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Raoul Cauvin : quatre incunables et un missel
5 novembre 2008

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Raoul Cauvin : quatre incunables et un missel

Le temps viendra sans doute un jour où l’on cessera de considérer Raoul Cauvin au mieux comme une Poule aux œufs d’or, au pire comme le parangon de la bande dessinée vulgaire. Pour célébrer les 70 ans du scénariste, Dupuis a décidé de ressortir quelques-unes de ses raretés et une monographie. De quoi rappeler qui est celui qui, à la suite des Fondateurs, incarne l’école de Marcinelle.

Raoul Cauvin : quatre incunables et un missel
Pauvre Lampil, avec Willy Lambil
Ed. Dupuis

Il est né la même année que le journal de Spirou (1938) et le même jour que celui du Journal de Tintin (26 septembre), c’est dire s’il incarne l’École belge !

Il a tout du matou : la démarche souple, l’œil vif, le poil en bataille, des yeux innocents et une bonhomie paisible. Mais méfiez-vous de lui. Il observe tout avec sagacité, rien ne lui échappe. Et si le moindre détail lui permet de filer un trait d’humour, il se jette dessus avec un appétit féroce ! Cauvin n’est pas le père tranquille, débonnaire et placide qu’il veut bien laisser paraître. C’est un fauve de l’humour qui a déjà 45 millions d’albums vendus à son actif.

Chez Dupuis à Marcinelle, où il est le plus ancien à disposer d’un bureau, tout le monde le redoute. Il y vient régulièrement pour humer l’air, apprécier le gibier. Il avait calqué son début de carrière sur celle de Gaston Lagaffe, comme discret employé dédié aux photocopies (authentique !). Mais une fois dans la place, il a dévoré tous les éditeurs qui s’y sont aventurés, Charles Dupuis compris ! Le vrai propriétaire de la maison de Marcinelle, c’est lui ! Si on enlevait ses œuvres du catalogue des nouveautés, la maison Dupuis perdrait la plupart de ses référencements dans la grande distribution. Autant dire qu’elle se trouverait reléguée dans le rayon des fanzines !

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Le Vieux bleu, avec Walthéry
Ed. Dupuis

Un tel Moloch mérite non seulement qu’on le vénère (en plus, c’est bon pour le dos, tas de larves !), mais aussi qu’on lui donne des lecteurs en pâture. C’est pourquoi Dupuis propose ces jours-ci quatre incunables et un missel.

Parmi ces raretés, on compte :

- Les Naufragés (1968), avec des dessins de Claire Brétécher. Ca la coupe, hein ? Pendant que quelques gugusses vérifiaient si la plage était sous les pavés, Cauvin publiait son premier album avec celle qui allait devenir la grande prêtresse de l’intelligentsia parisienne [1]. Quatre ans avant L’Écho des Savanes, cinq ans avant Le Nouvel Obs, les amateurs de BD découvraient « la meilleure sociologue de l’année » (Roland Barthes en 1976, à propos des Frustrés) dans les pages du Journal de Spirou !

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Les Naufragés, avec Brétécher
Ed. Dupuis

- Pauvre Lampil (1974). C’est une œuvre maîtresse, un bijou d’autodérision dessiné par Willy Lambil (Tuniques bleues). Un outil sociologique et historique capital pour la compréhension du milieu de la BD des années 70. Pour les p’tits gars qui se gargarisent en croyant que le summum de la BD se résume aux rognures de gomme de leur atelier (regard circulaire dans l’assistance), sachez que c’était déjà fait avec humour et qualité par Cauvin avant même qu’ils soient nés.

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Les grandes amours contrariées
Ed. Dupuis

- Le Vieux bleu (1974). Le chef-d’œuvre de Cauvin et François Walthéry (Natacha) explorant un sujet jamais abordé dans la BD : la colombophilie (mais non, ce n’est pas l’étude des épisodes de L’Inspecteur Colombo, tas d’idiots !). Le Vieux bleu, c’est Don Camillo chez les volatiles ! Avec au passage, quelques envolées d’humour bon enfant qui rentrent dans les plumes du genre humain.
- Les grandes amours contrariées (1979). Shakespeare avait essayé de nous faire croire que l’amour était une tragédie. Réduisant à néant cette forfaiture, Cauvin, avec l’aide de Bercovici (Les Femmes en blanc), nous prouve qu’amour rime bien avec humour. Cette évidence nous révèle au passage que le dramaturge anglais rimait avec ses pieds.

