
Trondheim s’amuse et lance moult clins d’oeil à ses nombreuses productions précédentes. Le troisième tome clôt un premier cycle, mais convenons-en, le découpage d’une saga aussi volontairement désordonnée n’a pas vraiment de sens...
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On pourrait recopier laborieusement les résumés fournis par l’éditeur, tenter de trouver le fil qui relie les personnages, les diverses intrigues ou les complexes relations entre nos héros. Mais Lewis Trondheim n’en fait pas, lui-même, un aspect important. L’auteur est bien plus préoccupé par l’énergie, la folie douce et les rebondissements ovales de son histoire plus que foutraque. Il bénéficie dans ce savant mélange des belles couleurs de Brigitte Finkadly, indispensables pour les contrastes et les ambiances. Mention spéciale également aux décors, mais oui, pleins de charme.
Ce genre d’épopée chevaleresque, teintée de fantastique, pleine de gags décalés, Trondheim en est l’un des précurseurs. Mais hélas pour lui, Hervé Bourhis a fait beaucoup mieux avec Ingmar ou Naguère les étoiles. Pourquoi ? Tout simplement grâce à un supplément d’émotion. La où les personnages de Lewis Trondheim gesticulent joyeusement dans leur seyant délire, Bourhis donne du corps à ses caractères, et même un peu de profondeur.
Nul doute que les zélateurs de Donjon et de ses multiples dérivés goûteront ces tomes de Ralph Azham avec un plaisir de connaisseur. Mais d’autres trouveront toujours qu’il y manque quelque chose...

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(par David Taugis)
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