Sandawe repart au combat

18 mai 2010 10 commentaires
  • {{Patrick Pinchart}}, ancien rédacteur en chef de Spirou et fondateur d’Actuabd.com, avait lancé en janvier dernier [Sandawe->www.sandawe.com], la première maison d’édition basée sur la méthode du {Crowdfunding}, un portail Internet qui met en relations auteurs et leurs futurs "édinautes", des lecteurs investisseurs. Requinqué après un grave accident d’escalade survenu quelques jours après le lancement de son label, Patrick Pinchart remet sa maison d’édition sur de nouveaux rails…

Sandawe, la première maison d’édition basée sur le système du « Crowdfunding » en France, s’était montrée discrète ces derniers mois. Patrick Pinchart, son directeur éditorial a en effet eu un grave accident peu de temps après avoir lancé son label : Il avait fait une chute de 18 mètres de haut lors d’une d’escalade. Même s(il a été contraint de piloter sa maison d’édition depuis son lit d’hôpital, une partie de son temps bien entendu être consacré à sa rééducation.

La plus grande partie de ses problèmes de santé sont à présent derrière lui. Patrick Pinchart is back ! Il est aidé depuis quelques semaines par Lionel Camus, un ingénieur commercial, qui remplace Lionel Frankfort au marketing et aux finances. En dépit de ces vicissitudes, Sandawe a réussi à récolter en cinq mois 50.000 € d’investissement pour financer 11 projets différents. Trois d’entre eux se distinguent en dépassant plus de 10% des fonds nécessaire à leur financement : Il Pennello (de Perrotin et Allais avec 24%), Maître Corbaque (de Zidrou et E411, avec 15%) et Corpus Christi (de Maingoval et Eric Albert, avec 11%).

Sandawe repart au combat
Godi rend hommage à la chute de Patrick Pinchart
L’auteur de Ducobu a un projet chez Sandawe.

Dans un communiqué de presse reçu ce jour, les éditions Sandawe mentionnent que les budgets des albums ont été optimisés et revus à la baisse. Les sommes à atteindre ne dépassent plus, désormais, pour certains albums, u investissemet de 20.000 €. Auparavant, l’investissement le moins conséquent demandait 36.000 €. La réduction moyenne de l’investissemen avoisine les 22%. Patrick Pinchart nous assure ne pas avoir rogné sur la qualité de fabrication et de finition des livres : « Nous avons affiné la première mise en place grâce aux estimations de notre diffuseur, nous explique-t-il. Nous avions prévu 10 000 exemplaires de tirage pour chaque titre ce qui, vu la prudence générale actuelle, était trop optimiste. Nous avons donc revu les tirages à la baisse, tout en étant conscients que les chiffres de la première mise en place ne seront réellement connus que lors de la tournée des délégués sur le terrain. S’il se révèle qu’elle est supérieure à cette estimation, ce que l’on souhaite à tous nos projets, Sandawe avancera l’argent pour imprimer plus de livres ».

Une partie des frais de promotion sera également imputée à Sandawe. Le directeur éditorial de Sandawe s’en explique : « Il est évident que chaque fois que l’on parlera d’un album, on évoquera en même temps de notre concept, donc il est logique que nous intervenions aussi sur ce poste. En optimisant ainsi différents postes, nous avons pu réduire la provision pour imprévus ».

Ces modifications ont permis, selon Patrick Pinchart, de baisser sensiblement les budgets qui seront donc plus aisés à être rassembler et qui offriront donc une part plus grande des bénéfices aux internautes qui ont investi ou investiront dans l’avenir. La maison d’édition promet également d’offrir sa commission, soit 15% du budget, à tous les projets qui atteindront leur objectif avant le 31 août 2010. « Les édinautes (NDLR : les éditeurs-investisseurs), s’ils se dépêchent, verront leur part de l’investissement global et donc de bénéfice augmenter, souligne Patrick Pinchart. Et pour les auteurs, l’objectif à atteindre se réduit de 15%. »

Extrait de "Maudit Mardi", un projet à éditer.
(c) Nicolas Vadot.

Une nouvelle grille d’incitation d’investissement a été préparée par Sandawe. Les investisseurs qui atteindront certains paliers (50€, 100€, 250€, 500€ et 1000€) recevront différents bonus supplémentaires : édition spéciale dédicacée, t-shirt du projet, reproduction sur toile signée, deux années de BD Sandawe offertes, etc.

Extrait des "Eclaireurs", un projet à éditer.
(c) Maltaite & Janssens.

Le communiqué de presse mentionne que de nouveaux outils dynamisant l’aspect communautaires seront visibles bientôt sur le site de Sandawe, avec notamment un forum décliné en deux zones distinctes : la première accessible à tous le monde ; la seconde réservées aux professionnels, à savoir auteurs, journalistes, libraires, etc. De quoi mieux faire connaître les projets qui ont rejoint le giron de Sandawe ces dernières semaines : Suivez le Guide (de Godi & Zidrou), Maudit Mardi (de Nicolas Vadot) ou encore Les Eclaireurs (de Maltaite et Janssens).