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Le missel : Cauvin, l’homme aux 100.000 gags
Ed. Dupuis

Le Missel, Raoul Cauvin, l’Homme aux 100.000 gags, n’est donné qu’aux vrais croyants : ceux qui achèteront le coffret comportant ces quatre albums. Alors il leur sera dispensé la biographie –que dis-je ? L’hagiographie !- de ce saint qui nous a tant fait rire, au contraire de bon nombre de soi-disant experts en sainteté.

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En médaillon, Raoul Cauvin par Didier Pasamonik (L’Agence BD)


[1] Et qui se souvient que Claire a fait ses débuts dans… Tintin, sur scénario de Goscinny ?

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

22 Messages de forum : Participez à la discussion

  • Excellent article qui rend un juste hommage au dernier

    5 novembre 2008 12:34, par François Pincemi

    homme-clef des vénérables éditions Dupuis : un scénariste à la fois prolifique et populaire. Sa récompense, ce sont les 45 millions d’exemplaires vendus, plus que d’inutiles distinctions honorifiques décernées par des jurys d’intellos branchés, totalement déconnectés de la réalité de l’édition. Mais pourquoi avoir inséré deux fois la couverture des "Amours contrariées" ? Bien cordialement !

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    • Répondu par ActuaBD le 5 novembre 2008 à  12:43 :

      C’est corrigé. Merci.

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      • Répondu par Fred Boot le 5 novembre 2008 à  14:38 :

        (le mot "vendus" est mal placé dans la phrase)

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    • Répondu par alexandre franc le 5 novembre 2008 à  15:02 :

      Pincemi, c’est comme le Mastermind : il cherche toutes les combinaisons possibles des mots intello, branché, élitiste, parisien, prétentieux, déconnecté...

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    • Répondu par Sergio Salma le 5 novembre 2008 à  15:55 :

      Bonjour Monsieur Pincemi. Vous allez bien ? Votre petit message hebdomadaire où transpire votre habituelle note critique sur la branchitude. Mais que vous a- t-elle donc fait ? Avez-vous été vous -même victime des médias spécialisés dans votre branche ?

      Bref, comme chaque fois ou presque, vous reparlez, ça me met de bonne humeur rassurez-vous, des choses qui vous énervent pour encenser quelqu’un. A chaque fois, vous le prenez sous votre aile protectrice, que ce soit Moebius ou Cauvin, votre compassion est exemplaire. Venez donc là, M’sieur Raoul, ils n’y connaissent rien ces intellectuels de Paris. Ils ne se congratulent qu’entre eux ces ignorants. Et comme ils se trompent j’arrête pas de le dire c’est incroyable. Le populaire est la seule issue, les chiffres sont définitivement supérieurs aux lettres. On ne va pas épiloguer là-dessus, la bande dessinée est un art populaire, c’est indéniable pourquoi tergiverser bon sang puisque je vous le dis.

      Ah ! Monsieur Cauvin, ces millions d’albums vendus sont la preuve que j’ai raison. Vous pouvez être fier de vous, ils ferment le clapet à tout un pan de la culture qui elle ne se vend pas. Ceux qui ne se vendent pas étant évidemment fautifs de ne pas se vendre. Rowling, Spielberg, King, Dany Boon, voilà la vérité unique. Les autres se fourvoient dans des expérimentations vaines et d’ailleurs même TF1 le dit. Ceux qui passent en dessous de la barre des 30% d’audience sont remerciés. Si TF1 le dit c’est que ça doit être vrai, d’ailleurs pour étayer ma thèse, dans les magazines branchés, ils détestent TF1. Ils préfèrent Arte et leurs émissions obscures avec une programmation glauque d’où émergent des noms inconnus, Kurosawa, Bergman, Depardon, Jean-Claude Carrière même.

      Bien entendu depuis que le monde est monde il y a les grands auteurs populaires qui font la joie dans les foyers et qui désolent les spécialistes. De l’autre côté il y a la jouissance des artistes maudits dont personne ne connaît le travail mais qui ont leur biographie dans toutes les langues.

      En bande dessinée ,pareil. Le public qui a le nez creux c’est bien connu ne s’y trompe jamais. Que ce soit dans les rayons des grands magasins, dans les restaurants ou les marques de voitures, il a le fin mot, l’ultime décision , il a raison. Le public dès lors qu’il dépasse le million de voix est forcément celui qui détient la sagesse. Qu’ils sont bêtes ces auteurs confidentiels de ne pas intéresser d’autres personnes que les scribouillards cérébraux qui s’habillent tout en noir.

