Moins qu’hier (plus que demain), une belle entrée en matière pour GlénAAARG

6 juin 2018 0 commentaire
  • A la lecture du premier album de la collection GlénAAARG, "Moins qu’hier (plus que demain)" de Fabcaro, les amateurs de bande dessinée humoristique ne peuvent qu’être enthousiastes : il est irrésistiblement drôle.

De la rencontre de deux passionnés qui n’en sont pas à leur coup d’essai, Pierrick Starsky, père de la revue AAARG !, et de l’éditeur Cédric Illand, est née la collection GlénAAARG chez les éditions Glénat. Si AAARG ! se voulait transversale avant de s’arrêter il y a un an tout juste, cette collection sera au contraire orientée vers l’humour pour adultes. Elle présentera des bandes dessinées de formats et de paginations divers, des histoires suivies ou d’une seule planche. Seule constante : faire rire. Si cette collection semble s’appuyer sur la notoriété de la revue, très parlante pour les connaisseurs, l’esprit en revanche n’est pas le même.

Devenu un incontournable de la bande dessinée humoristique, Fabcaro est l’auteur rêvé pour le lancement d’une telle collection. Ce Montpelliérain révélé en 2015 grâce à Zaï zaï zaï zaï (Grand prix de la critique, Prix Ouest France / Quai des bulles, Prix des libraires de bande dessinée, etc.) a fait du rire sa marque de fabrique et personnellement, nous on adore.

Auteur de Fluide glacial, il a succédé un temps à Gotlib sur Gai Luron. Il cite d’ailleurs souvent l’auteur de La Rubrique à Brac parmi ses influences. Hier héraut de maisons d’édition indépendantes comme 6 Pieds Sous Terre ou La Cafetière, il est aujourd’hui l’invité d’honneur de la collection puisque sur les trois œuvres inaugurales, deux portent sa signature : Jean-Louis et Moins qu’hier (plus que demain). Bonne opération pour Glénat.

Moins qu'hier (plus que demain), une belle entrée en matière pour GlénAAARG
© Glénat

Moins qu’hier (plus que demain) tient ses promesses. De petit format, à couverture rigide, c’est une histoire à gags. La couverture donne déjà le ton : une figurine de mariage trône au sommet d’un plat de spaghetti au lieu de l’habituelle pièce-montée, comme en écho à une réplique de la BD : “Je vous déclare unis par les liens d’un mariage précaire et conflictuel”. Ce mariage, c’est ce que Fabcaro se propose d’illustrer à sa manière en 60 pages qui mettent en scène autant de couples dysfonctionnels. Les strips se composent de cases presque identiques, suggérant l’immobilité, comme la monochromie des touches d’aquarelle qui relèvent son trait simple.

Le lecteur assidu de Fabcaro pourra déplorer une impression de déjà-vu : lorsque Nicolas achète de la macédoine, on ne peut s’empêcher de penser au livreur de macédoine de Et si l’amour c’était aimer ?. Quand Laetitia regrette que le pays qu’elle visite ne soit pas aussi pauvre qu’elle le pensait, ou que deux parents insistent pour que leur fille invite des minorités à son anniversaire, les personnages hypocrites de Zaï zaï zaï zaï viennent à l’esprit.

Et en même temps, ces récurrences constituent des sortes de running-gags qui parcourent toute l’œuvre. Fabcaro est passé maître dans l’art de rendre absurde l’évènement le plus banal de la vie quotidienne, alors qu’on pensait qu’il avait déjà rit de tout.

© Glénat

Si cette bande dessinée donne un bon départ à la collection, cette dernière annonce également des noms pour l’instant moins connus. Parmi eux, Jonathan Munoz, auteur du Dessein et de Godman et Laetitia Coryn, autrice de Paroles d’honneur avec Leïla Slimani. D’autres albums sont en préparation pour 2019.

(par Céline BERTIAUX)

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Moins qu’hier (plus que demain) - Par Fabcaro – GlénAAARG

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