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Tintin en wallon et en bruxellois
11 juillet 2004

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Tintin en wallon et en bruxellois

Si les albums de Tintin ont été traduits dans les principales langues parlées dans le monde, certains se sont également amusés à les traduire dans des langages régionaux. Les Editions Casterman éditent pour la première fois un album de Tintin en bruxellois... et rééditent sa version en wallon pour ne pas faire de jaloux.

Les premières traductions d’albums de Tintin dans des langues régionales furent faites en catalan et en basque en Espagne, ainsi qu’en breton et en occitan en France. Depuis, nous disent les Editions Casterman, ont suivi le frison, le bernois, le féroïen, l’asturien, l’alsacien, le corse, le gaumais, le gallo... et le wallon picard. La traduction des "Bijoux de la Castafiore" en wallon de la région de Tournai, patrie de Casterman, date de 1980. Cette "avinture de Tintin", "Les pinderleots de l’Castafiore" avait été traduite par Lucien Jardez et très mal éditée, sur un papier au trop faible grammage trop transparent. Elle avait pourtant été réalisée à l’occasion du bicentenaire de l’imprimerie et on aurait pu s’attendre à une édition plus prestigieuse.

Tintin en wallon et en bruxelloisC’est réparé avec cette nouvelle édition, sur papier plus épais et blanchi, plus classieux. Dommage, cependant, que l’éditeur n’ait pas repris en fin de volume le glossaire de quelques centaines de mots en wallon qui figurait dans la première édition et auquel on pouvait se référer en cas de doute sur l’interprétation d’un mot. Cela permettait en même temps de s’initier à cette langue encore parlée par des milliers de Belges, mais que les jeunes générations ignorent complètement.

On a du mal à imaginer, quand on connaît les rapports entre Tintin et Bruxelles (le langage Arumbaya, certains noms de personnages, les aventures de Quick et Flupke... sans oublier le nom de l’école dite "de Bruxelles" qu’a initiée Hergé), qu’il ait fallu plus de quarante ans pour que l’on décide de traduire un album dans ce patois savoureux qu’est le bruxellois ! C’est donc chose faite, avec à "Les bijous van de Castafiore", dont je ne vous ferai pas l’injure de vous traduire le titre en français...

Cette version très néerlandophile est assez éloignée du parler populaire tel qu’on peut encore l’entendre au théâtre de Toone ou tel qu’on le trouvait dans les pages du "Pourquoi pas ?", et qui permettait d’apprendre le bruxellois par la voie de l’humour. Difficile, donc, de comprendre tous les dialogues de cette édition. Hergé l’aurait-il comprise lui-même, lui qui avait appris le bruxellois par sa grand-mère dans les quartiers populaires de la ville ?

Notons aussi qu’une version en gaumais de "On a marché sur la lune" a été éditée et son tirage de 5000 exemplaires rapidement épuisé. Il vient d’être réédité.

- Lire un extrait des Bijous van de Castafiore
- Lire un extrait des Pinderleots de l’Castafiore
- LIre un extrait de la version en gaumais de "On a marché sur la lune".

(par Patrick Albray)

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