Lyon BD 2017 : La bande dessinée, comme spectacle.

11 juin 2017 0 commentaire
  • Comment mettre en scène la bande dessinée, donner envie de la regarder, de la lire ? Tous les festivals essaient de résoudre cette équation et les spectacles vivants mettant le dessin en scène sont désormais présents dans ce genre de manifestation. Hier, sur la scène du théâtre Comédie Odéon à Lyon, deux expériences ont été menées par des artistes, dessinateurs et musiciens, avec une jolie réussite.

Quand un festival commence à prendre un peu d’importance –et c’est le cas de Lyon BD qui, depuis deux ans, monte en puissance- l’offre d’expositions et d’événements occupe désormais tout votre temps, pour ainsi dire jour et nuit. Si la rencontre avec les auteurs autour d’une dédicace est un moment toujours privilégié et fort, les « spectacles dessinés » sont devenus une autre occasion de découvrir une œuvre que l’on ne connaissait pas jusque là ou de découvrir sous un jour nouveau une personnalité que l’on croyait bien connaître, depuis longtemps.

La chose n’est pas nouvelle : dès le XIXe siècle, Caran d’Ache faisait des projections commentées en lanterne magique de l’épopée napoléonienne au Chat Noir de Montmartre et, plus près de nous Vaughn Bodé faisait de véritables shows, « hypnotiques » selon Moebius qui assista à l’un d’eux à Angoulême en 1975.

Lyon BD 2017 : La bande dessinée, comme spectacle.
Florence Cestac et Stephan Oliva en concert à Lyon : "Joue-moi du dessin et crayonne-moi du jazz"

Mais comment renouveler l’exercice avec ce qui ne resterait qu’une « dédicace en musique » ? La dessinatrice Florence Cestac et le musicien Stephan Oliva, avec « Comic Strip Blues » ont fait hier une jolie proposition dans ce sens. Florence avait préparé à l’avance un bon nombre de ses dessins. Et, alors qu’habituellement, ce genre de prestation met en scène un dessin qui se laisse porter, voire qui s’inspire de la musique, cette fois, celle-ci intervient ici comme une illustration du dessin, un peu comme une improvisation sur un film muet. Du reste, les rythmes étaient ceux d’un jazz trépidant, variations de fox-trot et de charleston, qui répondaient aux textes écrits au fur et à mesure par Florence Cestac. « Joue-moi du dessin et crayonne-moi du jazz » était la punchline d’un spectacle auquel on ne s’est pas ennuyé une seconde.

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On stage : Lisa Mandel, Lolita Séchan, Charles Berberian et Jean C. Denis.

La deuxième expérience n’était pas moins intéressante. « La bande dessinée à voix haute » était, selon l’aveu de son inspirateur, le dessinateur Charles Berberian, plus ou moins improvisé. «  Lolita Séchan n’a pas pu faire les répétitions, c’était une première pour elle  » explique-t-il. Cela n’a pas posé de problème : Berberian et Jean C. Denis (du groupe Denis’ Twist) avaient l’habitude de la scène.

Le dispositif consiste à mélanger des séquences de musique et de chants conduites par Jean C. Denis et Charles Berberian, et de dessins de Lisa Mandel et de Lolita Séchan où les quatre artistes s’exprimaient, avec des lectures de leurs œuvres. Non seulement, on a pu découvrir leur qualité de comédiens et de chanteurs : Lisa et Lolita étaient carrément exceptionnelles et on est restés charmés par les voix chaudes et envoûtantes du duo Denis-Berberian), mais, en plus, cette lecture, était ponctuée d’apartés où les artistes racontent leur histoire en expliquant leurs intentions. Cela donnait un éclairage inédit et passionnant sur l’œuvre présentée.

Je vous jure qu’en sortant de la salle (bondée), on n’avait envie que d’une chose : se ruer sur les ouvrages dont on venait de nous parler. Pari réussi, chapeau les artistes !

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Lecture à deux voix : Lisa Mandel et Charles Berberian.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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LYON BD FESTIVAL INTERNATIONAL
11 et 12 juin 2017
LYONBD.COM

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