Myriam Rak ("Mimi Stinguette") : « Devoir passer son temps à se justifier de ne pas être une sotte superficielle n’est pas à mes yeux une avancée vers l’égalité. »

7 septembre 2011 30 commentaires
  • Cela a été un petit phénomène de la rentrée : Chroniqué sur ActuaBD le 20 août dernier, [l’album de Myriam Rak, Mimi Stinguette->art12196] (La Boîte à Bulles, en librairie que le 15 septembre prochain) a fait l’objet de plus d’une centaine de réactions dans notre forum, le plus souvent négatives. Nous avons voulu donne la parole à cette auteure qui publie ici son premier livre.
Myriam Rak ("Mimi Stinguette") : « Devoir passer son temps à se justifier de ne pas être une sotte superficielle n'est pas à mes yeux une avancée vers l'égalité. »
"Mimi Stinguette : au naturel" par Myriam Rak
Ed. La Boîte à bulles

Comment avez-vous réussi à vous faire éditer par la Boîte à Bulles ?

Quand je ne dessine pas, je suis juriste en propriété intellectuelle spécialisée dans l’audiovisuel et en droit d’auteurs. Après plusieurs expériences dans la production de films d’animation et séries animées, je travaille depuis plusieurs années dans le cinéma. Pendant mes études, mon goût pour le dessin s’est principalement exprimé sur mes cours, tables et cahiers. Très vite, j’ai pris l’habitude de caricaturer mes amis et professeurs dans des mini BD que je faisais circuler plus ou moins discrètement en cours. Le personnage de Mimi Stinguette est né comme cela. C’est bien plus tard, bravant la timidité et la flemme, que j’ai ouvert le blog autour du personnage. Sans que je m’y attende, le nombre de connections quotidiennes s’est mis à sérieusement augmenter et le profil Facebook a rapidement atteint la limite des 5.000 amis autorisés. Quatre mois après l’ouverture, une galerie parisienne m’a proposé une exposition de mes illustrations. Six expositions plus tard, je fais aujourd’hui partie de la collection permanente de La Gallery Paris, spécialisée dans la BD et l’illustration.

Il y a quelques mois, dans un élan d’optimisme immodéré faisant suite à la proposition de La Gallery, j’ai décidé de monter un dossier et de l’envoyer à une dizaine de maisons d’édition dont j’apprécie les publications. La Boîte à bulles faisait partie de cette liste et je les ai contactés via le formulaire en ligne de leur site Internet. Quelques jours plus tard, j’ai reçu une réponse de leur part dans laquelle ils me disaient que malgré certaines craintes quant au dessin et à l’univers girly pour lequel ils n’avaient pas spécialement de sympathie, ils venaient de beaucoup rire en lisant le dossier envoyé et ils souhaitaient que l’on puisse discuter du projet et du personnage. Je suis restée quelques minutes à lire et relire cet email, sans y croire, à fixer mon écran d’ordinateur comme si je venais d’en tomber amoureuse.

"Mimi Stinguette : au naturel" par Myriam Rak
(C) La Boîte à bulles

Vous êtes ce qu’on appelle une "bloggeuse". Comment vous est venue cette occupation ?

À force de rencontres lors d’expositions, séances de dédicaces ou évènements, je me suis effectivement créé ma "bande" de bloggeuses, que je croise toujours avec plaisir. Cependant, je ne me sens que peu appartenir à la blogosphère et je continue à privilégier les rendez-vous "dans la vraie vie" quand le courant passe. La première fois que je me suis réellement sentie bloggeuse, c’était à l’occasion de ma nomination aux Golden Blog Awards 2010 organisés par la Mairie de Paris dans les Palais de l’Hôtel de Ville. Grâce aux votes du public sur Internet, mon blog est arrivé en deuxième position parmi tous les blogs BD, donc j’y ai été invitée. C’était vraiment drôle et décalé ce rassemblement de bloggeurs de tous horizons, avec nos pseudos sur nos badges sous les dorures de l’Hôtel de Ville de Paris.

Vous êtes juriste. Est-ce que cette activité est compatible, en terme de temps mais aussi d’image par rapport à vos collègues, vos clients ?

