Vider la Corbeille de Gneadig et Thirault (Editions Rackham)

10 juillet 2003 0 commentaire
  • Il est rare qu'un sujet social soit développé avec autant de subtilité dans une BD. Surtout quand il s'agit de raconter la vie d'employés d'une PME fabricant des garnitures de cheminées et dont le quotidien est fait de grisaille et d'ennui. On est loin des sagas brillantes à la Largo Winch ou des chants révolutionnaires de Chantal Montellier ou de Tardi.

Le duo Thirault (au scénario) et Gneadig (au dessin) arrive cependant, sous des atours sobres au gris velouté, à mettre en place un petit théâtre de personnalités qui s’entendent comme larrons en foire lorsqu’il s’agit de préserver son pré carré et de transférer son travail sous la responsabilité de son voisin de bureau. De la secrétaire de direction - dragon, au chef d’entreprise lâche dans les affrontements, mais roué dans les décisions, en passant par les secrétaires avides de ragots, le portrait est chargé et cruel et les dialogues font mouche.

Le tandem scénariste-dessinateur fonctionne bien d’ailleurs : Gnaedig nous piège par sa sobriété dans les effets et sa ligne claire toute simple. Le propos n’en est que plus puissant et le transfert du lecteur au héros encore plus facile. Il permet le coup de théâtre final qui se conclut, précisément à cause de son caractère feutré, par un propos moderne d’une sourde violence.

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(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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