Overlord T1 - Par Hugin Miyama & Kugane Maruyama - Ototo

15 février 2017 0 commentaire
  • Nouveau titre d’heroic-fantasy des éditions Ototo. Et il s’agit cette fois de l’histoire d’un donjon de monstres qui se lancent à la conquête du monde au nom de leur maître adoré : un roi liche ! Surprenant et bien pensé, un nouveau titre fort de leur catalogue.

Année 2138. YGGDRASIL est un DMMO-RPG (Dive Massively Multiplayer Online Role Playing Game) et le plus populaire de son époque. Pendant dix ans les joueurs du monde entier ont arpenté ses terres virtuelles et exploré ses confins afin de découvrir ses innombrables secrets. Malheureusement le serveur va aujourd’hui s’arrêter…

Momonga est membre de la Guilde de Ainz Ooal Gown, dont les membres ont la particularité d’user d’avatars non-humains – comme par exemple celui de Momonga : une liche ! Pendant dix ans les 41 membres de cette guilde ont bâti, développé et administré le donjon du Grand Tombeau de Nazarick, créant moult pièges et surtout des gardiens tous plus retors les uns des autres. Ceci afin de protéger les richesses et les objets rares qu’ils ont accumulé. Leur donjon, imprenable ne fut ainsi jamais conquis par aucune autre guilde.

Et aujourd’hui tout s’arrête. Mais Momonga ne peut se résoudre à abandonner ce lieu où il a tant de souvenirs. Il décide donc de rester connecté jusqu’à l’heure de l’arrêt du jeu... mais lorsque l’heure fatidique arrive rien ne se produit ou plutôt une chose incroyable survient !

Les NPC -personnages non jouables- du donjon prennent vie et se mettent à agir par eux-mêmes. Momonga de son côté ne peut plus invoquer sa console et les dispositifs du jeu. Il ne peut pas non plus se déconnecter du jeu... car le Grand Tombeau de Nazarick et toutes ses créatures ont été transportées dans un monde réel d’heroic-fantasy !

Overlord T1 - Par Hugin Miyama & Kugane Maruyama - Ototo
© 2014 Fugin Miyama / KADOKAWA

Autre élément important : Momonga est devenu une véritable liche : un squelette mort-vivant qui voit ses émotions se réduire de jour en jour. Cependant peu importe pour lui : seul compte désormais la protection et la gloire de Nazarick, afin d’honorer l’œuvre de ses anciens compagnons et c’est dans cette perspective qu’il prend un nouveau nom : Ainz Ooal Gown, celui de leur guilde.

C’est le début d’une nouvelle aventure pour notre héros, Ainz, grand sorcier calculateur et patient, qui à la tête d’une forteresse peuplée de monstres totalement dévoués se lance dans le projet de conquérir ce nouveau monde, dans l’espoir également de retrouver d’autres personnes issues de son monde.

Light novel [1] écrit par Kugane Maruyama et illustré par so-bin, publié chez Enterbrain (filiale de Kadokawa Corporation) depuis juillet 2012, Overlord s’inscrit dans cette mouvance japonaise très à la mode de récit mêlant heroic-fantasy et lecture méta-contextuelle, c’est à dire avec des personnages, ou un héros, conscient d’être confronté à un univers « imaginaire classique ».

Notons qu’il s’agit à la base d’un web novel amateur débuté en 2010 et qu’une adaptation animé de treize épisodes fut diffusée en 2015, disponible dans les pays francophones sur J-One et Anime Digital Network.

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© 2014 Fugin Miyama / KADOKAWA

On pense évidemment à Gate, Re:Monster ou encore Sword Art Online, des titres d’Ototo aux thèmes et au parcours éditorial très proche (Light novel adapté en manga, suivi d’un animé à succès le plus souvent).

Encore un serait-on tenté de dire. Mais s’agissant à chaque fois d’une sélection des meilleurs titres du genre au Japon, tous se révèlent très intéressants, et Overlord n’échappe pas à la règle. Mettant en scène une troupe de monstres, ce nouveau titre rappelle Re:Monster, mais avec davantage de diversité et un déroulement plus classique, sous forme d’épisode explorant à chaque fois un peu plus ce nouveau monde.

L’adaptation manga de Hugin Miyama qui nous intéresse aujourd’hui, débutée en 2014 et comptant pour l’heure six tomes, se révèle plutôt efficace graphiquement, même si le trait apparaît plus grossier que dans un titre comme Gate par exemple.

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© 2014 Fugin Miyama / KADOKAWA

La force d’Overlord réside assurément de cette idée de mettre en scène un donjon de monstres, élément classique d’heroic-fantasy, pour en faire les anti-héros d’un récit, partant à la conquête d’un nouveau monde.

Albedo la succube, Shalltear la vampire, Demiurge le démon grenouille, les elfes noirs jumeaux Aura et Mare, l’insecte géant Cocytus ou encore le majordome Sebas : voilà autant de membres de Nazarick, parmi d’autres, aux personnalités et aux compétences variées, apportant leur sel à une aventure où les humains apparaissent comme du menu fretin !

Les différents gardiens rappellent à Ainz leurs créateurs, les anciens compagnons de notre héros, dont il retrouve certains aspects de leur personnalité à travers ces créatures. Se bâtit sur ce socle une relation toute particulière entre ce maître tout puissant, mais surtout seul, et ses fidèles serviteurs, enfants en quelque sorte de ses chers amis aujourd’hui disparus.

Souvent espiègle, là où on ne l’attend pas forcément, comme avec Albedo et son armure intégrale qui ne dévoile aucun morceau de sa peau, à son grand désarroi, car son créateur avait privilégié l’efficacité, Overlord est un manga qui tire habilement partie d’une idée simple et d’un casting haut en couleur pour nous offrir une aventure sympathique, avec son lot de personnages badass et de situations aux clichés souvent déjoués !

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© 2014 Fugin Miyama / KADOKAWA
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Overlord T1. Par Hugin Miyama (dessin), Kugane Maruyama (histoire originale) & so-bin (character design). Traduction Nicolas Pujol. Ototo, Collection "Seinen". Sortie le 4 janvier 2017. 192 pages. 7,99 euros.

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[1Petits romans publiés en feuilleton illustrés formellement très simples et très populaires, notamment auprès du jeune public.

(par Guillaume Boutet)

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