Noir Métal , au coeur de Metaleurop - par Loyer & Bétaucourt - Delcourt

20 avril 2006 0 commentaire
  • Distrayante et ludique, la bande dessinée est aussi parfois informative et militante. {Noir Métal} s'inscrit dans la lignée de ces "BD-reportages", témoins de l'Histoire.

En janvier 2003, l’usine Metaleurop est mise en liquidation judiciaire. La fermeture laisse 830 employées sur le carreau. Mais derrière ce drame économique et social, se cache un scandale écologique et sanitaire. Deux journalistes mènent l’enquête...

Noir Métal, c’est avant tout une histoire de rencontres. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Loyer et Xavier Bétaucourt se mettent en scène dans l’album. Nordistes tous les deux, ils affichent et assument sans complexe leur subjectivité. Touchés par le drame humain, les auteurs prennent clairement parti, mais ne tombent pas pour autant dans un misérabilisme de circonstance. Témoignages, visites et anecdotes se succèdent et cherchent à replacer l’homme au centre de la tragédie. La réalité devient effarante lorsque la survie se paie au prix d’un empoisonnement au plomb. Elle devient pathétique lorsque l’hypocrisie générale et l’attitude ambivalente des ouvriers prédominent. Par souci de clarté (?), les auteurs édulcorent certains faits pour les reléguer en annexe. Du coup, on en apprend plus dans les commentaires de fin de livre que dans les pages de l’album.

Noir Métal , au coeur de Metaleurop - par Loyer & Bétaucourt - Delcourt
L’usine de Metaleurop
© Bétancourt/Loyer/Delcourt

L’attachante naïveté du dessin de Jean-Luc Loyer adoucit le côté dramatique du sujet. Il en est de même des couleurs. Malgré la simplicité du graphisme, l’émotion émerge au détour de certaines scènes (le bar, la pêche...).
Bien sûr avec Noir Métal, on pense aux mauvaises gens de Davodeau ou aux ouvrages de Sacco ou de Squarzoni. Dans ces cas-là, la bande dessinée s’approche plus du documentaire que de la fiction.

(par Laurent Boileau)

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