Rendez-vous de la bande dessinée de Gatineau : l’EMI à l’honneur

3 décembre 2014 0 commentaire
  • C’est du 28 au 30 novembre derniers que s’est déroulée la 12e édition du Rendez-vous de la bande dessinée de Gatineau (Québec). Le festival, [relancé sous une nouvelle formule en 2013->http://www.actuabd.com/Le-Rendez-vous-de-la-bande] après une pause de quatre ans, semble désormais sur la bonne voie. Environ 1500 personnes ont pris part à l’événement, soit près du double rapport à l’an dernier.

Au total, l’événement a réuni 36 auteurs sous la présidence d’honneur Jean-Louis Tripp et Régis Loisel. Un choix qui tombe à point, puisque le duo français a récemment vu son plus récent ouvrage, « Notre-Dame-des-Lacs » – 9e et dernier épisode de la série Magasin général – retenu en compétition officielle au prochain Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Une distinction qui semble surprendre l’un des principaux intéressés, Régis Loisel : « Je n’ai appris que très dernièrement que nous étions sélectionnés, Jean-Louis et moi, pour Angoulême. Je trouve ça très bien. C’est sympathique d’être remarqué pour ce que l’on fait, surtout que c’est le dernier titre de la série. C’est intéressant d’être dans une sélection avec d’autres participants qui ont, eux aussi, beaucoup de talent. Je ne sais pas quoi dire de plus. On verra ! »

À ces deux parrains officiels se sont également ajoutés dix invités d’honneur : Alex A. (L’Agent Jean, Presses aventure), Alexandre Fontaine-Rousseau et Cathon (Les cousines vampires, Pow Pow), François Lapierre (La Bête du lac, Glénat Québec), Iris et Yves Pelletier (Le Pouvoir de l’amour et autre vaines romances, La Pastèque), Richard Suicide (Chroniques du Centre-Sud, Pow Pow), Tristan Demers (Cosmos Café, Boomerang) et Zviane (Les deuxièmes, Pow Pow).

Rendez-vous de la bande dessinée de Gatineau : l'EMI à l'honneur
Alex A., invité d’honneur du RVBDG 2014
Photo : Marianne St-Jacques
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Jimmy Beaulieu, invité d’honneur du RVBDG 2014, en séance de dédicaces
Photo : Marianne St-Jacques

Ce Rendez-vous de la BD de Gatineau a également permis de souligner le 15e anniversaire du programme de baccalauréat en bande dessinée de l’EMI (École multidisciplinaire de l’image), offert à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) depuis 1999. Une réunion des anciens se tenait d’ailleurs en marge du festival à l’occasion du lancement officiel du Bunker, le plus récent collectif étudiant.

Julien Paré-Sorel (Léthéonie, Front Froid), figurait parmi les diplômés participant à cette soirée retrouvailles. Celui-ci reconnaît l’importance de cette formation dans son parcours professionnel : « J’ai eu la chance de faire partie d’une cohorte au sein de laquelle il y avait beaucoup d’émulation. On se stimulait, on s’encourageait, on voulait s’améliorer. Pour moi, ça a été déterminant. (…) Au niveau scénaristique, au niveau graphique, au niveau de l’édition et de la conception de ce qu’est la bande dessinée, cela enrichit grandement ma philosophie, ma pensée et ma pratique. Je réutilise souvent mes vieilles notes de cours du bac quand j’enseigne la BD au Collège Ahuntsic (Montréal) avec de jeunes adultes qui veulent pousser la matière à un niveau théorique un peu plus élevé. »

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Les étudiants de l’EMI ont lancé leur dernier collectif lors d’une soirée retrouvailles 15e anniversaire
Photo : Marianne St-Jacques
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La plus récente édition du Bunker, le collectif étudiant de l’EMI
Photo : Marianne St-Jacques

Pour sa part, le directeur de l’EMI, Sylvain Lemay, se souvient du programme à ses débuts, à une époque où il fallait encore défendre la pertinence d’enseigner la bande dessinée à l’université : « Le programme en BD existe depuis 1999. Il y avait auparavant un baccalauréat en art et design auquel on a rajouté une concentration en bande dessinée en 1999. À cette époque, quand j’ai été engagé pour lancer ce programme, il n’y avait que six professeurs en art à l’université. On n’était pas assez nombreux pour avoir un département. (…) J’ai aussi beaucoup travaillé sur la promotion, car en 1999, il n’y avait pas grand-chose en matière de bande dessinée québécoise. (…) Il fallait donc faire comprendre la viabilité et l’aspect sérieux du programme à l’intérieur de l’université. »

Quinze ans plus tard, celui-ci se félicite du travail accompli, alors que les anciens du programme ont commencé à faire leurs marques dans le milieu de la BD québécoise : « L’une des choses dont je suis le plus fier, c’est de voir Iris, Jean-Sébastien Bérubé (Radisson, Glénat Québec), Stéphanie Leduc (Titi Krapouti, Glénat Québec), Yves Bourgelas (Supercrash, Premières Lignes) ou encore Julien Paré-Sorel, quand je me promène dans les événements de bande dessinée au Québec. C’est de voir mes anciens étudiants qui réussissent. »

Au cours des ans, la présence du programme a également permis à l’UQO de mettre en place d’importantes collections d’archives en matière d’art séquentiel, dont une collection complète de Spirou, d’ (À suivre), de Safarir et de Croc, ainsi que l’une des plus importantes bédéthèques québécoises.

Enfin, alors que l’EMI collabore étroitement avec le Rendez-vous de la bande dessinée de Gatineau, – notamment pour assurer la programmation de l’événement – on ne peut que souhaiter une longue vie à ces deux composantes qui font rayonner les bulles dans la région de l’Outaouais.

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L’affiche officielle du RVDGB 2014, réalisée par Tripp et Loisel
D.R.

(par Marianne St-Jacques)

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