The Dungeon of Black Company T1 - Par Youhei Yasumura - Komikku Editions

7 juillet 2018 0 commentaire
  • Après "Monster x Monster" de Nikiichi Tobita chez Ki-oon, c'est au tour de Komikku de nous proposer, avec {The Dungeon of Black Company}, les aventures d'un "Neet", toutefois dans un style Heroic Fantasy remanié.

Les Neet (Not in Education, Employment or Training, à savoir ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) représentent une classe de personnes non reprises dans la vie active. Assimilables sur bien des points aux "Tanguy" occidentaux, ils peuvent aussi être simplement introvertis, ou en marge de la société. Ce qui les caractérise, c’est l’absence d’activité professionnelle. Tantôt bons à rien, tantôt rentiers comme c’est le cas de notre héros, Kinji Ninomiya.

À notre époque, ce jeune homme de 24 ans a réussi à se créer un certain capital immobilier, de sorte qu’il peut profiter pleinement de la vie sans rien faire. Mais par le coup du hasard, il se trouve aspiré dans un trou spatio-temporel qui le conduit directement dans un monde où monstres et humains coexistent tant bien que mal. Les monstres humanoïdes sont, comme les hommes, esclaves d’une société ultra-capitaliste, qui leur ordonne de travailler sans relâche, dans des carrières remplies de minerais magiques.

Ninomiya habitué à son confort, se retrouve alors endetté jusqu’au cou, et des ampoules pleins les doigts, à force de creuser, sept jours sur sept, presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ce qui ne lui convient pas du tout ! C’est donc, imbu de sa personne et ingénieux lorsqu’il s’agit de trouver un moyen de ne rien faire, qu’il va gravir les échelons de cette société inconnue. Aidé d’une créature mi-humaine, mi-lézard, aussi désireux de vivre que lui la Dolce Vita, et d’un monstre transformé en démone presque humaine, Ninomiya va donc lancer son projet de redevenir un Neet.

Avec un style graphique travaillé, sombre et à la fois sophistiqué, Youhei Yasumura développe son univers parallèle au nôtre, tout en étant différent. Distinguant les classes sociales selon leurs lieux de vies, qui peuvent être archaïques, presque médiévales pour les ouvriers, à modernes et futuristes pour le haut du gratin.

Outre le côté fantastique et Fantasy déployé dans ce manga, la trame principale est cette façon de faire et de penser de cet anti-héros, qui n’a rien du chevalier prêt à secourir sa princesse en détresse. Son souhait est de ne plus devoir travailler et se la couler douce sur le dos de ses congénères. C’est donc, finalement, assez audacieux d’avoir transporté cette idéologie dans un contexte Heroïc Fantasy. Loin des guerres de businessmen en puissance de notre XXIe siècle, c’est un jeune neet de notre époque contemporaine qui va devoir gravir les marches du succès - afin d’atteindre, dans ce monde étrange et mystérieux, cet art de ne rien faire qu’il chérit tant.

Thème régulièrement repris ces derniers temps, les "neet" dans les aventures d’Heroic Fantasy sont légion. Espérons donc que The Dungeon of Black Company saura sortir son épingle de ce jeu très couru, grâce à ses aventures complètement déjantées !

The Dungeon of Black Company T1 - Par Youhei Yasumura - Komikku Editions
Copyright : © Youhei Yasumura 2017 / MAG Garden

(par Marc Vandermeer)

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The Dungeon of Black Company T1. Auteur : Youhei Yasumura. Éditeur : Komikku. Traduction : Fabien Nabhan. 176 pages. Sortie : le 5 juillet 2018. Prix : 7,99 euros.

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