Angoulême 2010 : Le discours de Frédéric Mitterrand, le Marsupilami de la Politique !

2 février 2010 8 commentaires Actualité

On se souvient qu’avant d’être ministre de la culture, Frédéric Mitterrand avait adressé à Nicolas Sarkozy une carte postale dans lequel il lui rendait son tablier car il avait « marre d’être le Rantanplan de la république ».
Dans le discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie de clôture et de remise des prix le 31 janvier dernier au théâtre d’Angoulême, le ministre une fois de plus fait la démonstration de son goût pour les classiques de la BD.

Devant le ton décontracté, glamour, humoristique et potache de la cérémonie, le ministre a retravaillé son discours au dernier moment après avoir pris le pouls de l’assemblée.

Blutch, le président de l’édition 2010 du festival, avait fait son entrée sur scène en en nous faisant un éblouissant numéro de claquettes, avant d’être rejoint par des danseuses tenue légère.

Arrivant sur scène, le ministre regretta de n’avoir pas eu l’honneur du même « cortège de charme », s’étonnant que « le fait d’être ministre le prive des deux ou quatre Angoumoisines ». Il les a alors réclamées, suscitant l’hilarité de la salle. Il ajouta : « autrement, je prendrai le pianiste [1], mais cela sera moins bien ! ». Éclats de rire à nouveau.

Décontracté, en dépit d’un bras dans le plâtre suite à un accident de moto, Frédéric Mitterrand avait l’assurance d’un batteur d’estrade et l’humour de l’homme de spectacle qu’il a été. Laissant le discours préparé par ses collaborateursn lequel « ennuierait probablement l’assistance, il a simplement assuré que le budget du festival « serait pérennisé l’année prochaine ». Pas d’engagement à long terme non plus de sa part...

Angoulême 2010 : Le discours de Frédéric Mitterrand, le Marsupilami de la Politique !
Franky Baloney (des Requins Marteaux), Riad Sattouf, Frédéric Mitterrand & Blutch
Photo (c) Nicolas Anspach

Le ministre se répandit ensuite en confidences : « Je me suis rappelé, en venant ici, que j’ai moi-même toujours été un héros de BD. J’ai toujours vécu avec le souvenir de Spirou, j’ai tenté d’être Spirou du gouvernement. Je lis dans la presse que j’en serais plutôt Gaston Lagaffe. Mais en fait, mon rêve secret serait de devenir le Marsupilami de la politique. C’est donc en raison de toute ses références, que je renonce à mon discours, ayant dit l’essentiel ».

Il a alors tenté d’ouvrir l’enveloppe contenant le nom de l’album récompensé par le fauve d’or. Mais il n’y est pas arrivé avec son bras prisonnier dans une attelle. Le ministre s’est alors demandé s’il existait un héros de BD n’ayant qu’un seul bras. La salle a clamé le nom de la série de Boucq & Jodorowsky : « Bouncer ». Frédéric Mitterrand a alors annoncé que le prix était attribué à Pascal Brutal T3, de Riad Sattouf.

Il n’y avait pas que Fluide Glacial et Riad Sattouf qui étaient heureux ce soir-là en Charente. Les éditions Dupuis, les Humanoïdes Associés et Marsu Productions devaient être ravi d’une telle mise en avant de leur catalogue devant les journalistes et toute la profession.

Voir le discours de Frédéric Mitterrand (Vidéo de la Charente Libre)

[1Joué par le dessinateur Cizo

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8 Messages :
  • Frédéric Mitterrand doit être le ministre de la culture le plus drôle qu’on ait eu, mais de là à lui donner un fauve d’honneur, c’est trop d’honneur.

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    • Répondu par Oncle Francois le 2 février 2010 à  23:45 :

      Bien d’accord avec vous, d’autant plus que le Marsupilami est un MARSUPIAL et non un FAUVE !

      Ceci dit, je ne vois pas pourquoi Monsieur Mitterrand fantasme sur ce personnage qui saute partout, grâce à sa longue queue (8 mètres de long, si ma mémoire est bonne)...