Sandawe, la première maison d’édition participative, continue à explorer et à innover. Souhaitons leur de boucler les appels de fond pour leurs premiers projets dans les prochains mois. Nous sommes curieux de savoir si les édinautes auront le nez plus fin que les éditeurs classiques.

(par Nicolas Anspach)

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10 Messages :
  • Sandawe repart au combat
    18 mai 2010 16:25, par mercator

    j’ai deux questions à poser au journaliste:les auteurs
    sont-ils payés pour leurs boulots ? jouent-ils aussi le jeu au départ de cette aventure(participation des bénifices
    comme avance sur droit) ?

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    • Répondu par Lionel C. le 21 mai 2010 à  11:17 :

      Les auteurs reçoivent une avance sur droits dès que le budget atteint à 100%. Cette avance leur est versée en totalité pour leur permettre de travailler sereinement à la création de l’album.

      Une fois l’album mis en vente, l’auteur commencera à toucher ses droits quand ils auront dépassé l’avance déjà reçue. L’auteur qui souhaite proposer un projet avec un budget plus bas, et donc plus facilement atteignable, a intérêt à opter pour une avance moins élevée à la base mais avec une participation aux bénéfices plus importante. C’est une discussion qui est menée en toute transparence avec l’auteur lorsqu’il signe avec nous.

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  • Sandawe repart au combat
    18 mai 2010 23:14, par Hubert

    Faut-il comprendre dans le texte que Lionel Frankfort a quitté le navire Sandawe DEFINITIVEMENT ?

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    • Répondu par custer le 19 mai 2010 à  11:42 :

      l’investissent est de 36000 euros et non de 20000 il y a eu une baisse de 20000 euros mais le projet reste de 36000 euros ce que je trouve reste cher pour un projet

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      • Répondu par Dzez le 19 mai 2010 à  15:16 :

        Au départ, c’était 50.000 euros par album, c’était encore plus cher, il est donc normal qu’ils recadrent un peu !

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        • Répondu par ishimou le 20 mai 2010 à  15:30 :

          Les projets présentés sont souvent des fonds de tiroirs ou des refus, bref, pas très créatif tout ça, les auteurs semble nous dire "on y croit mais pas au point d’investir du temps pour de vrais projets".
          En plus il n’y a rien d’original à faire des bouquins par investissement, ça s’appelle de la souscription et la plupart des livres d’art sont fait comme ça, donc rien de vraiment nouveau.
          Bonne chance quand même, mais aller faire des portraits dans un endroit touristique reste encore le moyen le plus sur de faire quelques ronds en dessinant.

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    • Répondu par Lionel C. le 21 mai 2010 à  10:11 :

      Effectivement, Lionel Frankfort s’est définitivement retiré après avoir réalisé l’énorme boulot de mettre en place la structure juridique et financière de Sandawe. Il faut noter que son départ s’est fait en très bons termes et qu’il continue à m’apporter le soutien et les conseils nécessaires à une bonne transition.

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  • Sandawe repart au combat
    21 mai 2010 09:58, par SANdawe = SANSalbum

    Sandawe ... On en parle, on en parle, on en reparle mais aucun album ne sort.
    Un miroir aux alouettes.
    Un bonne blaguounette de financiers qui n’ont jamais édité un seul livre.
    Et les budgets annoncés pour sortir un seul album ...
    Avec ça, la plupart des éditeurs indépendants/alternatifs, sortent plusieurs albums ... réels.

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    • Répondu par Lionel C. le 21 mai 2010 à  11:06 :

      Amusant. Je vous rappelle que l’initiateur du projet est loin d’être un financier. Il roule sa bosse dans le milieu de la BD depuis une trentaine d’années. Et du côté éditorial, pas en tant que « roi de la blaguounette financière » :D

      Cher ...(cher qui en fait ?), c’est vrai, Rome ne s’est pas faite en un jour. On prend rendez-vous dans pour la sortie du premier album en librairie d’ici quelques mois ?

       ;)

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    • Répondu par Patrick Pinchart le 5 juillet 2010 à  13:07 :

      Au courageux auteur anonyme de ce post sur lequel je tombe avec pas mal de retard, je voudrais quand même préciser qu’il est rare de trouver un éditeur "indépendant/alternatif" (et en quoi ne le sommes-nous pas ?), qui paie jusqu’à 15 000 € d’à-valoir aux auteurs (et dont les droits d’auteurs montent jusqu’à 11%), qui prévoit un budget de promotion et les services d’(excellents) attachés de presse, une impression d’un nombre d’exemplaires conséquent,... bref tout ce que nous incluons, nous, dans le budget de financement.
      J’aimerais aussi préciser que certains éditeurs indépendants reçoivent des subventions pour éditer leurs livres, ce dont nous ne bénéficions pas, tous les frais devant être imputés au budget de financement.

      Je voudrais que ceci ne soit pas considéré comme une attaque de nos confrères indépendants, dans l’univers desquels nous venons modestement d’entrer, mais comme une réponse à des propos dénigrants.

      Depuis lors, cher courageux anonyme, j’espère qu’Il Pennello t’a rassuré sur le fait que nous ne sommes pas un miroir aux alouettes.

      Patrick Pinchart

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