Stefano Carloni (Le Nouveau Monde T.2) :"Il y a une sorte de magie à faire revivre les époques passées à travers le dessin"

6 avril 2018 0 commentaire
  • Originaire du village de Filottrano, une petite commune située dans la province italienne d'Ancône, Stefano Carloni est un jeune dessinateur de BD qui trace tranquillement son sillon à force de travail et d'humilité. Diplômé en 2010 de la Scuola Internazionale di Comics de Jesi, il travaille tour à tour pour Paquet puis Glénat, avant de se voir confier par les éditions Dargaud la suite du diptyque "Le Nouveau Monde". Rencontre.
Stefano Carloni (Le Nouveau Monde T.2) :"Il y a une sorte de magie à faire revivre les époques passées à travers le dessin"
Le Nouveau Monde T.1/2
Jean Helpert, François Armanet & Xavier Coyère © Dargaud

Pourriez-vous vous présenter ?

Stefano Carloni : J’ai 29 ans et je suis italien. Le Nouveau Monde T.2 est mon premier livre chez Dargaud. J’avais déjà publié chez d’autres éditeurs franco-belges mais chez Dargaud, c’est une première. J’ai réalisé cinq BD en tout sur le marché franco-belge.

Vous êtes le second dessinateur du diptyque Le Nouveau Monde... Pourriez-vous nous expliquer pourquoi deux dessinateurs sur ce récit en deux tomes ?

Le premier dessinateur, Xavier Coyère, avait décidé d’arrêter son travail à cause de problèmes personnels, je crois. On m’a alors contacté pour que je reprenne le dessin afin de terminer cette histoire.

Il y a eu six mois d’écart entre les sorties des deux albums. Aviez-vous déjà commencé à travailler sur la série en même temps que Xavier Coyère ?

Non. J’ai commencé après que Xavier ait terminé son travail. J’ai reçu le premier tome en PDF, ainsi que le scénario du T. 2. Le premier album est sorti fin septembre 2017 mais j’avais déjà terminé le mien à ce moment là. Je l’avais achevé pendant que le premier volume était en phase de colorisation.

Était-ce difficile pour vous de reprendre le travail d’un autre ? J’ai vu que vous aviez publié un album en collectif.

Oui, j’ai travaillé sur la série Ils ont fait l’Histoire. Mais il s’agit d’une anthologie où chaque album est réalisé par un dessinateur différent. Pour Le Nouveau Monde, les choses étaient un peu plus compliquées car j’ai dû étudier le style de Xavier Coyère afin de m’en rapprocher le plus et proposer ainsi une sorte de continuité visuelle pour les lecteurs.

Le Nouveau Monde T.2/2
Jean Helpert, François Armanet & Stefano Carloni © Dargaud

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans la BD ?

Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours beaucoup dessiné. J’avais le rêve de dessiner un jours des comics. C’est ainsi que je me suis inscrit dans une école de comics italiens. Cette formation m’a permis d’étudier les marchés américains, italiens et franco-belge, et j’ai eu un véritable coup de cœur pour la BD franco-belge. Je ne sais pas si c’est dû à la manière dont sont utilisés les couleurs, ou les formats des livres. Mais cette singularité du franco-belge sur le comics US m’a vraiment intéressé et attiré. J’ai commencé à lire beaucoup de BD franco-belges, puis je me suis rendu à Angoulême. J’ai rencontré quelques éditeurs intéressés par mon travail, Dargaud aussi, mais j’étais encore jeune et mon style n’était pas encore totalement au point. En revanche, j’ai obtenu un contrat chez Paquet, chez qui j’ai réalisé un one-shot intitulé Sinclair, sur un scénario de Laurent-Frédéric Bollée. C’était en 2014. À partir de cette album, j’ai intensifié mon networking et ça a payé puisque l’on m’a proposé des choses tels que la série Les Savants, publiée chez Quadrants.

Vous êtes donc plutôt content de votre début de carrière ?

Oui, je suis plutôt content jusqu’ici.

Avez-vous publié en Italie ?

Oui mais c’était deux albums et dans une très petite maison d’édition. En Italie, la plus grosse maison d’édition de BD c’est Sergio Bonelli Editore (éditeur de la série western Tex, ndr) Je leur avait proposé des choses mais ça n’avait pas marché car ils trouvaient que mon style n’était pas vraiment adapté.

Quels sont vos points forts, artistiquement parlant ?

De manière générale, j’aime beaucoup les projets historiques, le Moyen Âge en particulier. Je trouve qu’il y a une sorte de magie à faire revivre les époques passées à travers le dessin. J’aime aussi beaucoup dessiner les décors et les costumes.

Je me suis beaucoup amusé sur Le Nouveau Monde car c’est un récit historique avec des personnages qui ont réellement existé mais dont nous avons un peu romancé l’histoire.

Y a-t-il d’autres époques ou décors que vous souhaiteriez un jour dessiner ?

Je suis fasciné par le Venise des doges, vers les années 1700. Je pense que c’est la période la plus connue.

Quels sont vos prochains projets ?

Actuellement, je travaille sur un nouveau projet chez Glénat, mais qui est encore tenu secret pour le moment. Je peux juste dire que c’est un récit historique dans lequel il y aura beaucoup d’action et de batailles.

Sinon, il est quasi certain que je ferai d’autres projets chez Dargaud. J’ai une discussion à ce propos qui est prévue avec mon éditeur François Le Bescond (le Directeur éditorial des éditions Dargaud, ndr). Mon rêve serait de faire une série que je coloriserais moi-même. Ça prend du temps mais ça me plairait beaucoup. Il faut savoir que je jouais de la batterie dans un groupe de rock, mais j’ai dû arrêter par manque de temps. J’enseigne aussi dans une école de dessin, mais être auteur de BD reste mon métier principal.

Le Nouveau Monde T.2/2 : Les sept cités de Cibola
Jean Helpert, François Armanet & Stefano Carloni © Dargaud

Voir en ligne : Découvrez le diptyque "le Nouveau Monde" sur le site des éditions Dargaud

(par Christian MISSIA DIO)

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"Le Nouveau Monde" (diptyque) - Par Jean Helpert, François Armanet, Xavier Coyère & Stefano Carloni © Dargaud

En médaillon : Stefano Carloni
Photo : Christian Missia Dio

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