J’ai la chance d’exercer mon métier dans un secteur artistique et créatif au sein duquel cette activité est très bien perçue et appréciée. Tout le monde ne connait pas son existence, car je n’en parle pas spontanément ,mais je ne la cache pas non plus. Les gens avec qui je travaille savent bien quelles sont mes priorités et constatent que jamais l’activité de mon blog ne s’est faite au détriment de mon métier, qui me passionne. Cela dit, mon activité étant très prenante et le rythme soutenu, je dois bien avouer que depuis Mimi Stinguette, je dors peu.

La polémique autour de cet ouvrage vous a-t-elle surprise ?

Je suis parfaitement consciente des débats de fond relatifs à la difficulté de vivre de sa qualité d’auteur, et je suis la première à déplorer que tout bon groupe de musique n’ait pas la chance d’enregistrer un album, que tous les jeunes réalisateurs talentueux ne puissent pas voir leur film projeté en salle ou que tous les illustrateurs dont j’admire le travail et le talent n’aient pas la chance de pouvoir sortir une BD ou un livre. Cependant, l’impression à travers les réactions que soudain, tout ce dysfonctionnement regrettable du système était dû à la sortie de mon livre d’illustration m’a réellement surprise. Je comprends les arguments de chacun mais je regrette que la forme desserve le fond dans les discours que j’ai pu lire. Je pense que s’acharner avec aussi peu de proportion et de retenue sur cette sortie en librairie discrédite le propos. Tous les points de vue qui m’ont été soumis, je suis à-même de les entendre, mais il ne me semble pas que cela justifie une telle virulence et un tel manque de respect.

Mais ce qui m’a surprise avant tout, c’est que toute cette polémique soit intervenue avant la sortie du livre, alors que personne ne l’avait encore vu, lu, ni même juste eu entre les mains. C’est un concept original, la critique de livre non basée sur le livre en lui-même.

Quelle image vous donne le "monde de la BD", suite à cela ?

J’ai travaillé deux ans dans le monde de la BD et de la production audiovisuelle de films et séries d’animation – en tant que juriste, s’il était besoin de le préciser – et mon image de ce secteur ne va pas changer à cause de quelques messages désagréables. Enfin si, un détail : maintenant, je me dis que finalement, on est quand même cool au juridique (rires).

Myriam Rak
Photo : DR

On vous reproche principalement un graphisme simpliste, un lettrage fait sur photoshop... Vous êtes une autodidacte du dessin ?

Effectivement, mais je pense que plus handicapant encore qu’être une autodidacte du dessin, je suis surtout une sacrée nullité en technique (Scans, Photoshop,...) et je reste convaincue que cela joue énormément. Je n’ai aucune prétention en technique de dessin et j’accepte volontiers les critiques sur mes lacunes. Simplement, je me dis que si les lecteurs apprécient mon style depuis presque trois ans, que les illustrations se vendent en galerie et que les critiques BD ont été jusqu’à maintenant élogieuses (je fais notamment référence à l’article particulièrement flatteur écrit par le rédacteur en chef de dBD Mag dans le dernier numéro du magazine), c’est peut-être aussi parce que je n’ai pas tant à rougir que ça de mes illustrations.

L’autre reproche global que l’on peut lire, c’est que vous renvoyez une image de la femme "superficielle" "gourdasse", du genre de celles qui lisent Voici ou Closer, ne s’intéressant qu’au rouge à ongle et aux recettes de cuisine, que la BD "guirly" (que vous faites, semble-t-il) est un produit marqueté à mort sur lequel s’est jeté votre éditeur opportuniste et avide de fric. Qu’en pensez-vous ?

"Mimi Stinguette : au naturel" par Myriam Rak
(C) La Boîte à bulles

Bien au contraire, je fais passer les femmes pour des personnes disposant d’un recul et d’une autodérision suffisante pour en rire quand elles ont un petit côté sottes et superficielles. Une femme peut avoir fait polytechnique, elle a le droit de se laisser avoir par un panneau publicitaire et hésiter pendant deux heures entre deux couleurs de bottes. Y faire un clin d’œil n’est pas forcément diminuer toutes les qualités annexes qu’elle possède. En tous cas, pas de mon point de vue. Personnellement, je suis fan de philosophie et de littérature, j’ai poursuivi mes études aussi loin que possible et j’ai passé mon adolescence dans des musées et expositions plutôt qu’en boîte et pourtant, oui, je peux considérer un choix de couleurs de vernis à ongles comme une question existentielle dans ma journée. Je ne suis pas persuadée que le fait de l’assumer ne fait pas justement partie de la lutte contre les idées reçues sur les femmes. Devoir passer son temps à se justifier de ne strictement jamais être une sotte superficielle n’est pas à mes yeux une avancée vers l’égalité.

