Totendom - Acte II - Recht & Delmas - Les Humanoïdes Associés

15 mars 2007 0 commentaire
  • Le couple tragique Jeanne/Dante a été balayé par le souffle de l'Histoire... mais leur propre histoire ne fait que commencer. Suite du superbe opéra dramatique où les êtres humains ne sont que le jouet d'une volonté supérieure.

Le premier tome de la série de Gabriel Delmas et Robin Recht se terminait par la mort de Jeanne, la bien-aimée de Dante, protégé du roi Darius qui était sur le point de réaliser ses rêves de conquêtes totales.
Ce deuxième acte de Totendom voit Dante, ramené à la vie par le sorcier Eurydome, entraîné contre son gré dans un voyage quasi-initiatique qui devrait lui révéler sa destinée - ou plutôt celle que lui a rêvée le mage. Darius, de son côté, réalise qu’il n’est pas encore arrivé à son but. La volonté du chef des « barbares » vaincus n’est pas si aisément brisée, et le peuple change facilement d’avis...

Le scénariste Gabriel Delmas mène habilement sa barque (des morts). Il distille intelligemment les révélations sur l’origine de Jeanne et Dante, tout en gardant manifestement quelques atouts dans sa manche. Si le premier tome donnait une impression de calme avant la tempête qui le concluait, ce nouveau volume nous plonge dans les affres des décisions que prennent des personnages au bord du gouffre, à tout instant sur le point de tout perdre ou de tout gagner.

Totendom - Acte II - Recht & Delmas - Les Humanoïdes Associés

Si le travail du scénariste est de très bonne qualité, celui du dessinateur est aisément son égal. Encore plus que dans le premier tome, Robin Recht offre une peinture saisissante d’un monde en décomposition, à l’ambiance crépusculaire, tout de noirs, de bruns et de rouges. Sa narration varie grandement suivant les pages, mais semble toujours tirée au cordeau. Graphiquement, il semble se situer quelque part du côté de John Paul Leon ou de Goya. Il faut parfois plisser les yeux pour comprendre ce qu’il y à lire dans ces cases souvent expressionnistes, ce qui oblige le lecteur à s’impliquer un peu plus dans cette fresque où la vie humaine n’a que peu d’importance.

L’Acte II de Totendom est d’une beauté plastique à couper le souffle. Ajoutez à cela un scénario et un texte au souffle épique, et vous obtenez un album à ne rater sous aucun prétexte.

(par François Peneaud)

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