Une arrivée remarquée pour "Julius", l’antésuite’ du Troisième testament

28 octobre 2010 0 commentaire
  • Il y sept ans, la publication du {Troisième testament} avait bouleversé la bande dessinée ésotérique. Glénat en publie aujourd'hui la suite, ou plutôt le début vu qu’il s’agit d’un préquel. Une publication prometteuse qui s'annonce comme une des sorties incontournables de la fin de cette année.

Une arrivée remarquée pour "Julius", l'antésuite' du Troisième testament
En 1994, sortait le premier tome d’une série qui allait rapidement entrer dans la légende en dépit du fait qu’elle soit signée par deux auteurs inconnus. Le scénariste de ce Troisième testament mêlait des genres encore peu courants dans la bande dessinée d’alors : l’ésotérisme appuyés sur des récits apocryphes doublée d’une intrigue à suspense grâce à une course-poursuite à travers divers pays, jusqu’à une conclusion étonnante.

Bien avant Le Triangle secret [1], Xavier Dorison imprimait pour la première fois sa patte innovante dans le milieu de la bande dessinée.

Alex Alice n’était pas en reste : en plus de couvertures ultra-travaillées, il n’hésitait à filmer ses propres dessins pour trouver le cadrage qui retransmettrait au mieux l’ambiance et le mouvement des actions décrites. Mené tambour battant et avec un souci de minutie grandissant, chacun des albums était une réussite. Le public sut patienter entre deux opus, vu la qualité de ce qui lui était délivré.

Lorsque le rideau tombe sur la mini-série en 2003, on peut croire que la messe est dite, les deux auteurs se trouvant définitivement installés dans l’Olympe des grands créateurs de notre époque. Mais, dans l’intégrale parue en 2007 qui replaçait opportunément la série en librairie, les premières pages de Julius annonçaient une suite, lançant un suspense qui devait durer trois ans, Alex Alice et Xavier Dorison nous promettant de s’attaquer aux origines du prophète Julius de Samarie, source du fameux Troisième Testament :

Julius, l’Antésuite

Le général Julius Publius Vindex est de retour à Rome, couvert de gloire suite à ses victoires contre les juifs d’Alexandrie. Ambitieux, il rêve d’une Rome différente et s’apprête à sacrifier à sa cause les innocents chrétiens. Dénoncé par sa propre fille, il est envoyé comme esclave en Judée pour travailler dans les mines de souffre de Siddim, auprès des hommes qu’il avait allègrement massacrés quelques mois plus tôt. Il y retrouve aussi un mystérieux et charismatique chrétien qu’il avait épargné à Alexandrie et ramené à Rome pour ourdir un complot.

Au moment où la Judée s’apprête à se soulever contre Rome, quel sera le rôle de Julius dans l’avènement du Messie qu’annoncent les écritures depuis le commencement des temps ? Quel est son lien avec le ressuscité du Golgotha ?

PlancheLe Troisième Testament, Julius – Livre 1

Un fond historique pour une trame ésotérique

Les scénaristes Alice et Dorison s’inspirent plutôt librement de l’Histoire, notamment d’une fronde contre Néron codirigée par ce général romain, dont l’attribut Vindex signifie d’ailleurs vengeur. Mise-à-part l’utilisation de ce personnage controversé, Alice & Dorison s’écarte rapidement de l’authenticité pour jouer avec les dates et les lieux, tout en imaginant Julius en instigateur du fameux incendie de Rome attribué aux Chrétiens, alors qu’il n’arrivera vraiment que quelques temps plus tard.

Illustration Le Troisième Testament, Julius – Livre 1Ce jeu de demi-vérités mêlé à un puissant imaginaire confère une grande force à l’ensemble, un texte remarquablement écrit venant pour soutenir l’intrigue et prendre le lecteur aux tripes. Très axé sur les complots politiques et les manipulations en tous genres, l’ésotérisme et surtout le fantastique n’ont que peu de place dans ce Premier Livre. En effet, les auteurs ont préféré se concentrer sur la rencontre et les tensions entre Julius et un esclave chrétien dont le Romain fera son messie. Les promettent toutefois que le fantastique trouvera progressivement et pleinement sa place.

Un nouveau dessinateur

Alex Alice étant accaparé par Siegfried, c’est Robin Recht qui lui succède pour la partie graphique. Les deux hommes se connaissent bien, car ce dernier avait réalisé les couvertures de la précédente série d’Hecht, Totendom, parue aux Humanos.

Concernant Julius, Alice n’a pourtant pas abandonné ses crayons. Il en a dessiné la couverture et s’est attelé à réaliser le story-board de la série pour que la transition entre les deux dessinateurs soit optimale. Une réussite vu le résultat de ce Livre 1.

Atmosphère, décors, personnages, il est difficile de trouver des défauts dans le travail de Robin Recht. La scène de l’arrestation du général Julius est particulièrement réussie avec cette cohorte de gardes prétoriens tout de blanc vêtus.


Avec un premier ‘livre’ de quatre-vingts pages, les auteurs montrent qu’ils veulent se donner la peine d’emporter à nouveau le lecteur dans un récit aux frontières de l’Histoire et de la religion, ce qui fonctionne parfaitement grâce à des dialogues et une progression de l’intrigue parfaitement maîtrisés. Pour peu fantastique qu’il soit, Julius n’en est pas moins un excellent récit, aussi efficace que classique dans sa construction, sorte de spin-off parallèle sombre de Ben Hur).

Les lecteurs qui ont vibré pour Le Troisième Testament retrouveront l’esprit de cette grande grande saga dans Julius, et, lorsque ce premier tome se refermera, ils vivront dans l’espérance... d’en lire la suite !

(par Charles-Louis Detournay)

(par Olivier Wurlod)

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[1Le Triangle secret est une saga scénarisée par Didier Convard, et qui est sans doute la deuxième grande série ésotérique, qui innova dans le domaine européen en associant parfois plusieurs dessinateurs dans le même album.

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