En ce qui concerne mes éditeurs, je souhaite avant toute chose souligner l’amusante contradiction dans les reproches qui leur sont faits : dans les mêmes commentaires, à quelques lignes d’écart, d’un côté, on accuse La Boîte à bulles d’être des opportunistes avides d’argent et de ventes faciles, et d’un autre, on qualifie mon livre (que personne n’a ni lu ni vu, je le rappelle) d’invendable et à peine regardable. Il y a donc quelque chose qui m’échappe dans leur stratégie marketing…

Plus sérieusement, cette parenthèse refermée, je trouve incroyable qu’une personne comme Vincent Henry, qui travaille par passion bénévolement depuis des années dans la société qu’il a crée en parallèle de son activité professionnelle, puisse être présenté comme un éditeur peu scrupuleux avide d’argent facile. Je pense que si tel était le cas, il opterait pour des activités bien plus sûres et plus lucratives que de se consacrer autant de temps, d’énergie et d’argent à éditer de jeunes auteurs de BD. Que certains auteurs ou internautes expriment leur opinion sur un choix qui leur parait hasardeux me semble normal, mais que ceux-ci se permettent d’attribuer ces décisions – présumées mauvaises – à des raisons aussi dévalorisantes me semble beaucoup plus dur à accepter. Pour avoir eu la chance de voir Vincent travailler et s’investir dans ce qu’il a créé de toute pièce, je trouve cela en décalage le plus total avec son personnage.

Tanxxx, sur son blog, écrit : "C’est quoi, cette putain de mode de publier n’importe quelle débile qui a appris à dessiner y’a deux jours entre deux macarons ? C’est quoi cette manie de vouloir à tout prix SA pétasse qui n’a rien à dire de plus que hihihi c’est tro chanmé j’ai des louboutins ? » Dans un forum sur ActuaBD, elle vous refuse le statut d’auteur. Cela vous inspire quoi ?

Chacun est absolument libre de penser ce qu’il veut de mes illustrations et je suis attentive à toute critique constructive, notamment les opinions exprimées ici. Cependant, ce qui m’interpelle encore une fois, c’est que ce sont là toujours des propos ayant été avancés avant même d’avoir eu le livre entre les mains.

Et en réponse à cette non-attribution du statut d’auteur par Tanxxx, je propose juste d’énoncer la définition que nous donne le Code de la Propriété Intellectuelle, base absolue de la protection des auteurs, de leurs œuvres et de leurs droits. Ce dernier qualifie d’auteur tout créateur d’une œuvre de l’esprit, quelque soit son genre, mérite, destination ou forme d’expression dès lors qu’elle est considérée comme originale, c’est-à-dire qu’y transparait la personnalité de son créateur. Et aussi irritante que ma personnalité puisse être aux yeux de Tanxxx, le fait justement que celle-ci apparaisse à travers chacun de mes dessins me confère légalement le statut d’auteur. Ce n’est pas un joli paradoxe, ça ? Quand je vous disais qu’on était cool, au juridique.

Propos recueillis par Didier Pasamonik

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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30 Messages :
  • eh bien moi ça m’a donné envie d’acheter l’album !

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    • Répondu par Miko le 9 décembre 2011 à  15:35 :

      Bravo Mimi Stinguette, ne te laisse pas faire par les jalouses !!!!

      Trop Top ton livre, je l’ai lu avec beaucoup de plaisir.

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  • Je me demande comment Mimi Stinguette est sortie du bois en 4 mois seulement et 5000 fans Faceb**k ?

    Aujourd’hui si je crée un blog, en tant que parfait inconnu, il est très difficile de sortir de la masse (ne serait-ce qu’avoir un minimum de visibilité).

    Comment a-t-elle fait ?

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    • Répondu le 7 septembre 2011 à  14:03 :

      En fait cela tient à la différence entre les bons artistes et les autres.

      Les premiers cherchent à innover et par conséquent s’opposent à tout ce qui est établi. Ils expérimentent, prennent des risques, cherchent à faire évoluer les choses, bref, ils ont de l’ambition et cela demande du temps, des efforts et de la persévérance.

