Lupano revient dans la collection "Enfants gâtés" avec le tourbillonnant Smudja

30 novembre 2017 0 commentaire
  • Cheval de bois contre cheval de vent, privilège contre asservissement, avalanche de cadeaux contre dénuement : Lupano nous sert un nouveau conte, à découvrir en famille.

Le roi n’en peut plus d’impatience... C’est son anniversaire et qui dit anniversaire dit gâteau... Mais deux gamins juchés sur un cheval de vent viennent de le lui voler avant même qu’il ait pu en goûter une miette !

Tout ce que le château contient de gardes et de serviteurs se précipite en un instant à leur poursuite des maraudeurs, portant en tête de colonne sa majesté et sa monture de bois...

Lupano revient dans la collection "Enfants gâtés" avec le tourbillonnant Smudja

Nous l’admettons volontiers : nous avons un faible pour cette collection, Enfants gâtés parce qu’elle permet de mêler le conte et la bande dessinée, en rapprochant cette dernière du livre d’enfants. Le grand format permet aux parents de lire ces albums avec les enfants sur les genoux, une taille assortie d’une pagination adéquate pour les petits bouts de choux. Autre bonne raison : un jeu en fin d’album propose aux plus jeunes, ou à toute la famille, de prolonger l’esprit du récit de manière ludique. Bref, on craque pour l’esprit de cette collection, même si certains albums se distinguent des autres.

Après la réussite du précédent Quand le cirque est venu, Wilfrid Lupano revient à un conte plus classique, en adéquation avec le style graphique de Gradimir Smudja. Outre le plaisir de rire des aventures de ce roi aussi ridicule que truculent mené en bateau par deux jeunes enfants, on retire certaines morales salutaires en cette période de fêtes : que l’abondance de cadeaux ne fait pas le bonheur, et qu’il suffit souvent d’offrir un petit présent pour faire plaisir.

On annonce au roi la litanie de ses cadeaux. Il n’en a cure, tout ce qu’il veut, c’est son gâteau !

Si Smudja a pu quelquefois réaliser des planches aussi remarquables que surchargées, il a su ici se mettre au niveau des enfants, insufflant sa fouge dans la cavalcade du Cheval de vent, tout en maintenant une grande lisibilité. Les double-pages sont de véritables tableaux dans lesquels on prend plaisir à se perdre avec ses enfants, savourant le plaisir de se réjouir du moindre détail.

Sans révolutionner le genre, Cheval de bois, Cheval de vent est un conte à la portée du grand public, au ton et au graphisme idéaux pour ces fêtes de fin d’année. Comme à chaque volume issu de la collection des Enfants gâtés, un jeu proposé en fin d’album (dans ce cas, un jeu de l’oie) permet de prolonger la joie de la lecture. Une nouvelle réussite !

(par Charles-Louis Detournay)

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