Zep en quête de maturité

12 octobre 2015 4 commentaires
  • Après le triomphe de "Titeuf" (Glénat) et une diversification réussie (la série des "Happy" chez Delcourt) et un détour par une chanson triste, "Une Histoire d'hommes" (Rue de Sèvres), Zep se raconte en blogueur, mêlant ses thèmes de prédilection avec des préoccupations de citoyen. Une façon de se raconter différemment, avec souvent un réalisme courageux, tout en commentant les événements marquants de ces derniers mois.

Cette fois, pas de thème ciblé, comme l’adolescence bourgeonnante ou les concerts de rock. Le recueil de planches du célébrissime auteur de Titeuf rassemble simplement des pages parues sur le blog hébergé par lemonde.fr depuis octobre 2014. Il ne s’agit plus seulement pour Zep de raconter ce qu’il voit ou ce qu’il a vécu -ou fantasmé- mais de donner son opinion, de prendre parti.

Pour autant, ce Wonderful World qui nous entoure n’a pas toujours la priorité. Tout en commentant les soubresauts de l’actualité, l’auteur évoque constamment sa vie de famille, son couple, l’évolution de ses enfants.

Présenté dans un bel écrin bleu, l’album joue sur une alternance de fonds de page : hormis les couleurs vives, tout y passe, avec des retours au blanc régulièrement. Comme d’habitude, les personnages concentrent toute l’attention dans le dessin, avec un minimum d’accessoires ou de décors, et des bulles ou commentaires ajoutés avec parcimonie. Et l’élégante élasticité de ses humains continue de faire notre admiration.

Zep en quête de maturité
© Delcourt 2015

On sent bien l’arrivée menaçante de la cinquantaine chez Zep : l’inquiétude est moins sarcastique. Le bien-être apparaît comme un Graal de plus en plus inaccessible. Et l’amour conjugal une richesse précieuse. L’inspiration semble tout de même un peu inégale. Les récits du quotidien ressemblent à bien d’autres, et les commentaires de l’état du monde ne sont pas forcément transcendants, avec même quelques points de vue plutôt maladroits sur le conflit au Proche-orient.

Mais on jubile immédiatement quand Zep revient à la musique, qu’il s’agisse d’évoquer ses idoles ou sa joie de gratter une six-cordes. Et en parlant de manche, les amateurs du Zizi sexuel découvriront avec joie (ou dépit ?) que l’appendice phallique a beaucoup, beaucoup droit de cité dans ce monde merveilleux. De nombreuses allusions à l’entrejambe donc, comme un mélange d’adieu douloureux à l’inspiration d’antan et d’angoisse de temps à venir où cette obsession prendra une autre forme et devra faire place à d’autres préoccupations.

(par David TAUGIS)

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4 Messages :
  • Zep en quête de maturité
    12 octobre 2015 12:55, par Oncle Francois

    "Et en parlant de manche, les amateurs du Zizi sexuel découvriront avec joie (ou dépit ?) que l’appendice phallique a beaucoup, beaucoup droit de cité dans ce monde merveilleux. De nombreuses allusions à l’entrejambe donc, comme un mélange d’adieu douloureux à l’inspiration d’antan et d’angoisse de temps à venir où cette obsession prendra une autre forme et devra faire place à d’autres préoccupations."

    Vous avez raison, Monsieur Taugis, il s’agit d’un thème important pour ne pas dire universel et fédérateur. Zep le traite avec humour et il a raison, car l’humour est une arme efficace pour obtenir les faveurs des femmes.

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    • Répondu par Yo le 12 octobre 2015 à  19:20 :

      Si c’est le cas, vous devez ramer !

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      • Répondu par Oncle Francois le 13 octobre 2015 à  11:44 :

        Pas du tout, je ne suis pas un galérien de la séduction. Maintenant, il faut avoir l’esprit ouvert (et le reste !) pour apprécier mon humour si personnel qui il est vrai m’ouvrirait moins de portes si j’étais jeune, pauvre, laid et inculte. Que voulez vous, on a beau nous rabattre les oreilles avec l’égalitarisme, il n’en reste pas moins vrai que certains sont plus égaux que d’autres, comme dirait le regretté Coluche !

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        • Répondu par Yo le 14 octobre 2015 à  19:35 :

          Merci "Pépé François" pour le passage du "jeune, laid, pauvre et inculte" qui du coup m’a bien fait rire !
          Vous êtes décidément d’une autre époque...

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