BD et Théâtre : planches sur planches

13 novembre 2005 3 commentaires Albums
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Certains ont dû grincer des dents en voyant les trois petits livres consacrés au théâtre qu’éditent les éditions Vents d’Ouest. Deux pièces de Molière ont été adaptées (Le Médecin malgré Lui et Les Précieuses Ridicules) et une autre d’un auteur inconnu (la Farce du Cuvier). Les BD sont-elles fidèles ces pièces ? L’éditeur balaie les hésitations d’un revers de main en affichant sur la couverture : « Texte Intégral en Bande Dessinée ».

BD et Théâtre : planches sur planches

Dans le dossier de presse consacré au lancement de la collection Commedia qui regroupe ces trois ouvrages, l’initiateur du projet, Simon Léturgie explique : « Le genre Bande Dessinée est plus proche du théâtre que du roman ou du cinéma. Les personnages sont complètement transposables et les répliques peuvent être conservées à la lettre ». Le but avoué est de réconcilier la jeune génération avec le théâtre. Mais ces livres la séduiront-elle vraiment ? Le texte de Molière est présenté sous la forme de bande dessinée sans narratif et sans aucune description de décors [1]. Les dialogues sont, quant à eux, fidèles à ceux de l’écrivain et conservent donc une « certaine lourdeur emphatique », correspondant à la manière d’écrire de Molière. Une écriture que certains adultes trouveront charmante et opportune. Mais les adolescents y trouveront-ils leur compte, eux qui sont plus habitués au langage sec et rapide que l’on utilise pour les SMS ?

Ne boudons pas notre plaisir : ces trois livres permettront à beaucoup d’adultes de redécouvrir le théâtre. Les auteurs, Simon Léturgie (pour Les Précieuses Ridicules et La Farce du Cuvier) et Laurent Percelay accompagné par le Studio Kawaïï pour le Médecin Malgré Lui (adapté par Virginie Cady), ont dessiné ces albums à l’économie. Simon Léturgie a défini une dizaine de personnages, qui reviendront dans chacun des albums. Tels des comédiens qui changent simplement de costume et de rôle. Une manière de faire qui permettra aux auteurs de dessiner les personnages plus rapidement, grâce à une énorme bible graphique qui va être peu à peu constituée. Cette démarche s’avère être logique compte tenu de la lourdeur de la tâche. Le Médecin Malgré Lui a été adapté en plus de 170 planches, et Dom Juan devrait faire plus de cinq cents pages. Sur certaines des pages des trois adaptations réalisées, les décors sont donc réduits au minimum… on en comprend la raison.

NA.

[1Normal, vu qu’ils sont dessinés.

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3 Messages :
  • > BD et Théâtre : planches sur planches
    25 novembre 2005 14:46, par Corneille

    Je lis :
    "Une écriture que certains adultes trouveront charmante et opportune. Mais les adolescents y trouveront-ils leur compte, eux qui sont plus habitués au langage sec et rapide que l’on utilise pour les SMS ?"

    C’est ridicule, les parents de ces enfants ne vivaient pas non plus au 17ème siècle quand ils ont découvert Molière...

    Je ne vois pas pourquoi les enfants d’aujourd’hui qui utilisent les SMS seraient devenus incapables de lire Molière... Encore un argument démagogique à la mode... tout aussi à la mode que celui de croire et faire croire que la BD est un instrument pédagogique...

    Le truc le plus important, c’est de dire que cette collection est bâclée, qu’il y a un sacré décalage entre la qualité du texte et l’interprétation graphique qui en est faite. Et c’est ce qui rend la lecture gênante. Pourtant ce dessinateur est capable de beaucoup mieux...

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    • Répondu par François Peneaud le 25 novembre 2005 à  18:09 :

      Demandez donc aux enseignants.
      Les textes de Molière ou Corneille sont effectivement devenus de plus en plus difficiles à faire comprendre aux adolescents.
      Que ça ait à voir avec les SMS ou pas est un autre problème.

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    • Répondu le 5 février 2007 à  09:37 :

      prof de français au collège, je découvre avec ravissement l’existence de ces BD. Je ne les ai pas encore vues et peut être y a t il à redire en ec qui concerne la qualité du travail. Moi même je n’ai jamais lu un seul molière quand j’étais élève, et je suis démunie quand il s’agirt de le leur faire apprécier. La BD peut éventuellement être une porte d’entrée pour les amener au texte. Je cours à la librairie !

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