BD québécoise : trois finalistes au prix de l’ACBD

23 septembre 2015 5 commentaires

BD québécoise : trois finalistes au prix de l'ACBDL’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) a dévoilé les trois finalistes de son nouveau prix consacré exclusivement à la bande dessinée québécoise (BDQ). Cette récompense – la première reconnaissance internationale francophone pour la BDQ – sera décernée en novembre 2015, dans le cadre du Salon du livre de Montréal.

Pour cette première édition, trois ouvrages se disputent les honneurs :

- 23h72 de Blonk, paru aux éditions Pow Pow
- La Guerre des arts de Francis Desharnais, paru aux éditions Pow Pow
- Les Aventures de Jimmy Beaulieu, paru aux éditions Les Impressions nouvelles

À noter que 23h72 a déjà été récompensé cette année, celui-ci s’étant mérité le prix Réal-Fillion du meilleur premier album professionnel lors de la remise des prix Bédéis Causa (Festival de la BD francophone de Québec). Par ailleurs, Les Aventures de Jimmy Beaulieu ont également été publiées au Québec sous le nom de Non-Aventures (éditions Mécanique Générale).

Ces trois titres ont été retenus parmi les 115 albums de BDQ parus entre le 1er juillet 2014 et le 30 juin 2015.

Le Salon du livre de Montréal aura lieu du 18 au 23 novembre prochain.

MSJ

Voir en ligne : Le site officiel de l’ACBD

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5 Messages :
  • BD québécoise : trois finalistes au prix de l’ACBD
    23 septembre 2015 21:55, par Eric B.

    C’est une très bonne nouvelle que l’ACBD décide de consacrer un prix à la bande dessinée québécoise.

    Cela dit, j’émettrai une réserve... Sachons d’abord que la situation économique des éditeurs de bande dessinée au Québec est particulièrement précaire. On serait alors portés à se dire : tant mieux, ce prix les aidera !

    Cependant, deux de ces trois titres ne sont pas diffusés en Europe, et pour cause : l’éditeur Pow pow n’a pas la marge financière et le capital de risque suffisant pour ce faire (comprendre : passer d’un tirage de 1000-1500 exemplaires à un tirage de 5000 ou plus). C’est donc dire que la quasi-totalité des membres de l’ACBD vont voter pour des albums qui ne sont pas disponibles sur leur territoire...

    À ce moment, on peut se poser la question de l’objectif réel de ce prix : pousser un éditeur québécois à augmenter ses tirages, quitte à le fragiliser économiquement davantage, ou le pousser à vendre les droits de l’un de ses titres à un éditeur franco-européen, ce qui au final ne lui rapportera pas tant que ça ? Cruel dilemme... Donc au bénéfice de qui sera finalement ce prix ?

    On pourra se dire : mais au bénéfice des auteurs, bien sûr ! Oui, mais...
    Si je comprends bien, étant donné que les albums ne sont pas disponibles en Europe, c’est un prix Européen pour le seul bénéfice du marché québécois ? Avouez que c’est un peu schizoïde... C’est comme si la France décernait un prix annuel pour le meilleur manga indisponible en français...

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    • Répondu par Oncle Francois le 24 septembre 2015 à  11:19 :

      Oui, logiquement, le gagnant serait donc Jimmy Beaulieu, aux Impressions nouvelles, un éditeur belge Maintenant, si l’ éditeur Pow pow n’a pas les moyens d’imprimer plus de livres, ils n’ont qu’à en vendre les droits à un éditeur français soucieux améliorer son catalogue, cela doit se trouver en cherchant un peu...

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    • Répondu par Tssss le 25 septembre 2015 à  23:15 :

      Le prix est sélectionné par le jury des critiques québécois de l’ACBD. Il est destiné d’abord au marché Québécois, ensuite, à rendre curieux d’éventuels lecteurs français.

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      • Répondu par Nicolas Fréret le 29 septembre 2015 à  03:25 :

        Même si, vous avez raison, la première incidence que devrait avoir le prix, sera une stimulation des ventes au Québec, sa vocation, pour ne pas dire son ambition, est de mettre en avant la substantifique moelle de la BDQ dans la francophonie européenne. Montrer qu’elle existe et que c’est de la BD de qualité. Or, actuellement, elle n’y est présente que de manière marginale, bien que La Pastèque - qui se positionne déjà comme un éditeur international - réussisse à diffuser son catalogue. La bande dessinée québécoise est dynamique et fleurissante, mais elle est enclavée dans son marché, un marché francophone est-il utile de le rappeler ? Et c’est à ce titre d’ailleurs qu’elle a tout lieu d’être proposée en Europe. Parce qu’elle est a priori immédiatement « consommable », ce qui n’est pas le cas, vous en conviendrez, des mangas, manwa, etc, et des comics. La bande dessinée québécoise devrait être, c’est mon avis, sur un pied d’égalité avec la production, française, belge et suisse. J’ai donc l’espoir que ce Prix de la critique de la BDQ attirera l’attention, et que des ponts se créeront. Après ce sera aux éditeurs originaux de déterminer leur développement commercial international.

        Un mot sur le fonctionnement du Prix. Si ce sont les membres actifs de l’ACBD au Québec qui sont les moteurs de la machine - parce qu’ils s’engagent à « lire » l’intégralité de la production sur la période d’éligibilité - tous les autres membres sont invités à participer dès le premier tour. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé dans des proportions enthousiasmantes. Ensuite, les 83 membres de l’ACBD sont appelés à lire les trois titres finalistes (en pdf pour les titres non dispo en Europe) et à voter pour celui qu’ils estiment le plus solide, sur la base des critères de sélection du Grand prix de la critique.

        Maintenant, nous verrons bien si les bonnes intentions de l’ACBD - qui, en passant, publiera également tous les ans le Rapport Viau, équivalent du Rapport Ratier sur la production de la bande dessinée québécoise - portent leurs fruits.

        Si ça vous intéresse, j’avais rédigé un article journalistique il y a quelques semaines sur le prix pour la revue québécoise Sentinelle. Je m’étais entretenu avec plein de gens du milieu, au Québec et en Europe. Je concluais que ce nouveau prix serait objectivement, de toute façon, un défi : http://issuu.com/mem9ire/docs/sentinelle_2_extrait

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      • Répondu par Nicolas Fréret le 29 septembre 2015 à  06:24 :

        Une précision, je suis membre de l’ACBD, et coordonnateur du Prix.

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