Mic-mac à Angoulême - Gilles Ciment débarqué de la Cité de la BD

10 juin 2014 0 commentaire
  • Licencié? Pas licencié? Même [La Charente Libre->http://www.charentelibre.fr/2014/06/04/,1898852.php] que l'on a connue mieux renseignée en est réduite aux conjectures. Aux dernières nouvelles, le directeur de la Cité de la BD aurait reçu une lettre de son président, le sénateur Michel Boutant, pour lui signifier qu'il ne fait plus partie de la maison...

Pourtant, Michel Boutant lui-même annonçait à La Charente Libre le 27 juillet dernier, soit il y a près d’un an, que sa reconduction avait été prise "à une très large majorité" des treize membres du Conseil d’Administration, soulignant que "son bilan [plaidait] en sa faveur malgré des contraintes budgétaires serrées".

Effectivement, arrivé en 2007, Gilles Ciment a vraiment mis le nouveau musée sur les rails avec une extrême rigueur budgétaire et une parfaite transparence (les bilans figurent en clair sur le site de la Cité). On lui doit un certain nombre d’expositions marquantes soit en création originale comme 100 pour 100, Parodies, le Musée de Spiegelman, Nocturnes, souvent assorties d’un catalogue prestigieux, soit en association avec le FIBD au moment du Festival. Et effectivement, tant en terme de rayonnement qu’en nombre de visiteurs, le travail effectué par Gilles Ciment et son équipe est incontestable.

Mic-mac à Angoulême - Gilles Ciment débarqué de la Cité de la BD
Michel Boutant, président de la Cité de la BD

Hélas, pendant toute sa mandature, entre le Festival International de la Bande Dessinée et la Cité de la BD, cela a été la "lutte finale".. Entre Franck Bondoux, le patron de 9eArt+ et Gilles Ciment, les couteaux étaient en permanence tirés.

La reconduction de son contrat pour une nouvelle période de trois années se devait, dans l’esprit du sénateur Michel Boutant, président du conseil général de la Charente et également de la Cité de la BD, d’être accompagnée par une "paix des braves", La Charente Libre précisant en juillet dernier que "l’une des principales conditions de ce renouvellement [était] "de mettre en place un travail plus collaboratif avec le Festival de la BD". Un lettre de cadrage du 17 juin 2014 était imposée à Gilles Ciment, l’obligeant à collaborer avec le FIBD. Mais cette injonction était des plus floues et aucune des réunions entre les deux hommes n’aboutit à une réconciliation.

Cela n’a pourtant pas évité de concrétiser une expo Tardi sur la Première Guerre mondiale. Résultat de ces pressions permanentes : Gilles Ciment subit un burn out, précisément quelques jours avant l’ouverture du FIBD 2014. Pendant son absence, Bernard Rigaud, directeur général des services du Conseil Général attaché à Michel Boutant, assura la direction par une sorte d’intérim. Au retour de maladie de Gilles Ciment, le problème restait entier.

Or, chacun sait que dans toute collaboration, il faut être deux, et cela, le naïf sénateur pourtant au fait des mœurs guerrières (Michel Boutant est membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat), refusait de l’entendre. Il aurait pu sanctuariser la Cité, garantir son autonomie, laissant le FIBD œuvrer de son côté... Il a apparemment choisi de céder au FIBD en se séparant de son directeur.

Qui succèdera à Gilles Ciment ? Nul ne le sait aujourd’hui. Il est certain que son successeur héritera dans tous les cas d’une situation empoisonnée. Sans doute, le choix idéal serait un paisible fonctionnaire qui laissera le Festival International de la Bande Dessinée, une association de Loi 1901 ayant donné un mandat de dix ans à la société d’événement 9eArt+, faire ce qu’il veut de cet équipement payé avec les deniers du contribuable.

La "Paix des braves" est à ce prix...

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Gilles Ciment. Son mandat se termine...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

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