      Les autres, à l’inverse, se complaisent dans ce qui est déjà établi. Au lieu de se créer leur propre public, ils surfent sur une vague que d’autres, plus talentueux, ont lancé. Ils ne méritent pas moins le titre d’artiste, mais ce ne sont sûrement pas eux que l’histoire retiendra.

      Les uns taillent leur chemin comme ils peuvent dans une jungle sauvage, les autres se contentent de suivre les chemins balisés...

      Il en était de même, du temps où Van Gogh et les impressionnistes connaissaient la disette, tandis que d’autres s’enrichissaient en faisant des aquarelles des grand-mère...

      Bref, le talent est une malédiction, mais c’est peut-être dans la souffrance et l’adversité qu’il trouve son salut.

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      • Répondu le 8 septembre 2011 à  23:34 :

        "la différence entre les bons artistes et les autres", drôle de formule...
        Ceci dit, contrairement aux idées reçues, il y a eu très, très peu d’artistes reconnus qui n’ont pas reçu de leur vivant et en général très vite, un succès colossal, à la hauteur de leur talent.

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        • Répondu le 10 septembre 2011 à  02:11 :

          Alors ça c’est faux, révisez votre histoire de l’art, et nombre de grands écrivains ont dû s’auto-éditer au départ.

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  • psychologie inversée, criminalisation des avis négatifs, railleries organisées, raisonnement "raisonneux" pour paraître sérieux et admissible, toute la panoplie de la propagande y est, n’en jetez plus. Tout ceci est éventé, les Ben Ali en carton-pâte de l’édition n’ont visiblement pas compris cet adage : "on peut tromper une partie du peuple tout le temps, on peut tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peux tromper tout le monde tout le temps."

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  • Ce serait drôle que dans 200 ans on se souvienne de cet album comme de l’oeuvre précurseur d’un style nouveau que tout le monde détestait à l’époque, comme ça a été le cas avec l’impressionnisme à ses débuts.

    Oui c’est pas du De Vinci mais bon, c’est de l’art et tant que ça communique il ne faut rien de plus.

    Quand on voit qu’on vend des chiottes en porcelaine des millions sous prétexte que c’est de l’art, je ne vois pas ce qu’on reproche à cet album.

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    • Répondu par Marie Meier le 7 septembre 2011 à  19:41 :

      Honnêtement j’espère que vous êtes meilleure au barreau qu’en BD... Ce n’est pas parce que le public vote pour vous que vous êtes estampillée dessinatrice. Si c’était le cas tous les gagnants de star academy et de la nouvelle star seraient aujourd’hui des chanteurs. Et je rejoins Tanxxx sur plusieurs points. J’ajoute que comme elle je trouve que cette chick lit abêtissante dans laquelle s’inscrit votre propos donne du grain à moudre à l’anti féminisme. Certes c’est une mode mais ça ne fait pas du bien à l’image de la femme qui passe pour une cruche superficielle. Navrants propos quand on découvre que vous êtes dans le monde de la justice. N’est pas Halimi qui veut n’est ce pas.. N’y voyez aucune jalousie, d’une part parce que je ne fais pas de BD, de l’autre parce que franchement mon propos est tellement différent du votre que nous ne sommes pas du même monde. Par contre vue votre CV vous cautionnerez mon droit à la liberté d’expression.

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  • Au lieu de répondre par des pirouettes de juriste de "propriété intellectuelle", Myriam Rak ferait mieux de répondre plus sur un plan artistique. Là elle nous démontre sa "sottise" par rapport à la connaissance du dessin.Elle se dit autodidacte, Reiser l’était aussi mais en mieux !
    Je me demande si elle a vu plus de textes de lois que de dessins, de bout de films passer sous ses yeux quand elle travaillait dans le "milieu" culturel de l’audiovisuel-édition etc...
    Au moins, elle a su lire en détail son contrat ... c’est une chose positive pour cette juriste.
    La réponse que Myriam fait à Tanxxx... absurde et sotte. Pirouette et badaboum ! Dessiner ce n’est pas pratiquer du droit.

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    • Répondu le 8 septembre 2011 à  23:39 :

      En même temps, les attaques de tanxxx étaient à la fois ridicules et déplacées. difficile de répondre mieux.

