Parc Spirou : les licences franco-belges se déploient

1er juin 2018 0 commentaire
  • Le Parc Spirou ouvre le 16 Juin dans le Vaucluse, à Monteux. Le domaine des parcs à Thème a longtemps été une industrie réservée aux seules licences américaines issues de l’univers Disney en particulier. Avec le Parc Spirou s’ouvre une nouvelle ère pour la BD européenne, celle d’une exploitation à 360° de ses univers et de ses auteurs.
Parc Spirou : les licences franco-belges se déploient
Daniel Bulliard, le PDG du Parc Spirou
Photo : Parc Spirou

Le PDG du Parc Spirou, Daniel Bulliard, a tout lieu d’être satisfait. Après un temps relativement court de gestation, le Parc Spirou qu’il dirige sort de terre le 16 juin prochain.

Il faut dire que ce n’est pas un débutant : c’est lui qui avait mené avec succès le Futuroscope de Poitiers dont il avait été le directeur général pendant 14 ans, de 1987 à 2000. Il a travaillé ensuite dans ce domaine des loisirs un peu partout dans le monde, de l’Île de la Réunion à la Russie. En faisant appel à lui, les promoteurs du Parc Spirou sont allés chercher un professionnel chevronné au fait des réalités du marché, qui a connu tous les aléas de cette industrie en France : les échecs successifs de Mirapolis à Cergy-Pontoise (1987), de Zygofolis à Nice (1989), de La Planète magique (1989) et du Parc océanique Cousteau à Paris (1989), du Parc Schtroumpf à Maizières-lès-Metz en Lorraine (1989) et même les débuts difficiles du Parc Astérix dans l’Oise (1989) avaient montré que ce genre de projet ne s’improvisait pas, même si le modèle économique avait démontré sa pertinence aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

La raison de ces échecs ? Peut-être de ne pas avoir su attendre qu’Euro Disney (qui n’a pas non plus eu des débuts sereins) s’installe et invite les Français à ce nouveau mode de consommation culturelle et, sans doute, le manque d’intensité d’investissement sur ces projets qui étaient souvent des initiatives municipales. Daniel Bulliard a mené le Futuroscope de Poitiers au succès, le Parc Astérix est aujourd’hui parfaitement rentable. Le temps des essais est terminé.

Le Parc Spirou, un site compact sur quatre hectares.

Cap au sud

Daniel Bulliard en est persuadé, les parcs à thème ont un avenir en France. « C’est un secteur en développement, avec une croissance de 4 à 5 % par an depuis plusieurs années. » Il est persuadé aussi que Spirou est la bonne licence sur laquelle s’appuyer pour une telle activité : « C’est une licence avec une notoriété de 100%, un thème intergénérationnel connu des enfants, des parents et des grands-parents… Derrière Spirou, il y a tous les autres personnages Gaston Lagaffe, Lucky Luke, le Marsupilami, etc. Ces fantastiques attractions ont été développés dans le respect des créations originales. Le moindre détail a été validé par Dupuis et les ayants droits. »

Situé à Monteux dans la région de Carpentras, à 20 km au nord-est d’Avignon, le parc est au cœur d’une zone touristique en plein développement. « Le site de Beaulieu est situé à proximité d’un accès autoroutier à quatre bandes, nous dit encore Daniel Bulliard. C’est un endroit stratégique pour les zones scolaires puisqu’elle est sur la frontière des trois zones. Le climat est favorable, ce qui permet une ouverture plus longue… ».

Une ballade en corbeilles de fleurs de Palombie ? C’est possible au Parc Spirou.

85 millions d’investissement

Et surtout, l’investissement financier est bien plus adapté au projet que ne l’était ses prédécesseurs : «  40 millions d’euros la première année et 20 millions les deux années suivantes, jusqu’à 85 millions…  » nous dit le PDG. Par comparaison, Mirapolis avaient envisagé un investissement initial de seulement 10 millions d’euros, le Futuroscope une quinzaine de millions, et le Parc Astérix 130 millions d’euros. C’est un parc compact, établi sur quatre hectares, ce qui évite de marcher pendant des heures d’une attraction à l’autre.

« C’est un investissement maîtrisé, structurant pour la région, nous dit le PDG, vous allez entrer dans un parc thématisé avec des Roller Coasters, le monorail Gaston, les attractions familiales autour du Marsupilami. 12 attractions en tout, avec une ou deux nouvelles chaque année. D’ici 10 ans, le parc aura doublé. Les simulateurs numériques autour de Gaston, de Spirou et du Mezozoïk Island ou encore de Zombillénium sont exceptionnels. »

Un parc dédié au personnages du Journal de Spirou

Les objectifs en terme d’audience sont de 500 000 visiteurs la première année et un million par an dans les cinq à sept ans à venir.

Régulièrement, de nouvelles attractions interviendront mettant en scène Spirou et son univers, mais aussi Lucky Luke et d’autres personnages de Media-Participations viendront enrichir l’offre ludique. Le cow-boy est déjà présent cette première année dans une attraction où il faudra aider Lucky Luke à attraper les Dalton. Pour Média-Participations, actionnaire de cette entreprise aux côtés de Gamapa et de Parexi, cette dernière portant le projet, c’est un premier test important.

Le modèle américain est de mise : une parade comme à Disneyland Paris est prévue en fin de journée et l’on pourra déguster des burgers au Moustic Restaurant. A chaque étape, des goodies exclusifs : mugs, T-Shirts, peluches… à l’effigie des personnages de l’univers du Journal de Spirou.

Entre Astérix, Spirou, Gaston, Lucky Luke et Zombillénium, personnages dont des films ou des dessins animés se produisent désormais en coulée continue, c’est la mise en place d’une véritable industrie européenne des licences qui est en marche, avec des niveaux d’investissement et des ambitions qu’elle n’avait jamais connue de toute son histoire

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos : © Dupuis, Dargaud-Lombard, Lucky Comics, 2018 / Parc Spirou

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