      Si ça tombe ils ont même pas vu Camping d’Onteniente et ils se permettent. Bien sûr quand cette intelligentsia décerne des prix c’est pour consoler l’artiste et prouver au clan d’en face que ce sont des ignares.

      Vous me faites gentiment penser dans votre réflexion à ces petits vieux aigris sur les bancs publics. Il y a un soleil radieux, l’air est pétillant et la lumière est belle. Ils tirent la gueule. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent en choeur :" ça va pas durer, il va pleuvoir".

      Ils nous cassent l’ambiance et bien d’autres choses encore.

      Ils sont amers et même quand ils se délectent de quelque chose, ils s’inventeront un ennemi en proférant des contre-vérités.

      Car, Monsieur Pincemi, voulez-vous que je vous contredise oui bon.

      Zep vend des millions d’albums et a été grand prix d’Angoulême. Paul Auster, Philip Roth, Daniel Pennac, Tardi font le bonheur des magazines branchés depuis un paquet d’années , ils vendent des livres par camions et personne n’y trouve à redire.

      Feuilletez les catalogues des maisons de disques, voyez les listes des best-sellers et arrêtez de ranger vos contemporains avec cette manie obsessionnelle.

      Et puis Raoul Cauvin a lui aussi connu quelques soucis classiques avec des séries pourtant troussées avec le même amour, le même savoir-faire et qui pourtant n’ont pas trouvé leur public. Et comment classer alors Satrapi puisqu’elle fit à la fois la une des news qui vous irritent et qu’elle a trusté les sommets de ventes Fnac et consorts ? ça alors ! mais c’est donc possible !? Et le cas de Blake et Mortimer bande dessinée populaire de l’ancienne école qui pourtant est portée aux nues par les mêmes qui interviewent Sfar une semaine sur deux. Comment Dieu est-ce possible ?

      Et attendez , il y aussi le cas de dessinateurs ou scénaristes qui passionnent les critiques et qui sont largement ignorés du sacro-saint TopTen et qui d’un coup boum ! cassent la baraque. Ho ! Mais alors tout n’est pas noir ou blanc ?! Et Franquin et Hergé dont les oeuvres excitent les amateurs d’art du monde entier ils ont eu des tirages confidentiels ? Ben non, et pour couronner le tout il y a aussi les auteurs ( je ne citerai pas de nom) qui ne font ni le miel des bédéphiles avertis ni le bonheur des tiroirs-caisses.

      J’arrêterai de me payer votre fiole quand vous arrêterez de caricaturer aussi grossièrement 3000 auteurs et 300 journalistes.

      Dites : "Monsieur Cauvin, bravo !" ; Ne lui dites pas qu’il a bien raison de ne pas être ce qu’il n’est pas. Et de ne pas faire partie de cette caste honnie.

      Au fait, vous n’aimez pas Macherot non plus. Savez-vous qu’il n’a pratiquement jamais rien vendu et que vos bêtes noires l’adorent en catimini. Et Daniel Goossens et Crumb et Jean-Claude Denis sont donc dix fois moins intéressants puisqu’ils vendent au bas mot dix fois moins que le plus commun des ados de la starac.

      Tiens oui la starac, voilà bien la preuve que le public ne se trompe jamais. Et le box-office, et les audiences radio. C’est sûr que la radio la plus écoutée est la meilleure et que les pneus qui se vendent le plus sont ce qui se fait de mieux.

      Allez Monsieur Pincemi, encore un petit effort, essayez pour votre prochain post de ne pas utiliser les mots suivants : presse branchée, bobo, intellectuels, médaille, millions d’albums vendus...

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      • Répondu par chris lamquet le 5 novembre 2008 à  18:28 :

        Sergio, je t’adore :o))

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      • Répondu le 5 novembre 2008 à  22:56 :

        Dis Monsieur CatSalma, tu ne veux pas les faire un petit peu plus courts tes posts ? (c’est vrai, on n’arrive pas au bout, soit concis, comme dans Nathalie).

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        • Répondu par Sergio Salma le 6 novembre 2008 à  00:12 :

          Oui, je devrais . Mais bon, dans cette époque où tout va trop vite , où l’on bâcle ses réflexions de peur d’ennuyer son interlocuteur, j’ai parfois envie de bien montrer que tout ça est bien complexe. Digest, résumé, SMS, on coupe dans tout. Difficile de faire plus court. Bah, lisez en plusieurs fois ou ne lisez pas, de toute façon je raconte toujours la même chose.

