Alan Moore est très en colère

9 novembre 2005 0 commentaire Comics

On le savait, Alan Moore avait déjà décidé d’arrêter de travailler sur les BD de super-héros - et donc sur ses séries ABC, Tom Strong, Promethea (qui est terminée) ou Top Ten (le tout nouveau graphic novel The Forty-Niners avait été écrit il y a déjà plusieurs années). L’exception étant The League of Extraordinary Gentlemen, dont les droits lui appartiennent.
Moore avait également annoncé voilà un moment qu’il refusait l’argent provenant des adaptations cinématographiques de ses oeuvres. Les mensonges du producteur Joel Silver quant à son appréciation du film inspiré de V for Vendetta n’avaient pas vraiment fait remonter Hollywood dans son estime...

Alan Moore franchit désormais une étape de plus : dans une interview accordée cette semaine au magazine Publishers Weekly, il demande à ce que son nom soit retiré des comics qui ne lui appartiennent pas, ce qui représente 99% de son travail pour DC et ses filiales Wildstorm, ABC et Vertigo - et comprend entre autres Watchmen, V For Vendetta, Batman : The Killing Joke...
Le contrat signé dans les années 80 pour V For Vendetta demeure un problème important : Moore et David Lloyd, le co-créateur de V [1], avaient accordé les droits à DC avec une clause qui leur permettait d’en récupérer la propriété entière dès que les comics auraient été indisponibles pendant plus de 18 mois. Il y avait à cette époque très peu de collections publiées, et personne n’aurait imaginé que V reste disponible sans interruption jusqu’à aujourd’hui. DC est sans conteste dans son droit, mais Moore estime avoir été trompé.
Pour cette raison et bien d’autres, Moore met donc DC dans une position difficile, alors qu’une version luxe de Watchmen vient d’être publiée, ainsi qu’un album cartonné reprenant l’intégralité de V (et comportant une énorme coquille en quatrième de couverture !). L’éditeur va-t-il réagir d’une façon ou d’une autre, ou préférera-t-il faire le gros dos ?

FP

[1La série avait été créée pour un magazine britannique qui avait ensuite coulé, et leur appartenait alors entièrement.

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.