Plus belle la série - Par Harel & Landes d’après M. Mille - Casterman

27 juin 2017 0 commentaire
  • Qu'elle soit plus jolie ou plus belle, la vie dans un quartier de Marseille façon série, c'est une armée en marche. Adaptation percutante d'une thèse de sociologie qui dévoile l'envers du décor du soap le plus long de la télé française.

Plongée au cœur de la fourmilière Plus Belle la vie. Si le nom de la série a été changé (on se demande pourquoi...) chacun reconnaîtra dans cet album l’interminable soap de France 3 (rebaptisé TV3). La sociologue Muriel Mille a passé trois ans au milieu des équipes créatives, suant sang et eau sur les multiples intrigues de la série, avec des scénaristes nombreux et précaires.

Plus belle la série - Par Harel & Landes d'après M. Mille - Casterman
© Casterman 2017

Remarquablement précis et documenté, à peine habillé de fiction pour préserver les sources (journalistique, comme réflexe), Plus belle la série donne le tournis. Discussions à n’en plus finir sur tel épisode ou telle inflexion de l’histoire, négociations tendues avec la production, hiérarchies militaires dans l’organisation du travail...

Une machinerie effrayante, et qui met en lumière la fragilité des statuts. Si le sort des techniciens intermittents a connu une certaine médiatisation ces dernières années, les difficultés des petites mains chargées de l’intrigue apparaissent ici avec acuité. Souvent diplômés (parfois de la prestigieuse FEMIS), ces jeunes créatifs vivotent en s’escrimant sur des séries grand public sans envergure. Une sorte de mise à l’épreuve en attendant de voguer vers des projets personnels.

Mais au-delà de cette sociologie de la création audiovisuelle parfaitement menée, on découvre aussi dans ce one-shot l’incroyable ballet quotidien des équipes. Chaque responsable suit un planning d’une précision chirurgicale, et pas une seconde ne semble laissée au hasard. La journée est découpée au scalpel, et les tâches de chacun réparties à la virgule près.

Formellement, l’album parvient à donner suffisamment d’épaisseur aux décors pour tirer le meilleur parti d’un dessin forcément sobre. Les contrastes et la gestion des noirs sont souvent opportuns et bien dosés.

Étouffant et d’un contenu constamment riche, Plus belle la série s’inscrit comme un ambassadeur émérite de la pertinente collection Sociorama.

(par David TAUGIS)

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