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          • Répondu le 6 novembre 2008 à  02:31 :

            de toute façon je raconte toujours la même chose.

            Il vous sera beaucoup pardonné pour cet éclair de lucidité :)

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      • Répondu par Thierry Robin le 6 novembre 2008 à  00:17 :

        Sergio, c’est un grand plaisir de te lire.

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        • Répondu par Un vieux lecteur le 6 novembre 2008 à  10:11 :

          Ah ! Chris Lamquet, Sergio Salma, thierry Robin et Raoul Cauvin : un point commun : un grand talent !

          Un grand, grand merci pour tout. On ne dira jamais assez l’énorme travail qu’il faut pour scénariser, réaliser une planche, un récit complet ou un album. Vous me faites rêver depuis que je suis ado et je n’ai jamais été déçu.

          J’ai découvert la réédition des ouvrages de Cauvin, hier, chez mon libraire spécialisé, qui ne savait pas pourquoi on les avait réédité (j’ai posé la question). Mauvaise communication de Dupuis ou de ses représentants. Dommage. Pour ma part, je possède déjà ses albums. Je trouve dommage qu’ils se soient pas enrichis de documents ou des souvenirs des auteurs. cela aurait donné un plus. De même, j’ai trouvé un reprise d’un album d’excellent Roger Leloup, en grand format. Pourquoi ? Pour quelle occasion ? Je pense que Dupuis devrait faire un petit peu de communications auprès de ses fidèles lecteurs. Parmi la masse de bd qui parait (au secours !), on a déjà du mal à repérer les séries ou les auteurs qu’on aime...

          Un vieux lecteur de Spirou que vous continuez à faire rêver.

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      • Répondu par François Pincemi le 6 novembre 2008 à  14:13 :

        Oui je vais bien, merci pour votre sollicitude à mon égard. je remarque que deux mots d’un post très court vous permettent d’écrire une véritable dissertation, félicitations pour votre volubilité et votre éloquence. Comme vous évitez les invectives, injures et insultes propres aux trolls qui spamment ce forum en cherchant à l’accaparer, je me permets si vous le souhaitez de reprendre quelques points de vos arguments. Vous n’y voyez pas d’inconvénient ? Merci pour votre tolérance et lisez bien. Je me suis permis de ne pas reprendre certains passages de votre commentaire.

        Bonjour Monsieur Pincemi. Vous allez bien ? Votre petit message hebdomadaire où transpire votre habituelle note critique sur la branchitude. Mais que vous a- t-elle donc fait ? Avez-vous été vous -même victime des médias spécialisés dans votre branche ?

        Non, je ne suis pas un artiste aigri, jaloux du succès de jeunes auteurs à la mode ; je ne suis qu’un humble lecteur de BD depuis bientôt plus de cinquante ans. En revanche, je reste stupéfait de la surexposition médiatique et critique dont ils bénéficient auprès de certains journalistes spécialisés et de membres de jury.

        Les chiffres sont définitivement supérieurs aux lettres.

        Bonne et amusante formule, bravo !°)

        Ah ! Monsieur Cauvin, ces millions d’albums vendus sont la preuve que j’ai raison. Vous pouvez être fier de vous, ils ferment le clapet à tout un pan de la culture qui elle ne se vend pas. Ceux qui ne se vendent pas étant évidemment fautifs de ne pas se vendre. Rowling, Spielberg, King, Dany Boon, voilà la vérité unique. Les autres se fourvoient dans des expérimentations vaines et d’ailleurs même TF1 le dit. Ceux qui passent en dessous de la barre des 30% d’audience sont remerciés. Si TF1 le dit c’est que ça doit être vrai, d’ailleurs pour étayer ma thèse, dans les magazines branchés, ils détestent TF1. Ils préfèrent Arte et leurs émissions obscures avec une programmation glauque d’où émergent des noms inconnus, Kurosawa, Bergman, Depardon, Jean-Claude Carrière même.

        Pourquoi dévier du sujet de la BD ? Les bestsellers sont les livres de Zep, Van Hamme, les anciennes séries de Goscinny et Peyo, Lanfeust (pas trop à mon goût, je le concède…), Bilal et Tardi, Franquin

        Bien entendu depuis que le monde est monde il y a les grands auteurs populaires qui font la joie dans les foyers et qui désolent les spécialistes. De l’autre côté il y a la jouissance des artistes maudits dont personne ne connaît le travail mais qui ont leur biographie dans toutes les langues.

