ARTE fait des bulles

11 janvier 2010 7 commentaires

A l’occasion du 37e Festival d’Angoulême, ARTE diffuse deux documentaires consacrés à la bande dessinée :

ARTE fait des bulles La BD s’en va-t-en guerre de Mark Daniels [1]
"De Keiji Nakazawa (Gen d’Hiroshima) à Joe Sacco en passant par Marjane Satrapi, comment la BD a changé son fusil d’épaule pour regarder le monde en face."

- Art Spiegelman - Trait de mémoire de Clara Kuperberg et Joelle Oosterlinck [2]
"Installé dans son atelier ou flânant dans les rues de sa ville, New York, Art Spiegelman retrace son parcours, secondé par sa femme Françoise Mouly, complice éditoriale depuis ses débuts."

Ces deux films paraissent en DVD le 2 février chez ARTE Editions, où ils inaugurent la collection Univers BD.

La chaine franco-allemande rediffuse également le lundi 25 janvier à 11:10 le documentaire Moebius Redux

LB

[1Diffusions : 25 janvier à 23:15, 26 janvier à 01:25 et 31 janvier à 01:40

[2Diffusions : 24 janvier à 17:00, 25 janvier à 08:00 et 30 janvier à 06:45

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7 Messages :
  • ARTE fait des bulles
    11 janvier 2010 17:20

    La BD s’en va-t-en guerre de Mark Daniels [1]
    De Keiji Nakazawa (Gen d’Hiroshima) à Joe Sacco en passant par Marjane Satrapi, comment la BD a changé son fusil d’épaule pour regarder le monde en face.

    Penser que "la BD a changé son fusil d’épaule pour regarder le monde en face", c’est ignorer Le Lotus Bleu, l’Oreille cassée, le Pays de l’Or noir...

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    • Répondu par Sergio Salma le 13 janvier 2010 à  00:31 :

      Sans doute LB a-t-il voulu dire qu’aujourd’hui la bande dessinée ose nommer les pays, se faire réellement journalistique. L’auteur regarde le monde et retranscrit en imaginant une fiction ou une satire ou un portrait sensible( ou les 3 en même temps) en partant de cette actualité plus ou moins brûlante.
      On est sur le vif, on met en scène des personnages plus ou moins inspirés de personnages réels ou qui pourraient l’être.

      Il y a une vague très intéressante de jeunes auteurs qui posent ce regard( Guibert avec le photographe)

      Mais depuis très longtemps( depuis le début ?) la bande dessinée parle de politique...
      Relisons Macherot ( notamment les rats noirs), le schtroumpfissime, le devin , il y a des Bob & Bobette qui sont de vrais pamphlets . Qrn sur Bretzelburg , les Picaros...

      Les travaux d’Auclair, le char de l’état de F’murrr, il y a eu dans les années 70 à 90 une véritable armada d’artistes sensibles à ces convulsions-là.

      Depuis bien plus longtemps encore, les bandes dessinées de Quino( Mafalda en tête), les Peanuts, Calvin& Hobbes
      Sans oublier le sergent Laterreur ou les travaux de Christin qui depuis bientôt 30 ans a exploré ces terrains-là( avec Bilal, Tardi...)

      Pétillon fait de la politique sans en avoir l’air dans ses bd . Il y a eu les bd de Bignon et Vidal. Plus récemment Lax . Et que fait Crumb depuis toujours ? Et Pratt a parlé de ses guerres à lui ...c’est infini.
      Vuillemin et Gourio ont jeté le plus gros pavé dans cette mare avec Hitler=SS