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      • Répondu par Jean-Luc Cornette le 3 février 2010 à  08:45 :

        On sent derrière cet énième commentaire d’une vacuité abyssale de Monsieur Pincemi une nouvelle allusion homophobe. Mais plus grave, on sent une nouvelle fois que le plaisir que procure la controverse à ActuaBD l’emporte sur une modération nécessaire de ce genre de réactions odieuses.
        Dommage que ce site se laisse ainsi volontairement polluer et décrédibiliser par des avis obscurantistes et insultants.

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        • Répondu par ActuaBD le 3 février 2010 à  22:40 :

          Il est toujours étonnant de voir un auteur demander à censurer une remarque anodine. L’homophobie est punissable par la loi. Cette allusion à la "virilité" du Marsupilami ne nous semble pas tomber dans ce travers.

          Comme le disait M. Frédéric Mitterrand lui-même, il faudrait veiller à ne pas banaliser la censure.

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    • Répondu le 3 février 2010 à  08:00 :

      Si Frédéric Mitterrand assure l’avenir du festival d’Angoulême, ça justifie un fauve d’honneur, non ?

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      • Répondu par Jean-Luc Cornette le 4 février 2010 à  00:07 :

        Il est évident, cher Didier, que je n’encourage pas la censure. Par ailleurs, de par ses antécédents sur ce même site, Monsieur Pincemi nous a déjà prouvé son homophobie. Cette remarque à propos de la queue du Marsupilami est, on le comprend très bien, une allusion déplacée aux préférences sexuelles du Ministre.
        Vous êtes, bien entendu, libre de publier les commentaires de vos lecteurs. Même si vos lecteurs sont pour 50 % la même personne. Et même si cette personne nous parle inlassablement de sujets aussi passionnants que sa vie quotidienne, des BD qu’il n’a pas lues et de ses fantasmes libidineux. Et même s’il en appelle quotidiennement à la haine envers les jeunes auteurs actuels. C’est votre droit et personne ne le conteste. De même, c’est votre droit de publier ses allusions les plus déplacée à la sexualité d’autrui. Je suis juste étonné que personne n’y réagit.
        Et, plus personnellement, cher Didier - tu sais comme je suis un lecteur assidu d’ActuaBD et comme je rends grâce à ton travail et à celui de tous tes collaborateurs -, je regrette que chacun des articles soit suivi d’un appendice réactionnaire écrit par un quidam qui semble s’être approprié ce site qui pourtant fait référence. Pour ma part, je ne qualifierai pas les remarques de Monsieur Pincemi d’anodines, mais d’irresponsables. Il ne me semble pas que Franquin ait affublé le Marsupilami d’un organe "viril" de huit mètres, et que ses lecteurs l’aient interprété de la sorte. Cette remarque n’est donc pas anodine.
        Voilà pourquoi je faisais appel, non pas à la censure, mais à la modération.
        A un moment, de lire de telles commentaires, on n’en peut plus. Et c’est bien dommage.

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        • Répondu par Oncle Francois le 7 février 2010 à  11:46 :

          Monsieur Cornette ! Je n’ai pas parlé "d’organe "viril" de huit mètres", pour reprendre à la lettre votre expression, merci de ne pas déformer mes propos. De plus, figurez vous que les marsupilamis femelles ont également une queue (plus courte que celle des mâles, je vous l’accorde). Donc il faut avoir l’esprit plutôt mal placé pour voir des allusions sexuelles là où il n’y en a pas. Pensez vous vraiment que le pieux Monsieur Dupuis aurait publié le Marsu dans son hebdo pour enfants si sa queue était un attribut sexuel ?

          Je remarque que vos derniers livres parlent beaucoup de sexe, notamment le recueil de vos histoires parues dans l’Echo. Et si vous relisiez vos classiques ? Vous verriez comment faisaient les grands auteurs prestigieux !

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  • Décidément, le petit animal n’a pas fini de nous étonner.

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