        Bien d’accord avec vous, sauf que j’apprécie les livres de Zep, Van Hamme, les anciennes séries de Goscinny et Peyo, Bilal et Tardi, Franquin, et beaucoup d’autres. Qui sont les spécialistes que ces œuvres désolent ? Quant à l’aura internationale dont bénéficient quelques auteurs indés, elle se résume à quelques membres de sélection de prix officiels et de quelques dizaines de journalistes spécialisés enthousiastes.

        En bande dessinée ,pareil. Le public qui a le nez creux c’est bien connu ne s’y trompe jamais. Que ce soit dans les rayons des grands magasins, dans les restaurants ou les marques de voitures, il a le fin mot, l’ultime décision , il a raison. Le public dès lors qu’il dépasse le million de voix est forcément celui qui détient la sagesse. Qu’ils sont bêtes ces auteurs confidentiels de ne pas intéresser d’autres personnes que les scribouillards cérébraux qui s’habillent tout en noir.

        Ah, mais quand l’on choisit des thèmes personnels et un dessin rapide, c’est un choix personnel !

        Vous me faites gentiment penser dans votre réflexion à ces petits vieux aigris sur les bancs publics. Il y a un soleil radieux, l’air est pétillant et la lumière est belle. Ils tirent la gueule. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent en choeur :" ça va pas durer, il va pleuvoir"

        Je vous rassure, je ne suis pas (pas encore ! mais qui sait ce que l’avenir nous réserve !) un petit vieux aigri qui va lire ses BD au square. Surtout si la pluie menace !

        Zep vend des millions d’albums et a été grand prix d’Angoulême. Paul Auster, Philip Roth, Daniel Pennac, Tardi font le bonheur des magazines branchés depuis un paquet d’années , ils vendent des livres par camions et personne n’y trouve à redire.

        C’est bien la preuve que l’on peut faire une œuvre d’auteur à la portée d’un large public, non ? Pourquoi tous les artistes seraient ils obligatoirement maudits ?

        Et puis Raoul Cauvin a lui aussi connu quelques soucis classiques avec des séries pourtant troussées avec le même amour, le même savoir-faire et qui pourtant n’ont pas trouvé leur public. Et comment classer alors Satrapi puisqu’elle fit à la fois la une des news qui vous irritent et qu’elle a trusté les sommets de ventes Fnac et consorts ? ça alors ! mais c’est donc possible !? Et le cas de Blake et Mortimer bande dessinée populaire de l’ancienne école qui pourtant est portée aux nues par les mêmes qui interviewent Sfar une semaine sur deux. Comment Dieu est-ce possible ?

        Je reconnais que Persépolis a obtenu un grand succès public, notamment grâce à de nombreux prix à Angoulème et ailleurs, et le soutien de toute une presse. Ceci dit, il faut relativiser. On est très très loin des 45 millions de Raoul Cauvin. 450 000 exemplaires en langue française, en étant généreux ? Je suis persuadé que le film a fait bien plus d’entrées en salles.

        Au fait, vous n’aimez pas Macherot non plus. Savez-vous qu’il n’a pratiquement jamais rien vendu et que vos bêtes noires l’adorent en catimini. Et Daniel Goossens et Crumb et Jean-Claude Denis sont donc dix fois moins intéressants puisqu’ils vendent au bas mot dix fois moins que le plus commun des ados de la starac.

        Je n’ai jamais dit que je n’aimais pas Raymond Macherot, bien au contraire. Il fut un des grands auteurs des hebdos Tintin et Spirou au cours des années cinquante et soixante. Quant à Goossens, Crumb et Denis, il s’agit de grands professionnels agès de cinquante ans ou plus (dans le cas de Crumb) qui ont beaucoup apporté à la BD. Mais ils sont modestes, et trop agés pour passionner les médias. Etabli dans le Sud de la France, Crumb fuit les interviews et les séances de dédicaces comme la peste !

        Et pourquoi parler des ados de la starac, vous vouliez parler, je suppose, des lecteurs de mangas pour teenagers (Naruto, etc) ?

        Tiens oui la starac, voilà bien la preuve que le public ne se trompe jamais. Et le box-office, et les audiences radio. C’est sûr que la radio la plus écoutée est la meilleure et que les pneus qui se vendent le plus sont ce qui se fait de mieux.

        Allez Monsieur Pincemi, encore un petit effort, essayez pour votre prochain post de ne pas utiliser les mots suivants : presse branchée, bobo, intellectuels, médaille, millions d’albums vendus...

