
Fer de lance des pockets pornos français des années 70 publiés par Elvifrance, Sam Bot fait aujourd’hui l’objet d’une réédition chez Delcourt dans la collection Erotix. Outre quelques souvenirs érotiques pour certains, Sam Bot offre surtout un mélange de burlesque et de calembours.
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Sam Bot a un problème : la nature l’a particulièrement bien doté mais lui n’en a cure. Tandis que la gent féminine le harcèle, il cherche à se nourrir, fuir une condition précaire qui semble collée à ses bottes comme la misère sur le monde. Régulièrement, son imbuvable oncle Archibald l’envoie à la recherche de pièces extraordinaires destinées à remplir son musée des horreurs, par l’intermédiaire d’un sbire malodorant, le bien nommé Pear Odor.
De son vrai nom iatlien, Peter Paper, Sam Bot est un incroyable loser qui ne pense qu’à manger et à trouver du travail. De situations rocambolesques à des complications qui ne le sont pas moins, cet anti-héros myope et malingre n’a finalement pour lui que la taille (impressionnante) de son engin qui fait fantasmer toutes les jeunes femmes qu’il croise sur son chemin.
Sam Bot est le titre de gloire de Raoul Buzzelli, frère cadet de Guido Buzzelli (1927-1992), un des maîtres de la bande dessinée italienne que traduisait en France Charlie Mensuel.
La traduction française de Georges Bielec rend, paraît-il, l’ouvrage plus savoureux que dans sa version italienne. Il est vrai que le texte se distingue particulièrement par ses incessants jeux de mots et son style argotique. L’érotisme finalement reste au second plan, ce qui fait dire à Bernard Joubert dans la préface : "… la censure avait raison, Sam Bot, dans les années 70, alimentait quelques masturbations. De nos jours, j’en doute. Ou alors nostalgiques."
Sam Bot connut une soixantaine d’épisodes en Italie et une dizaine de plus en France [1]. Delcourt propose donc 3 récits dans ce premier volume. Petite question à l’éditeur : pourquoi Pippo Franco n’est-il pas crédité au scénario ?
[1] le titre se vendit à plus de 50000 exemplaires dans ses meilleures années !
(par Laurent Boileau)
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