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  • Faire comme si la remarque de Tanxx était une question juridique ? Non mais vous nous prenez pour des truffes ? Mickal Vendetta est-il un écrivain ? Cindy Sanders est-elle une chanteuse ? Légalement oui. Et autant que cette jeune femme est auteur. Mais franchement...
    Etre auteur nécessite entre autre un minimum d’analyse de ce que l’on fait (est-ce bon ? Que puis-je améliorer ? Comment ? etc)

    Concernant le fait qu’on ne pourrait pas avoir un avis sur le livre parce qu’il n’est pas sorti : il y a six "planches" qui sont exposées sur le site de la BaB, en toute logique, les meilleures. Elles sont consternantes et elles sont tirées du blog (donc tout indique que rien ne différencie le livre du blog)

    Ce blog renvoie une image stupide des femmes, mais je me garderais bien de dire que son auteur l’est. Elle fait même preuve d’un grand savoir-faire commercial. Aller chercher un public, rassembler 5000 personnes sur facebook, ça demade des qualités, mais sont-ce des qualités d’auteur ? La tâche de faire se rencontrer l’ouvrage et son public revient normalement à l’éditeur. Une tache qu’il remplit de moins en moins, laissant les livres vivre (et le plus souvent mourrir) sans accompagnement. Un ouvrage ou ce job a déja été fait, c’est du pain béni pour l’éditeur. Peu importe la misérabilité de l’ouvrage, l’éditeur n’y perd qu’un bout de son honneur. Et beaucoup de gens pensaient que la boite à bulles était trop attachée à son honneur pour tomber la dedans (on avait tort).

    Mlle Rak, vous avez visiblement un bon sens du relationnel, une bonne efficacité pour activer des réseaux et le culot qu’il faut à un bon commercial. Pourquoi voulez vous être auteur de BD ? (Désolé, hein. Je viens de parcourir un an de votre blog, pas la moindre trace de progrès). Pourquoi ne pas mettre vos qualités au service d’une tâche ou elle seraient plus adéquates ?

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    • Répondu par Sam le 8 septembre 2011 à  14:52 :

      Ce message est tout simplement parfait j’aurais voulu l’écrire moi même tant il reflète exactement ce que je pense.
      Du coup dirai simplement merci de m’avoir ôtés les mots ...

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  • Toute cette affaire, cette interview y comprise, est assez surréaliste tout de même. Sait on à combien a été tiré l’ouvrage ?

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    • Répondu par Jacques le 13 septembre 2011 à  19:01 :

      1500 exemplaires. Pas de quoi fouetter un chat.

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  • Si on ne peut pas enlever à Myriam Rak son statut d’auteur comme le prévoit la loi, on peut par contre lui refuser le titre d’artiste, au vu de ses productions. Quand à parler de livre d’illustrations et d’humour frais pour son blog, que j’ai entièrement lu, je ne peux pas être d’accord, désolée... C’est super pour un blog, et c’est dommage que ça tombe sur elle, elle n’est pas vraiment en cause : le ras-le-bol va plutôt à l’encontre des éditeurs, visiblement prêts à éditer et vendre des "éditions de blog" de qualité très médiocre.

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  • "Devoir passer son temps à se justifier de ne pas être une sotte superficielle n’est pas à mes yeux une avancée vers l’égalité."
    Ne montrer QUE son côté "sotte superficielle" non plus. C’est même là qu’est le grand recul, puisque l’éditeur et les journalistes qui parlent de ce bouquin associent directement cela à la féminité.

    Quant aux "difficulté techniques" : le dessin, c’est aussi de l’artisanat et un savoir faire ... technique. Ici, je vois la typo et l’utilisation de Photoshop comme des énormes fautes de goûts plutôt que comme de simples lacunes.

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    • Répondu par Henri le 7 septembre 2011 à  21:48 :

      C’est drôle, plus je vois de posts contre ce bouquin, plus je le trouve sympathique. De toute façon, après avoir lu autant d’avis négatifs, est-il possible, objectivement, de découvrir des dessins d’humour sans a-priori ??? Pour cela, il faut un moment calme, le livre imprimé, etc.
      Passez à autre chose, si certaines personnes y prennent plaisir, qui êtes-vous pour les condamner ???

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      • Répondu par Lou le 7 septembre 2011 à  22:30 :

        Condamner ?! Ah non, moi je fais pas dans le juridique.

        Bon, sans rire : j’ai pu me faire mon avis sur les dessins de Myriam Rak (les DESSINS, pas le LIVRE) avant la polémique, qui n’y a d’ailleurs rien changé.

