Répondu par Sergio Salma le 23 septembre 2009 à 13:32 :
On peut trouver intéressant les débats autours des identités nationales ou régionales . Quand la bande dessinée s’en empare , on a souvent droit aux mêmes réflexions de la part des gens du cru qui forcément y trouvent à redire.
Je crois que la bande dessinée (humoristique surtout mais pas que celle-là) se sert de conventions et les conventions c’est forcément réducteur. Les fictions usent de clichés pour pouvoir véhiculer d’autres choses aussi ; on plonge dans l’univers du polar, on met en scène des flics caricaturaux, on fait de la fantasy et on passe à la moulinette des légendes et des contes ancestraux. Quand il s’agit de récits rigolos( façon Astérix) il ne faut pas appréhender l’Histoire( avec un h majuscule) en spécialiste ; il y a aura des approximations et des contre-vérités qui souvent seront justement le sel de l’histoire (avec un petit h).
On a chacun sa propre culture et c’est pas très souvent qu’on trouve un auteur (tous genres confondus) qui nous fera dire "ah oui c’est ça, c’est exactement ça) parce que l’oeuvre sera sa vision à lui avec ses manques, son regard, ses jugements, son recul. Je me souviens de Bran Ruz de Auclair ; là on était dans le" réalisme " , la culture bretonne était le point de départ de l’oeuvre elle-même. Dans Pascal Brutal , il se servira de stéréotypes (qui cachent parfois une part de vérité quand même) pour rendre efficace son récit ; il ne respecte rien donc il va pas s’encombrer d’authenticité ; si vous acceptez le postulat de départ de Pascal Brutal, je ne comprends pas une seconde qu’on puisse tout à coup chipoter pour ces détails d’appartenance à une culture.
Il faut accepter l’iconoclaste. Je peux comprendre la fierté d’avoir fait quelque chose de sa vie mais pas celle de simplement appartenir à une nation, un groupe.
Sans aller jusqu’aux propos terribles de Brassens" heureux les imbéciles qui sont nés quelque part", je ne peux m’empêcher de penser que toutes ces petites discussions autour de racines peuvent vite tourner à l’aigre et que les manuels d’histoire sont remplis de guerres menées par les mêmes concepts et pour les mêmes raisons.
Quand un certain cinéma américain veut représenter un Français, il va y aller à la truelle. Les Français seront choqués mais le reste du monde aura compris l’intention( ça arrive dans les navets mais aussi dans les chefs-d’oeuvre )
Les métis et les bâtards sont les plus riches représentants car ils portent en eux le mélange . Et donc l’ouverture.
Je vois dans ce débat gentiment mené jusqu’ici le même genre de réflexions qui surgissent autour de la religion, la tolérance et l’intolérance. Moquons-nous de tous et de tout ce sera le meilleur moyen de rendre tout ça ridicule et profondément dérisoire.
Quand elle le veut, la bande dessinée sait parler de ces appartenances et du respect des peuples mais c’est souvent la tradition "primaire" qui l’emporte. On est obligés de rendre la chose lisible. Si par exemple un auteur veut représenter un Italien , il devra s’interdire d’en faire un blond pourtant il y a des millions d’Italiens blonds. Il lui mettra une moustache et lui prêtera des gestes et des pensées qui seront jugées racistes par les Italiens tatillons. A ce compte-là, on ne pourra plus rien dire sur personne( les gros , les vieux...) parce qu’on pourra chaque fois intenter un procès à l’auteur sous le prétexte qu’il stigmatise et offense une certaine catégorie de personnes. ça nous ramène aussi à des vastes débats sur la censure dont chacun dans notre for intérieur nous définissons les limites.
Heureusement qu’il y a encore beaucoup de gens qui ont le sens de l’humour pour non pas comprendre qu’on PEUT se moquer de tout mais parce qu’il FAUT se moquer de tout.
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Répondu par " le 23 septembre 2009 à 17:51 :
Je viens de lire l article sur tomi ungerer et je suis content de voir que lui aussi défend la fréquence culturelle d’une partie de la terre. Est ce que ceci l’empêche de se connecter aux autres ? quand je vois son oeuvre je ne pense pas...il en est de même pour moi,ce que vous dites sur les dangers de l’identité est juste, c’est aussi un lieu commun.
De plus au regard de la question bretonne il y a de quoi être parfois un peu, comment dire, suceptible...(il serait rigolo d’etudier la representation des bretons au long du 20 eme siecle, pas tres amicale )...Quand à brassens, possedant une maison à Lezardrieux à quelques pas du tregor, je doute qu’il fusse en hostilité avec les bardes des années 70, de Glennmor à Xavier Grall en passant par guernic
Ce que je voulais exprimer ici, c’est que la bretagne posséde une vision du monde qui s’exprime magiquement dans la musique ou la poésie,
mais pour ma part, je n’ai pas encore trouvé de bd qui soit imprégnée de cette vision.Je dis cela surtout quand je vois la brillante et sincere façon dont Sfar réussi à nous faire partager son amour, ses doutes, ses joies ses craintes sur la culture juive,graphique et musiacle.
Je suis un peu jaloux et je me dis que j’aimerai bien trouver quelque chose dans ce gout là...
Mais par contre si vous voulez être honnette jusqu au bout,
oui, on doit se moquer de tout, mais on doit aussi savoir de quoi on parle.
Et pour ce qui est de la question bretonne, il m’a fallu des années pour reussir à recomposer des morceaux volontairement cachés ....alors je me dis que ça peut être facile de se moquer et juste de s’ arretter là.
Pour ma part je me marre toujours avec sattouf.
Mais je vois encore et toujours les mêmes clichés.
Et pareil avec les lutins de chez soleils...
Je n’admets pas que la mythologie grecolatine soit savante et que la mythologie celtique soit juste de la fantasy bas de gamme souvent dessinée avec des codes graphiques latins !!
Je ris de la représentation des bretons par Sattouf, même si j’entends encore ma grand mere me dire sa honte d’être bretonne, oui je rigole,car c’est plein de choses vraies dans ce qu’il raconte.
Mais je ne peux me contenter de ça .
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