      On entretient un hiatus parfois un peu gênant en écrivant des banalités sur un genre qui est pourtant majeur depuis ...toujours !
      Trop souvent cette manie et cette paresse d’imaginer que la maturation d’un média ou d’un art vient avec l’âge et avec l’histoire. La même vision courte fait penser à une majorité que le cinéma muet et noir et blanc est un proto-cinéma alors que le journal d’une fille perdue, l’aurore ou M le maudit( sans parler de Chaplin et Keaton ) sont des oeuvres aussi mûres que bien des films que l’on considère comme un aboutissement. Mais pas de malentendu s’il vous plaît, je ne suis pas en train de dire que ce qui sort aujourd’hui est moins bon que ce qui a été fait. Il me semble juste que la démarche est entreprise depuis très lontemps. C’est peut-être LB qui a découvert récemment que le spectre s’est considérablement élargi et certains journalistes d’Arte sont un peu dans cette forme de pensée parce que leur public est en partie réfractaire, on est encore dans le clivage art majeur , mineur et toutes ces sortes de choses.

      Arrêtez, pitié ! d’abonder dans ce sens. Pourquoi dire que la bande dessinée est récemment devenue adulte et qu’elle ose enfin se frotter au monde ? Elle est au contraire dans sa grande majorité en train de s’infantiliser.
      Laissons ces formules qui enfoncent des portes ouvertes aux supports qui considèrent tous les 3 ou 4 ans que ça y est ! cette fois la bd a enfin conquis ses lettres de noblesse parce qu’elle se fait plus littéraire, plus picturale, en fait plus sérieuse. A ce compte-là, le marsupilami est une idiotie.

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      • Répondu par Laurent Boileau le 13 janvier 2010 à  10:18 :

        Je n’ai pas visionné ces deux films. Donc je ne connais pas leur contenu. Pour enlever, je l’espère, toute ambiguïté, j’ai mis la phrase descriptive du film entre parenthèses pour signifier qu’elle est extraite d’un communiqué de presse fourni par ARTE et qu’elle n’est pas l’expression de mon point de vue.

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        • Répondu par Jean de Bernardi le 13 janvier 2010 à  13:47 :

          et que dire des pages Actualités de Pilote dès le début des années 70.

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    • Répondu par Alex le 14 janvier 2010 à  00:33 :

      Vous semblez omettre (sciemment ?)”Tintin chez les Soviets”, qui est déjà un pamphlet politique aussi- et non des moindres. Changer de fusil d’épaule… c’est la condition humaine mais les artistes de par leur exposition sociale se doivent bon gré-mal gré de s’en expliquer. Mais peut-être vouliez vous dire cela : la bd n’a pas changé son fusil d’épaule mais son focus est aujourd’hui beaucoup plus égocentriste qu’idéologique. Ce qui doit être examiné avec la même rigueur.

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      • Répondu par LC le 14 janvier 2010 à  02:44 :

        Vous semblez omettre (sciemment ?)”Tintin chez les Soviets”, qui est déjà un pamphlet politique aussi- et non des moindres.

        L’omission s’est faite inconsciemment, car dans Tintin au pays des Soviets le propos est plutôt stupide(repris tel quel du bouquin Moscou sans voile, naïveté de jeunesse de la part d’Hergé), alors que la dénonciation du cynisme de la vente d’armes dans l’Oreille cassée, le conflit sino-japonais dans le lotus bleu, l’Anschluss dans le Sceptre d’Ottokar ou le conflit au Moyen-orient dans Le Pays de l’Or noir (première version couleur, infiniment plus claire et plus belle graphiquement que celle des années 69/70)sont compris par Hergé, analysés, digérés et interprétés de façon magistrale.

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  • ARTE fait des bulles
    13 janvier 2010 20:30, par Mario

    C’est étonnant, malheureusement étonnant, ces deux infos BD, celle-ci et celle de la disparitions de Pierre Couperie.

    J’ai l’impression que depuis quelques années, nous regressons dans le sens où la BD doit être sérieuse, à la limite de l’élitisme intellectuel.
    Qu’il y a presque cinquante ans, Moliterni, Couperie et sa bande essayaient d’élever la Bande Dessinée Populaire au rang d’Art. D’Art Populaire.
    Aujourd’hui, dans un certain "Monde", où est cette BD populaire ?
    Désespérant, isn’t ?

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