        Quant à la fameuse question "qui êtes-vous pour critiquer" ... Je dirais : qui sont ces gens qui disent aimer Mimi Stinguette ? Ont-ils la moindre légitimité pour donner comme ça leur avis, et pire encore, les raisons de leur appréciation ?!
        Rendre un travail public = prendre le risque d’être critiqué. En bien ou en mal.

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        • Répondu par Oncle Francois le 7 septembre 2011 à  23:02 :

          Amusant ! Il y a quelques années, il suffisait de pondre une BD autobiographique d’un trait dans l’air du temps (rapide et spontané, donc) et au propos nombriliste ou à l’affut du quotidien pour se faire encenser. On sait ce qu’il est advenu de cette mode funeste (problèmes financiers de ses hérauts les plus marquants, Requins-Marteaux et l’Asso, pour commencer ; par charité, j’évite de citer les moins connus qui ont fortement réduit leurs publications. Le public en a marre, les commentaires de protestations se multiplient ici comme sur d’autres sites, la mévente guette, les libraires deviennent méfiants...

          Et dès maintenant, on se rend compte que ce qui apparaissait comme la nouvelle panacée, la BD "blog girlie" (genre créé par Bagieux et Mottin, dessinatrices au trait sympa non dénuées d’humour. Le problèmes c’est que beaucoup ont essayé de marcher dans leurs travées)suscite quasiment autant d’hostilités.

          Bon, on verra ce que l’on en dira dans dix ans. Pour l’instant, je m’abstiens d’acheter...car la lecture du blog gratuit me suffit plus que largement (en fait, je n’ai même pas le temps de tout lire !!)

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  • Bien triste constat que ce qui ce passe ici.
    L’excitation collective donne le courage aux plus timorés d’aboyer à leur tour. Quelques personnes affichent ouvertement leurs désapprobation mais la majorité se cache dans la foule, derrière des pseudonymes qui ne disent rien ou des noms qui n’en disent pas davantage. Chacun y va de sa pierre pour lapider sans trop savoir au bout d’un moment qui et pourquoi. Il y a des mots qui blessent parfois bien plus durablement qu’un coup (c’est tellement classique qu’on croit que c’est puéril de le dire). L’événement autour de la publication de ce bouquin prend des proportions similaires à celui d’un lynchage sur la place publique. On est sur internet, la nuance est faible. La nature humaine est malheureusement enclin à casser, injurier, dénigrer, attaquer, maudire. Les commentaires qui fleurissent sur la toile le montrent bien trop souvent. Les visiteurs d’Actua BD ne font pas l’exception. Ne faut-il pas à un moment donné garder une certaine mesure entre l’affront et la condamnation ? Myriam Rak et son titre méritent t-ils autant d’invectives ? Les premiers commentaires qui montraient un réel mécontentement ne suffisaient-ils pas ? La parole d’un individu ne peut pas être déconnectée de celles des autres et il est impossible sur un tel forum de faire comme si on était le premier à parler. Ce bien triste buzz fait penser à une cours de récréation, mais elle n’est pas amusante.

    Le débat soulevé par ce titre est évidement pertinent. Les questions relatives à la vision de la femme dans les médias, au droit à la critique, à l’exposition médiatique, à la dérive des phénomènes de modes, à la surproduction en bande dessinée, au travail des directeurs artistiques, à la qualité artistique d’une œuvre, à la notion d’auteur, sont à débattre, sont à faire avancer. Je partage même, je dois le dire, beaucoup des idées exprimées depuis le début contre ce livre. Chacun à bien entendu le droit de s’exprimer mais cette liberté doit être l’expression d’une pensée, d’un opinion, d’une idée et ne doit pas être là pour détruire l’autre. Ce sont les limites de la liberté d’expression prévu par la loi en tous cas. Il ne faut pas confondre liberté d’expression avec liberté à l’injure. Mon commentaire à des air de vieux donneur de leçon, de triste rabat-joie, mais comment faire autrement pour dire que c’est gonflant ? J’espère naïvement qu’il sera le dernier de cette longue liste, j’ai peu d’espoir. Certains voudront encore se justifier, mais ne serait-il pas temps de commencer à se taire et de poursuivre le débat ailleurs ?

    Cordialement.

