« Révolution Bande Dessinée » à la Boverie à Liège

18 mars 2017 0 commentaire
  • Succédant à l’exposition « 21 rue de la Boétie » d’Anne Sinclair, la bande dessinée fait une entrée fracassante dans un lieu hautement symbolique à Liège : le Musée d’art moderne et d’Art contemporain de la Boverie situé à quelques centaines de mètres de la gare de Liège-Guillemins. Un must.
« Révolution Bande Dessinée » à la Boverie à Liège
Moebius en couverture du N°1 de "Métal Hurlant"
© Humanoïdes Associés

Ancien pavillon de l’exposition universelle de 1905, le Palais des Beaux-Arts de Liège avec son architecture de style éclectique et ses cinq dômes hémisphériques en ardoise dispose en son centre une grande salle scandée de 28 colonnes et 12 piliers qui est l’épicentre de la grande exposition « Révolution Bande Dessinée » dédiée aux mensuels Métal Hurlant et (A Suivre). Le contraste entre cet écrin architectural et son contenu, un Musée d’art moderne et d’Art contemporain, convient parfaitement à cette bande dessinée, à la fois conservatoire des techniques et des styles du passé (songeons à l’Art Nouveau de François Schuiten ou aux acryliques réalistes de Jean-Michel Nicollet, par exemple) et creuset des tendances graphiques les plus modernes, du monumental et fulgurant Philippe Druillet au trait loustic de Serge Clerc.

En reprenant l’exposition initiée par Michel Édouard Leclerc à Landerneau, vue ensuite à Angoulême, mais considérablement enrichie, notamment par les acquisitions réalisées entretemps par le célèbre collectionneur, mais aussi grâce au trésor de la Ville de Liège acquis par Jean-Maurice Dehousse, ancien bourgmestre de la ville passionné de bande dessinée, il y a trente ans, laquelle avait fait l’objet d’une exposition au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris. Les visiteurs de cette exposition auront le privilège de découvrir l’une des plus brillantes collections d’originaux jamais vue réunissant les œuvres les plus importantes des années 1980.

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L’impressionnante Grande Salle de la Boverie.
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La photo de famille lors de l’inauguration autour de Michel Edouard Leclerc : A droite, les éditeurs Jean-Pierre Dionnet (Métal) et Didier Platteau (A Suivre) avec leur concepteur graphique commun : Etienne Robial.
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Une magnifique couverture d’Enki Bilal pour "Exterminateur 17"
© Bilal / Casterman
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Hugo Pratt confère un souffle littéraire à l’aventure (A Suivre)
© Casterman

Ces années-là constituèrent en effet un moment privilégié, bien souligné par le commissaire artistique de l’exposition, Jean-Baptiste Barbier : celle d’une effervescence artistique exceptionnelle qui se nourrissait aux tendances les plus déjantées de la culture populaire de l’époque : le Rock, la SF, le cinéma, mais aussi aux arts de son temps dans un brassage des styles et des techniques permanent représentée par Métal Hurlant où l’on croise es créateurs les plus azimutés, de Bazooka à Nicole Claveloux, de Corben à Margerin, et qui converge au même moment avec une recherche de respectabilité de la bande dessinée qui s’appuie sur une approche qui fait la place au récit, littéraire à tout dire, conduite par Hugo Pratt et son Corto Maltese ou encore Schuiten & Peeters . Dans la revue du "Gallimard de la BD", on découvre cependant les premiers pas du Chat de Philippe Geluck ou les comédies poétiques ligne claire de Jean-Claude Denis...

Car l’exposition le démontre, la révolution dépasse bien davantage ces deux titres symboliques : ainsi y accroche-t-on Tanino Liberatore, figure de L’Écho des Savanes avec RanXerox, passé au cinéma et César du meilleur costume, mais aussi des planches de Paul Gillon, le "Alex Raymond français", parues dans Vaillant, les « bandes dessinées de poésie » d’Éric Lambé, les jeux colorés de Brecht Evens, les facéties absurdes de Herr Seele

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Deux des dessinateurs les plus singuliers de la période : Serge Clerc et Tanino Liberatore.
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Les planches au format Grand Aigle de Paul Gillon sidèrent le visiteur.
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"Druillet, le premier dessinateur à montrer l’impossible. Le seul dessinateur à montrer l’immontrable" selon Jean-Pierre Dionnet.
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Une gouache de Jean-Michel Nicollet
© Jean-Michel Nicollet

En introduction, comme pour donner le ton et jauger la valeur des œuvres qui vont suivre, les trésors du Musée des Beaux-Arts de Liège : Hergé, Franquin, Jacobs, Morris, Hermann, prélude à un parcours qui cumule plus de 300 œuvres. Toutes les beautés de la bande dessinée franco-belge sont à Liège en ce moment jusqu’en juillet prochain. Une destination incontournable.

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Sur les cimaises de la Boverie, le dernier Fauve d’Or d’Angoulême : "Paysage après la bataille" de Philippe de Pierpont et Eric Lambé, des héritiers de la "révolution" des années 1980.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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« Révolution Bande Dessinée »
17 mars 2017 > 11 juin 2017
10 h − 18 h
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Du mardi au dimanche, fermeture hebdomadaire le lundi

Musée de La Boverie
Parc de la Boverie, 3
4020 Liège

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

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