Wrightson, orfèvre du dessin d’horreur

5 décembre 2014 9 commentaires
  • Bernie Wrightson est l'un des plus brillants illustrateurs de sa génération et l'un des maîtres du récit d'horreur. Deux publications récentes viennent illustrer son actualité en France : un recueil de ses histoires parues dans "Eerie" & "Creepy," intitulé "Bernie Wrightson", chez Delirium ; et un "Frankenstein : Le Monstre est vivant, vol. 1" chez Soleil.

Bernard Albert "Berni(e)" Wrightson est né en 1948 dans l’état américain du Maryland, sur la côte est des États-Unis. Quasi autodidacte (il a seulement suivi un cours de dessin par correspondance), il fait ses débuts comme illustrateur pour le journal local du comté, The Baltimore Sun.

Ses influences lui viennent essentiellement du grand illustrateur réaliste américain Frank Frazetta et, à travers lui, de la grande tradition de l’illustration américaine (Howard Pyle, Newell Convers Wyeth, Maxfield Parrish..., mais aussi Harold Foster) ou internationale (Gustave Doré, Alfons Mucha...).

C’est dans ce registre puissant mais un peu figé, à rebours de la tendance des comics du moment où triomphent Jack Kirby ou Wallace Wood qui imposent une grammaire graphique plus dynamique et plus emphatique au genre, dans ce grand dessin classique qu’il fait ses débuts chez DC Comics d’abord avec "The Man Who Murdered Himself" (L’Homme qui s’assassina), qui paraît dans la revue House of Mystery (1969), puis chez Marvel où il gagne sa réputation d’illustrateur pour les récits d’horreur.

Son dessin au pinceau louche vers les graveurs du XIXe siècle (Goya, Doré...) et fait de lui un des meilleurs encreurs de sa génération. Son intervention sur Swamp Thing (avec Len Wein) en 1971 le consacre définitivement comme l’un des plus grands dessinateurs de sa génération aux côtés de ses pairs Jeff Jones, Michael Kaluta et Barry Windsor-Smith, avec lesquels il forme d’ailleurs un atelier, The Studio.

Wrightson, orfèvre du dessin d'horreur
"Eerie & Creepy Presents : "Bernie Wrightson"
(Ed. Delirium)
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Frankenstein : Le Monstre est vivant, vol. 1 (avec Steve Niles). Ed. Soleil

C’est particulièrement visible dans la formidable anthologie "Bernie Wrightson" publiée par Delirium qui rassemble ses travaux réalisés pour les revues de la Warren Publishing, Eerie & Creepie.

Dans ce volume, on retrouve toute la panoplie de sa virtuosité technique dans la maîtrise du noir et blanc : le simple trait rythmé de grandes plages de noir dans The Black Cat, le doubletone dans Jenifer, lavis et gouache dans Clarice, le lavis seul dans Dick Swift, les grandes cases en hauteur qui impressionnèrent tant Andréas dans A Martian Saga, l’usage d’une couleur "corbénienne" dans The Muck Monster... On s’arrêtera en particulier sur les scènes de tempête et sur le dragon de The Pepper Lake Monster, où son trait au pinceau imite la taille douce à la pointe sèche dans la grande tradition de Dürer et de Rembrandt. Somptueux.

L’autre nouveauté de Wrigthson actuellement en librairie est le premier tome de son magistral Frankenstein : Le Monstre est vivant, vol. 1 (avec Steve Niles) chez Soleil. Dans ces planches d’un lavis élaboré, nous retrouvons les atmosphères gothiques et crépusculaires du Prométhée moderne de Mary Shelley, un magasin de curiosités qui donnent le frisson.

Pour ce travail récent (2012), Wrightson a été honoré par la National Cartoonist Society.

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Frankenstein : Le Monstre est vivant, vol. 1 (avec Steve Niles).
(c) Ed. Soleil
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Frankenstein : Le Monstre est vivant, vol. 1 (avec Steve Niles).
(c) Ed. Soleil

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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