    Daniel Blancou

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  • "les critiques BD ont été jusqu’à maintenant élogieuses"...
    ha oui tiens, alors c’est que j’ai du mal comprendre celle-ci (http://www.bd-sanctuary.com/fiche_serie_critiques.php?id=7081&type=staff_volumes)
    je gage que ce sera la première d’une longue série de ce type.

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  • je ne suis pas toujours (pas souvent) d’accord avec monsieur Pasamonik, mais je dois reconnaître qu’il y a quelque chose d’assez suréaliste dans les réactions à la publication de ce livre.
    Mimi Stinguette est un livre destiné à une niche, dont on peut juste s’étonner de sa présence dans le catalogue de la boîte à bulle parce qu’il semble très éloigné de sa ligne éditoriale.
    Pour le reste, pour ce que je peux en voir, cela n’a pas l’air d’être ni très original, ni très abouti. Mais on s’en fout un peu, non ? Sinon, il y aurait de quoi nourrir des polémique similaires chaque mois. On trouvera toujours 1 ou 2 livres pour lancer la machine à râler. La pauvre Myriam Rak a eu la malchance de faire de la bd girly, sous-genre un peu neuf en bd, et qui irrite en général.
    Mais en quoi Mimi Stinguette est plus avilissante pour l’image de la femme que des séries comme les profs, les footeux ou une palette d’autres ne le sont pour les hommes ? Ils y sont aussi ramenés à des stéréotypes peu glorieux.
    Lui dénier le statut d’artiste... ce serait dire que tous les auteurs de bande dessinée sont des artistes SAUF elle. Mais le premier reproche fait à la scène alternative est que ses auteurs se prendraient pour des artistes, et que c’est mâââl. Que la bande dessinée n’est pas un art mais un divertissement et qu’il faut arrêter de se prendre la tête. ET les mêmes qui tiennent se discours proclament subitement l’inverse ? Faudrait savoir.
    En tout cas, Mimi Stinguette est l’album dont on parle le plus dans cette rentrée. Les autres, les vrais auteurs, les artistes, aimeraient peut-être bien exister dans ce vacarme sur un album qui ne mérite pas tout le bruit qu’on fait autour.

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    • Répondu par Ganguro le 8 septembre 2011 à  14:39 :

      Il est quand même navrant de voir Van Gogh comparé à un blog qui n’avait pas besoin de sortir de sa sphère pour exister. Ce relativisme utilisé en raisonnement logique a le don de me donner des boutons...
      Oui, il n’y a pas besoin d’être un brillant artiste qui dès son premier jet invente de nouveaux codes pour être édité. Mais il n’y a rien de pertinent à éditer cet énième blog sur un sujet qui - je l’espère - sera bientôt essoufflé.
      Il y a une distinction à faire entre la liberté d’expression (droit que je ne remets pas en question) et une certaine qualité visuelle qui justifie l’impression de l’ouvrage.

      Peut-être que je défends une vision étriquée et vieillotte de l’édition, mais chacun peu avoir son quart d’heure de gloire sur internet, sans avoir besoin d’apporter sa contribution à un univers déjà bien nauséabond. Pour Mireille comme les autres d’ailleurs.

      Vous serez heureux d’apprendre que le divertissement n’est pas nécessairement vecteur de médiocrité artistique. Enfin, jusqu’à il y a peu.

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      • Répondu par Guerlain le 8 septembre 2011 à  16:55 :

        a-t-on déjà calculé l’empreinte carbone de Mimi Stinguette et exigé que la boîte à bulle ne la compense ?
        Devrait-elle replanter des arbres pour remplacer ceux qui ont été abattus pour imprimer ses albums ?

        Il y a une distinction à faire entre la liberté d’expression (droit que je ne remets pas en question) et une certaine qualité visuelle qui justifie l’impression de l’ouvrage.

        mais comment définir la qualité visuelle minimale qui justifie l’impression d’un ouvrage ? Il faudrait soumettre les projets d’albums au vote d’une assemblée de sages ? Mais comment les sélectionner ? Sur vote d’une assemblée de sages ? Et une autre assemblée de sages les contrôleraientpour éviter les abus ?
        Si on se pose la question de la pertinence d’éditer tel ou tel livre, on n’éditerait plus grand chose. Personnellement, il y aurait des tas de livres pour lesquels je me pose sincèrement la question de leur pertinence. Mais ces livres ne s’addressent pas à moi, en tant que lecteur, alors pourquoi je me ferais du mal ?

