Aurélia Aurita se farcit une journaliste de « Elle » dans « Libération »

31 mai 2009 10 commentaires

Dans « Mon rencard avec « Elle » (Libération de Samedi et Dimanche 30 mai 2009), Aurélia Aurita (Fraise et Chocolat) raconte avec sa sincérité habituelle le rendez-vous que lui a concocté son éditeur des Editions Nouvelles, Benoît Peeters.

Deux pages dans lesquelles, on a droit non seulement aux a priori d’Aurelia Aurita sur la presse féminine, mais aussi à une humiliation en règle d’une pauvre journaliste de Elle dont le seul malheur est de n’avoir pas eu l’occasion de lire l’ouvrage de notre grande auteure avant de réaliser son interview : L’album envoyé par l’éditeur se serait perdu dans la rédaction.

On comprend bien que la journaliste de Elle ne demande qu’à faire le portrait d’un phénomène (près de 30.000 exemplaires vendus), qu’elle n’est en aucun cas une critique de bande dessinée. L’éditeur, constatant qu’elle n’avait pas reçu le livre s’en va aussitôt en acquérir un, ce qui est fait en quelques minutes. L’interview peut commencer. Et là, on assiste de la part de la dessinatrice à un assez déplaisant numéro de diva, la journaliste se retrouvant bientôt plantée comme deux ronds de flan.

On imagine que Libération a du s’amuser à publier cette attaque en règle de la presse Lagardère. Sauf que cette « scène de mœurs » mêle apparemment un règlement de compte de bas étage à une prise de position qui consiste à traîner la presse, expression supposée du pouvoir, n’est-ce pas, dans la fange de l’incompétence et de la vénalité. Air connu.

Nous avons été parmi les premiers à défendre le travail d’Aurélia Aurita, sa liberté de ton. Ici, elle se fait aux dépends d’un consœur qui ne s’attendait pas à ce qu’elle se transforme en mépris.

Il paraît que le prochain volume d’Aurélia Aurita s’intitule « Buzz-moi » (en août, aux éditions Impressions nouvelles).

En ce qui nous concerne, le buzz est fait.

DP

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10 Messages :
  • "Buzz-moi"... ça pourrait être le titre d’un article de Elle pour l’été.

    Au fond, la thématique qui intéresse principalement Aurélia est exactement celle qui intéresse bon nombre des journalistes de Elle. Et Aurélia ne la traite pas tellement différemment. Même pas plus trash, même pas plus féministe. Elle pourrait très bien publier une page hebdomadaire dans ce magazine, elle serait dans le ton.

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  • Didier, je n’ai certes pas lu les deux planches et tu as certainement de bonnes raisons de réagir ainsi, mais tout de même comment faire un portrait correct sans avoir lu un seul des ouvrages d’un auteur ? Peut-être que cette journaliste montrait un certain mépris pour le coups, même involontairement.

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  • Bin si la journaliste ne s’est même pas donnée la peine de lire son bouquin, et quelqu’en soit les raison - "le livre s’est perdu", "je revends tout mes services de presse avant même de les lire" ou "mon chat a fait pipi dessus" - peu importe, je pense que Aurelia Aurita a raison d’être au minimum agacée.

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  • Je n’ai pas lu l’article.
    Je crois que le problème, c’est l’amateurisme d’une certaine presse. Qu’un bouquin s’égare, soit. Mais qu’on a pas pris le temps, ne serait-ce que de le feuilleter dans une librairie... alors qu’on est payée pour ça, alors que des chroniqueurs/ses amateurs achètent leur livre, je comprends que ça l’agace.

    Après tout, la redac’chef de 20 ans a 20 ans.

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    • Répondu le 1er juin 2009 à  10:03 :

      L’amateurisme d’une certaine presse correspond à l’amateurisme de certains auteurs. L’amateurisme est plus récompensé que l’excellence. Question d’époque.

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  • Je conçois qu’on puisse abhorrer la presse féminine. Après tout, tous les goûts sont dans la nature. Par contre, autant directement éviter tout contact avec elle, dans ce cas, plutôt que de jouer le jeu de l’interview.

    Mais forcément, cela ferait une anecdote beaucoup moins croustillante - ce que je peux comprendre également - que de simplement décliner une demande d’interview.

    Bref, un péché de gourmandise que cette petite vengeance un peu facile, mais pas forcément imméritée, qui rompt en tout cas avec le ron-ron habituel des relations policées entre la presse et les auteurs de BD.

    Par contre, à se demander si les Editions Nouvelles ne vont pas trop pâtir de cete histoire.

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  • "Editions nouvelles" ou "Impressions nouvelles" ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 2 juin 2009 à  08:39 :

      Editions Impressions nouvelles, évidemment. Vraiment, ces journalistes...

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  • Bel esprit de corporatisme en tout cas.

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    • Répondu par Sergio Salma le 2 juin 2009 à  16:44 :

      On peut dire beaucoup de choses sur le magazine Elle mais le taxer d’amateurisme est une ineptie. Renseignez-vous.

      Il y a dans la presse féminine (il faudrait convenir que ce terme est très méprisant et réducteur) des sujets et des journalistes de très grande qualité. Réduire la presse féminine à des collections de recettes de cuisine et des conseils pour bronzer mince fait partie des mêmes raccourcis dont a souffert la bande dessinée. J’adore la condescendance de certains intervenants.

      Ce qui est arrivé à Aurita est d’une extrême banalité. Imaginer qu’un livre doive susciter chez les journalistes tous genres confondus une bienveillance admirative est un pur fantasme. Il y avait juste un papier à faire sur le phénomène et rendez-vous fut pris. Malheureusement pour ces personnes comme pour beaucoup d’autres, le temps a filé et ça se termine en eau de boudin. ça donne l’occasion à une auteure de créer une histoire que j’imagine cinglante et bien sentie. Tout est bien qui finit bien.

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