Oldman T4 - Par Chang Sheng - Kotoji éditions

3 août 2017 0 commentaire
  • Tombée de rideau pour le vieux magicien et son assistance dans cet ultime affrontement contre la reine qui ne vieillit pas. Une série intéressante à suivre mais à qui il aura manqué un petit quelque chose pour pleinement s’épanouir.

Après avoir terminé et refermé ce quatrième et dernier tome, nous sommes restés sur notre faim. Sans doute parce que Chang Sheng n’a jamais bien établi s’il visait la fable ou le récit d’aventure : Oldman se trouve à une croisée des chemins qui ne lui réussit pas totalement.

Mais reprenons là nous en étions, à savoir la fuite de notre troupe de héros hors de la capitale. Après avoir réussi à échapper aux soldats et vaincu le bras armé de la reine, Oldman et Rebecca se font tout de même capturer car leur plan a été dévoilé par un traître.

Cependant, ce n’est pas tout à fait le fruit du hasard : ceci faisait bien entendu partie du plan d’Oldman qui cherchait à réunir les conditions nécessaires pour se retrouver seul à seul avec la reine. Pendant ce temps, ses deux autres compagnons s’infiltraient dans le palais pour les rejoindre et participer à l’acte final de cette drôle de représentation.

La série aura ainsi alterné le passionnant et le convenu : d’un côté les tomes un et trois, qui nous auront proposé une étrange et déroutante équipe, puis un duel fort réussi entre Rebecca et sa Némésis et, de l’autre, les tomes deux et quatre centrés sur l’intrigue d’Oldman, que nous auront fait passer d’un récit d’illusionniste à une fable avec un pouvoir mystérieux et tout puissant, véritable Deus Ex Machina pour résoudre et conclure l’histoire, assez mollement à notre sens.

Oldman T4 - Par Chang Sheng - Kotoji éditions
©OLDMAN/Chang Sheng/Tong Li Publishing

La parabole de la fable se révélant moins intéressante que cette idée de troupe hétéroclite, il est dommage que cette dernière se retrouve mise de côté dans l’acte final en faveur d’une confrontation entre Oldman et la reine qui, sans manquer de poésie, demeure bien plus convenue.

Comme évoqué dans notre précédente chronique, c’est le mélange de deux récits distincts, les « aventures » de la troupe et la « fable », qui semble ne pas prendre dans Oldman et qui nous laisse par conséquent avec un sentiment mitigé.

Reste un dessin plutôt joli et un peu rectiligne mais à l’aise dans l’action et l’émotion grâce à une bonne maîtrise anatomique et des visages expressifs qui se déforment sous le coup de l’émotion, ainsi qu’une belle brochette de personnages, étranges et décalés qui ont su capter l’intérêt du lecteur.

Une jolie œuvre donc, à la lecture plaisante et proposant plusieurs séquences très réussies, mais qui aura manqué d’un liant plus travaillé afin de donner davantage de corps à une fable un peu trop simple dans son dernier acte.

©OLDMAN/Chang Sheng/Tong Li Publishing

(par Guillaume Boutet)

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Oldman T4. Par Chang Sheng. Traduction Baptiste Gaussen. Kotoji éditions, collection "Asian District". Sortie le 16 juin 2017. 176 pages. 7,95 euros.

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Oldman sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 1,
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