, de Marion Montaigne (2017, Éditions Dargaud).

Cinq acteurs du numérique viennent aussi dialoguer avec les quatre ouvrages de bande dessinée, leur donnant ainsi une dimension visuelle inédite.

À Angoulême

Le Musée de la BD d’Angoulême propose une série d’expos éclectiques, à voir absolument si vous êtes dans la région.

Depuis le 25 janvier et jusqu’au 4 novembre prochain, le musée national de la bande dessinée propose l’exposition « Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui ». Comme son titre l’indique, cet accrochage présente la “nouvelle scène” de la bande dessinée arabe issue d’Algérie, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie et de Tunisie.

Vous le savez, l’œuvre de René Goscinny était truffée de références au cinéma. Il n’est donc pas étonnant que ses séries les plus marquantes telles qu’Astérix, Le Petit Nicolas ou Lucky Luke soient régulièrement adaptées sur grand écran. Bien que les adaptations live des personnages de Goscinny aient donné des résultats contrastés, il n’empêche que la tendance n’est pas prête de s’arrêter et que nous verrons encore à l’avenir d’autres films sur Astérix and co. C’est pourquoi le Musée de la BD décrypte les mécanismes de la créativité du maître dans une présentation riche, variée, instructive et amusante. Des costumes, des affiches, des dessins et surtout des dizaines d’extraits de films agrémentent cette présentation. Exposition à voir jusqu’au 9 janvier 2019.

La Cité internationale de la BD et de l’image participe aux célébrations autour du cinquantenaire de Mai 68 en proposant une expo en deux parties. Le premier segment s’intéresse à l’impact qu’a eu Mai 68 sur le medium de la bande dessinée, qui passe alors d’un divertissement pour enfants pour s’affirmer comme un mode d’expression majeur, ouvert à tous les discours et toutes les audaces. La seconde partie de l’expo propose une analyse des BD qui, depuis cinquante ans, ont rendu compte de ces événements, pour les questionner ou pour les figer dans une imagerie devenue conventionnelle, et en constituer la mythologie. L’expo « Mai 68 : Sous les pavés, les cases » est à voir jusqu’au 4 novembre 2018.

Le Vaisseau Moebius, situé au 1er étage du musée, vous invite dans un espace ludique consacré à la série française Les Légendaires de Patrick Sobral, la fameuse BD à succès destinée à la jeunesse. Plongez dans cet univers unique à travers un espace de lecture, un espace vidéo, un parcours de présentation des héros de la série accompagné de jeux en grand format, de tables d’activités manuelles : coloriages, puzzle, paper toys…Le parcours sera accompagné d’un livret-jeu et chaque visiteur pourra participer à un quizz permettant par tirage au sort de gagner des lots en liens avec la série. Une expérience à vivre jusqu’au 6 janvier 2019.

À Saint-Rémy-de-Provence :

La commune de Saint-Rémy-de-Provence, située dans le département des Bouches-du-Rhône, rend un hommage appuyé à l’œuvre de Gilles Chaillet. Depuis le 1er juin et jusqu’au 30 septembre, l’Hôtel de Sade et le site archéologique de Glanum vous présentent la Rome antique dessinée et racontée par l’auteur de Vasco. Il s’agit pour les promoteurs de l’expo de mettre en valeur le livre-somme Dans la Rome des Césars que Gilles Chaillet avait publié en 2004 chez Glénat. cinq mille heures ont été nécessaire à l’ancien collaborateur de Jacques Martin pour dessiner en détail la ville de Rome, quartier par quartier, bâtiment par bâtiment, fenêtre par fenêtre, trois mille heures de mise en couleurs et quasiment toute une vie de recherche et de documentation pour arriver enfin au bout de cette œuvre sans commune mesure. Un travail titanesque qui trouve grâce à cette exposition sur le site de Glanum, le cadre parfait pour donner sa pleine mesure.

À l’Hôtel de Sade seront exposées des dessins originaux inédits, des vues de Rome tirées des Voyages d’Alix : Rome, et des planches de BD issues de la série La Dernière Prophétie, en résonance avec des objets principalement issus du site de Glanum. Le parcours s’appuiera sur des reproductions de dessins et sur des éléments propres à Glanum pour mettre en lumière certaines caractéristiques importantes de la société gallo-romaine.

Enfin, du 18 au 20 août se tiendra le festival Le Forum de la BD, sur les différents sites et adresses cités plus haut de la petite capitale des Alpilles. Cette 3e édition du Forum de la BD proposera elle aussi un hommage à Gilles Chaillet au travers d’expos et en conviant plusieurs auteurs et dessinateurs ayant collaboré avec lui.