        Il est quand même navrant de voir Van Gogh comparé à un blog qui n’avait pas besoin de sortir de sa sphère pour exister

        Il serait probablement tout aussi navrant de comparer Van Gogh à 99% des auteurs de bande dessinée, qui n’ont pas besoin de sortir de leur shère pour exister.

        Vous serez heureux d’apprendre que le divertissement n’est pas nécessairement vecteur de médiocrité artistique. Enfin, jusqu’à il y a peu.

        j’en suis tout abasourdi. J’étais intimement persuadé que le divertissement était invariablement vulgaire.

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  • Dans le "gag" où la fille se met du rimmel, le bras est totalement désolidarisé du corps, l’épaule est en arrière, le bras part en arrière à la verticale alors que l’avant-bras est plus loin mais à la verticale aussi. Où se trouve le coude alors ? Voilà qui est complètement raté, anatomiquement impossible, si l’auteur avait fait l’effort d’essayer de dessiner le bras complet, elle aurait vu son erreur (de débutant) et aurait pu rectifier. C’est aussi le travail de l’éditeur de veiller à ça, ça ne passe pas ces approximations.

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    • Répondu par Guerlain le 9 septembre 2011 à  10:23 :

      Les problèmes d’anatomie sont aussi présents dans pas mal de bandes dessinées. Ils sont parfois mien dissimulés, mais prêtez la même attention à beaucoup de titres actuels et vous trouverez des erreurs.

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      • Répondu par Lou le 9 septembre 2011 à  13:28 :

        Bien dissimuler ses faiblesses, ou mieux : apprendre à en faire une force ... Pour moi c’est là qu’on peut voir une différence entre "bon et mauvais artistes".
        Ce n’est pas ce que je vois ici. Une erreur comme ça, c’est juste foireux, pas "l’expression d’une jolie naïveté". On sent tout de même quelque chose dans le dessin de Myriam Rak : une certaine volonté de faire quelque chose de "juste et joli". Caramba ...

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        • Répondu par Maidy Ab le 13 septembre 2011 à  15:45 :

          L’argument sur la non-publication du livre relève d’une mauvaise foi détestable. Il parait évident à tous que le contenu d’un livre issu d’un blog est du même acabit que le dit blog...

          Et encore une fois, le manque de qualité du blog/livre n’est pas du à son style "girly" mais à la mauvaise exécution des dessins que ce soit les proportions ou la mise en forme, au manque de recherche dans les thèmes abordés pompés pour la plupart chez d’autres auteures plus talentueuses.
          L’excuse du second degré...bah ah, je me marre tiens !

          Enfin pour ma part, je ne dénonce pas Myriam elle même qui comme la plupart de nous, est une douce rêveuse en quête de reconnaissance, mais ceux qui veulent à tout prix nous la vendre comme un nouveau talent. Ne nous foutons pas du monde, s’il vous plait.

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      • Répondu par junky joe le 20 septembre 2011 à  14:11 :

        "Les problèmes d’anatomie sont aussi présents dans pas mal de bandes dessinées"...
        Mais on n’en fait pas des couvertures !!!
        Ici,le "ratage" est assumé,revendiqué !!
        L’auteur et l’editeur nous avouent ainsi(restons dans le champ lexical juridique),leur allegeance a la "societe du spectacle"vue par Guy Debord.Une société basée sur le paraitre,sur l’image.En l’occurence,dans le domaine de la BD,sur "l’image de l’image"...Leur message est clair,ils s’en foutent de l’art et la maniere !!!
        L’important,c’est le produit.L’important,c’est de profiter d’une vague,d’une mode(a la fois les blogs en passe de respectabilité par le biais de l’edition,et le style "girlie"),dans la recherche du profit,pecunier pour l’editeur,de la reconnaissance pour l’"auteure"(toujours au sens juridique...).C’est une gifle a tous les artistes,tels que Tanxxx,dont je ne comprends que trop la colere.C’est un déni total du travail des artistes.Heureusement,ca restera un epiphenomene,il n’en reste pas moins necessaire de denoncer ce type d’escroquerie,a la fois artistique et intellectuelle,dont le but,par le biais du matraquage d’images"innervantes"(pub,cinema,videoclip...et helas maintenant,BD...),n’est ni plus ni moins que de nous transformer en consommateurs décérébrés.

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