        J’aimerais bien, mais il faut bien que quelqu’un exprime les opinions de la large majorité silencieuse. Elle-aussi a droit à la parole de temps en temps, non

        Bien cordialement.

        François Pincemi

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        • Répondu le 6 novembre 2008 à  22:56 :

          Aïe aïe aïe ! Si Pincemi devient aussi long et chiant que Salma, on n’a pas fini...

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        • Répondu par Greg le 6 novembre 2008 à  23:02 :

          Comment peut-on sans mauvaise foi comparer les ventes d’UNE histoire d’un nouvel auteur (Persepolis) avec toutes les ventes des centaines d’albums d’un scénariste depuis 40 ans ? On ne peut pas en fait.

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      • Répondu par jean claude le 6 novembre 2008 à  15:02 :

        je pense que votre intervention est assez ridicule. autant que les interventions de monsieur pincemi...

        Pour ma part, je crois que dans cette oposition caricaturale que fait monsieur pincemi entre la bd populaire et la bd intello, il y a la trace de quelque chose de sincere et d’interressant. Fondamentalement,une distinction,peut être, entre une bd de "médium, de raconteur" qui eux précisement ne cherchent pas à douter ou à se raconter puisqu’ils se livrent exclusivement à rendre crédible et à communiquer des histoires qui leur sont exterieures et une bd d’auteurs,qui à l’inverse revendiquent leur implication en amont du processus creatif. Les dessinateurs "mediums" ne cherchent pas à exister en tant que créateur, ils ne cherchent pas la polemique , ils travaillent pour les histoires qui viennent à eux...dans l’ombre et le silence...aujourd’hui,de loin les médias preferent des personnalité,des polemiques,des visages,de l’identificaion... Bien sur la bd d"auteur" est excellente, mais on peut quand même s’attrister de sa sur médiatisation et surtout son refus à débattre (cf l’universite d"été d’angouleme !!!)...

        Bref je ne suis pas d ’accord avec monsieur Pincemi, mais allons au dela du visible et ne soyons pas des moutons ni dans un sens ni dans l autre !!!

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      • Répondu par xav kord le 6 novembre 2008 à  20:10 :

        Grosso modo d’accord avec vous, M. Salma, mais une chose me chiffonne et je tenais à le préciser ici : Rowling, Spielberg, King, Dany Boon que vous assimilez à TF1, ça m’ennuie profondément.

        Je pourrais développer, mais ça ferait (encore) un post un peu long...

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        • Répondu par FP le 8 novembre 2008 à  23:37 :

          C’est le gros problème d’une partie de l’intelligentsia : croire que tout ce qui a du succès est nul d’un point de vue créatif. D’un autre coté, le coté de l’artiste maudit (dans la Bd : de 1000 à 3000 exemplaires vendus) les excite énormément ! Si ces produits ne se vendent pas, c’est qu’ils s’adressent à un public d’esthètes intellos, comme eux !

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  • Raoul Cauvin : quatre incunables et un missel

    5 novembre 2008 17:10, par Saint Adéquat

    Ca vous ferait mal de citer l’auteur du missel ? Il ne s’agit ni d’un saint, ni du pape, ni d’un évangéliste )- vous pouvez donc y aller !

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    • Répondu le 5 novembre 2008 à  17:30 :

      Ca vous ferait mal de citer l’auteur du missel ? Il ne s’agit ni d’un saint, ni du pape, ni d’un évangéliste )- vous pouvez donc y aller !

      Un coup de fil chez Dupuis nous apprend qu’il s’agit d’Alain De Kuyssche. Cela dit, son nom n’apparaît ni sur le site de Dupuis, ni sur ceux de la FNAC ou d’Amazon, comme auteur de cet ouvrage qui serait, lit-on, un "collectif".

      Saint Anonymat, priez pour nous !

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  • Raoul Cauvin : quatre incunables et un missel

    5 novembre 2008 23:07, par Dominique

    15 ans avant le Nouvel Obs ? Et alors cela nous mène en 83, or vous signalez justement que Barthes parlait des Frustrés en 76 mais en négligeant le fait qu’ils étaient déjà publié dans l’Obs. Comprenne qui pourra dans cette chronologie foutraque.

    Voir en ligne : http://champignac.hautetfort.com

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 novembre 2008 à  23:45 :

      Vous avez raison, elle entre au Nouvel Obs en 1983. C’est donc 5 ans et pas 15 ans.

      Heureusement que vous êtes là !

      Répondre à ce message





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