À Toulouse

Comme vous le savez sans doute, Hergé était un véritable passionné d’aviation, qui a fait de ce moyen de locomotion un véritable protagoniste de l’action. C’est pourquoi Le musée Aeroscopia, situé à Toulouse-Blagnac, capitale européenne de l’aéronautique, accueille depuis le 22 mai 2018, jour anniversaire de la naissance d’Hergé, et jusqu’au 10 janvier 2019, une exposition unique intitulée « Tintin et ses avions ». Dans un espace de 800 m² aménagé en collaboration avec le Musée Hergé, Aeroscopia met en scène les machines volantes que Georges Remi avait croquées de son vivant. En plus de nombreuses planches originales, le musée toulousain organise aussi de nombreux rendez-vous telles que des soirées nocturnes, ainsi qu’un cycle de conférences animées par José Miguel de la Viuda Sainz, ingénieur en aéronautique et passionné d’aviation, auteur du livre Hergé, Tintin et les avions. « Tintin et ses avions » est une expérience à vivre en famille.

À Narbonne

Enfin, nous terminons notre périple dans le département de l’Aude. À l’occasion de la sortie de la BD Max, de Salva Rubio et Rubén Del Rincon (éditions Du Long Bec) inspirée des romans d’Arturo Perez-Reverte, la librairie BD & Cie exposera les planches originales du dessinateur ainsi que de ses croquis préparatoires. Exposition visible du 7 juillet jusqu’au 31 août. Entrée Libre

(par Christian MISSIA DIO)

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Galerie Gallimard
30-32 rue de l’Université
75328 Paris cedex 07
Téléphone : 01 49 54 42 30
Mail : contact@galeriegallimard.com
Ouvert du mardi au samedi de 13h à 19h
RDV possible par téléphone

Galerie Barbier & Mathon
Du mardi au samedi
de 14h à 19h30
ou sur rendez-vous
2 espaces d’expositions
10 rue Choron
75009 Paris
+33 6.80.06.29.95
Métro Notre Dame de Lorette
Entrée libre

Centre Wallonie-Bruxelles
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris
+33 (0)1 48 04 90 85
info@cwb.fr

Huberty & Breyne Gallery
91, Rue St-Honoré
75001 Paris
+33 (0)1 40 28 04 71
contact@hubertybreyne.com

Mémorial des civils dans la guerre
12 Place Guillaume le Conquérant
+33(0)2 31 06 06 47
presse@memorial-caen.fr

Maison de la Bd
+33(0)2 54 42 49 22
bdboum@bdboum.com

Le Miroir de Poitiers
Rue Louis Renard
Chapelle Saint-Louis
+33(0)549203190
lemiroir@poitiers.fr

Musée de la bande dessinée
121 rue de Bordeaux
Angoulême
+33 (0)5 45 38 65 65
contact@citebd.org

EXPO : Dans la Rome des Césars-La ville éternelle reconstituée par G.Chaillet
Hôtel de Sade et site archéologique de Glanum
+33(0)4.32.60.64.05
venin@monuments-nationaux.fr
www.hotel-de-sade.fr/

Musée aeroscopia
Allée André Turcat
31700 Blagnac

Librairie BD & Cie
60 rue Droite
11100 NARBONNE
FRANCE
+04.68.65.31.56

 
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1 Message :
  • Dans l’expo "Tintin et ses avions" de Toulouse j’espère qu’il sera aussi rendu hommage à Roger Leloup. La passion d’Hergé pour la vitesse se manifestait certes à travers les avions, comme à travers les voitures, les trains et tout autre moyen de locomotion, car Hergé fut un artiste qui cherchait à exprimer la célérité dans l’image fixe. Mais il ne faut pas oublier que le vrai spécialiste de l’aviation du studio Hergé fut Roger Leloup et c’est à lui que l’on doit, entre autres, les avions de "Coke en stock", de la nouvelle version de "l’île Noire" et, bien entendu, le fameux Carreidas de "Vol 714 pour Sydney". Spécialiste de toutes les questions liées à l’aéronautique, le père de Yoko Tsuno a une connaissance si profonde qu’elle fait de lui un candidat au doctorat "honoris causa" du domaine. Vice champion d’Europe d’aéromodélisme, il s’entrainait, dans les années 60 et 70, sur le site de l’hippodrome de Sterrebeek. Roger Leloup est l’homme à inviter lors de cette célébration liée au travail du Maître de la Ligne Claire, car il a certainement beaucoup à nous transmettre sur cette période passionnante où il travaillait dans le studio du père de Tintin.

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