Savoir-vivre ou mourir – Par Catherine Meurisse - Éditions Les Échappés

3 avril 2011 0 commentaire
  • Comment apprendre les bonnes manières tout en se fichant de ceux qui les défendent ? C’est la gageure réussie par Catherine Meurisse en visite dans l’univers compassé de Nadine de Rothschild.

C’est en regardant à la télévision l’ancienne actrice devenue femme du monde (elle a joué notamment dans Cigarettes, whisky et p’tites pépées et dans Une Ravissante Idiote) venue faire de la pub pour ses activités et pérorer sur la bonne façon de se comporter en société que Catherine a l’idée de s’inscrire, avec la journaliste Agathe André, à un stage dispensé par l’ « Académie » créée par la baronne à Genève sur « L’Art de réussir en société », avec diplôme circonstancié à la clé [1].

Cet enseignement a un certain prix mais Charlie Hebdo, qui sait soigner la formation permanente de ses journalistes, avance généreusement les frais en échange d’un reportage.

Savoir-vivre ou mourir – Par Catherine Meurisse - Éditions Les Échappés
Savoir-vivre ou mourir – Par Catherine Meurisse : La citation sort tout droit de "La Princesse de Clèves".
Éditions Les Échappés

Le résultat est ce petit ouvrage publié par le label de l’hebdomadaire satirique, Les Échappés, où l’on découvre des personnages savoureux d’une justesse incroyable comme cette dame qui donne des cours de maintien (nos élèves n’ont jamais vu la baronne, même de loin, vous pensez bien) avec un enthousiasme réac absolument réjouissant. Voici un ouvrage où l’on vous apprend comment croiser les jambes quand on est courte vêtue, comment réagir quand on pète en public, comment être cocue, pratiquer l’adultère avec distinction et mille et une autres ficelles du savoir-vivre.

«  Ne donnez jamais un dîner un 21 janvier, y apprend-on, c’est l’anniversaire de la mort de Louis XVI. » Le sel se goûte autant par la caricature délicieusement subjective de l’auteure que par le portrait des « clientes » du stage qui, toutes, ont une bonne raison de venir perfectionner leur maintien.

L’avantage de ce « My Fair Lady » en BD, c’est que, l’air de rien, on y apprend comment dresser la table, comment trinquer ou manger le fromage… Le plus incroyable, c’est que l’on se surprend à entrer dans le jeu de la comédie sociale dont on pensait se moquer. On ne sait plus trop s’il faut dire « Bravo Catherine » ou « Bravo Nadine »… Les deux sans doute.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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[1Ne vous précipitez-pas, mesdames, elle a fermé ses portes depuis 2009.

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